FORCE DE REFLEXION 02

 

Le drame de la pensée droite est de ne pouvoir s'adresser la plus souvent qu'a des intellectuels ; or aujourd'hui ou les médias ont remplacés les livres auprès du grand public, comment un intellectuel de droite pourrait-il tenir la dragée haute à son homologue de gauche ? Il est facile à ce dernier d'avancer, lors d'un débat contradictoire audiovisuel, des slogans simplistes sur la tolérance, la liberté, l'égalité, les bons et les méchants, puisqu'il sait que son message, formulé au premier degré, transite par un outil de communication extrêmement superficiel, provoquant chez nous un assentiment primaire, un élan de sympathie spontanée, dès lors que nous nous contentons d'être des téléspectateurs passifs. Plus que jamais, dans notre monde audio-visuel ou tout ce que nous vivons est vécu de façon émotionnelle, au premier degré, la droite, aujourd'hui, ne peut qu'abandonner le terrain de la culture de masse et de l'intelligence médiatique à son adversaire. La gauche n'a pas attendu la télévision pour triompher, que les sentiments superficiels et irréfléchis pouvaient bien, naguère, se contenter du livre imprimé. La aussi, il est plus facile d'écrire « libérez-vous, émancipez-vous », que de répondre « faite attention à cela, prenez garde à votre liberté, elle peut produire le meilleur et le pire ». Il n'empêche que les discours instructifs, primitifs, naturalistes conviennent encore mieux à nos outils actuels d'information et de communication.


La gauche juge que les hommes rassemblés expriment une volonté commune suffisamment pérenne pour bâtir une constitution. Elle ne tient pas compte de l'espace, qui voudrait que tous les hommes d'une cité soient unanimes, ni du temps, qui peut permettre à un seul d'entre eux de se rétracter quand il le voudra pour briser l'unanimité. Bien que l'anarchie soit de gauche, elle n'hésite pas à remettre en cause cette idée d'une volonté commune qui serait garante de nos constitutions.


Une institution est donc ce qu'on met en place pour qu'elle serve ensuite au bien public. Or si l'on doit la mettre en place, c'est qu'elle n'existe pas à l'état naturel. Donc, créer une institution revient à nier explicitement que les hommes soient capables d'oeuvrer sagement sans elle. Ainsi, la droite ne confond pas, comme le font la gauche, le public lui-même et bien public. Tout régime fondé sur la seule expression de nous-même produit non pas une institution, mais une manifestation de la société : une constitution. Au contraire, en désirant non pas seulement organiser un groupe, mais obtenir un groupe concordant, l'institution fait oeuvre théorique. L'institution permet de distinguer le bien public du public lui-même. Toutefois, ce bien public, pour mériter son nom, doit rester public : c'est-à-dire qu'il doit être le bien de tous et de chacun, tout en ne pouvant pas être annexé par quiconque. Curieux problème : l'institution doit être un bien commun, un bien propre à chacun, tout en étant indisponible pour le particulier.


L'institution ne saurait tenir grâce à la seule intelligence des hommes, et son génie est de l'avoir compris, d'avoir abstrait le pouvoir, de nous l'avoir soustrait que pour le restituer ensuite émondé, lavé de scories, plus concret que ne saurait le faire l'idéologie.


L'humanitarisme infantile qui règne aujourd'hui sur la société ne s'explique pas autrement : c'est l'apothéose des moralistes à la petite semaine, que les studios de radio ou les plateaux de télévision n'hésitent pas à présenter au grand public comme des « philosophes ». Compte tenu de l'évolution de nos moyens modernes de communication, ces imposteurs passent évidemment plus de temps à soigner leur mise en scène qu'a exposer une pensée cohérente, voire réfléchir eux-mêmes.


La tolérance. Elle finit par donner mauvaise conscience à la charité elle-même, puisque la charité se fonde sur une exigence de moralité, tandis que la tolérance prospère sur une exigence contraire, ou le bien et le mal sont fondus en un seul bloc. Mais le principe de la charité demande une explication, tandis que la tolérance se comprend immédiatement.


L'institution s'acquiert donc de façon négative, par abdication collective au profit d'une idée civilisatrice. Nous assistons alors à un renversement fondamental de tout ce qui cimente la gauche : l'institution n'est plus à la discrétion du libre-arbitre, de son intelligence ou de la compétence de chacun, mais au contraire, la compétence, l'intelligence de chacun se mettent au service de l'institution, d'un bien commun et propre à tous. Puisqu'il n'existe pas une liberté, une intelligence, une volonté, mais des libertés, des intelligences, des volontés, le plus sage des philosophes comprend qu'il faut alors isoler l'institution de ces considérations-là, distinguer le pouvoir de la seule compétence, abstraire le pouvoir, puis le rendre à la communauté sous une forme insaisissable. Insaisissable, mais non pas invisible, sans quoi l'institution ne pourrait être regardée comme un point d'ancrage, un pivot civilisateur bien réel. C'est à ce moment-là que la théorie du pouvoir, ayant d'abord soulevé l'institution au-dessus de la nature humaine pour la rendre plus bénéfique, la repose au milieu des hommes, et réintroduit en elle un caractère humain, lui donne figure, lui permet de s'incarner, lui offre une puissance, qui la nourrit et ne passe jamais, puisqu'il se succède à lui-même, d'une génération à l'autre, afin d'assurer la pérennité de l'institution. Mais on voit que l'institution n'est pas le fait d'une simple et seule succession d'hommes particuliers : elle est un fait collectif, un mouvement général conduisant à libérer l'institution des multiples faits individuels. Elle ne doit s'appliquer dans la société des hommes car on ne connait rien de mieux pour la faire durer, la maintenir à l'abri des contingences. Une théorie qui rompt avec le réel devient une idéologie, tandis que l'institution ne s'extrait du faible arbitre des hommes que pour mieux se retrouver parmi eux. Il faut que l'institution existe, non pas seulement comme idées, mais dans la réalité, et dans ce qu'il y a de plus humain parmi cette réalité : un symbole vivant. Le symbole est ce qui réussit, tandis que le contraire est ce qui divise : diabolique.


Marx ne voyait à l'oeuvre que 2 facteurs : le capital et la travail – Weber a aperçu un 3ème facteur, le facteur cultural. Weber a posé le doigt sur une vérité trop peu reconnue : la singularité de l'économie moderne ne peut s'être construite uniquement, ni même essentiellement, sur des fondements matériels. Les contemporains, marxistes ou libéraux, de Weber pensaient que des capitaux, des ressources naturelles et une main d'oeuvre abondante suffiraient à déclencher l'essor économique. Weber a eu le mérite de pressentir que des motivations d'ordre spirituel pouvaient intervenir dans les transformations des économies et des sociétés.


La sensibilité humaine ne s'élabore qu'au terme d'un développement de l'organisation psychique de l'individu. Ce mouvement, qui va de la dispersion pulsionnelle de la sexualité infantile à l'organisation génitale de l'adulte, dépend davantage de l'histoire personnelle de chacun que d'une donnée de nature. La perversion est justement ce qui détourne l'individu de cette organisation et le maintient dans son état premier. De fait, la sadisme ou le voyeurisme de l'enfant, lorsqu'ils cherchent à s'exprimer tels quels dans la sexualité de l'adulte, sont souvent l'expression d'une défense contre soi et de la difficulté à s'unifier. Cette attitude défensive peut alors s'inscrire dans des mécanismes qui ne sont pas étranger à une forme de psychose ou dominent le déni de la réalité et la charge du Moi. Et c'est précisément cela que favorisent actuellement les représentations sexuelles de notre environnement. La perversion est donc une régression à une fixation antérieur et partielle de la sexualité. Elle peut correspondre à une déviance par rapport à une norme sociale. Elle est avant tout un échec relatif de l'unification des pulsions de la sexualité infantile, laquelle implique que le complexe d'Oedipe soit résolu, que le complexe de castration soit assumé et l'interdiction de l'inceste acceptée.


Il ne revient pas à la société de s'immiscer dans la vie intime des individus, et chacun à l'initiative de mettre en oeuvre sa vie affective comme il l'entend. Mais la société et les adultes ont un rôle éducatif à jour qui consiste à donner à chacun les éléments d'une réflexion qui lui permette d'être l'artisan de son développement.


L'inconscient des systèmes de la vie psychique s'est constitué à partir de sensations et d'expérience précoces, mais surtout de contenus refoulés et de désirs de l'enfance qui se trouvent ainsi fixés. L'inconscient est relativement indifférent à la réalité et se régule par le seul principe de déplaisir. Les représentations inconscientes sont organisés en fantasmes, scénarios imaginaires auxquels la pulsion se fixe comme des mises en scène du désir. L'inconscient ne connait ni le doute, ni la différence des sexes, ni de hiérarchie dans les certitudes. Les pulsions apparaissent ici juxtaposées, sans lien et cherchant leur satisfaction pour elles-mêmes jusqu'au moment ou le sujet va progressivement vouloir prendre possession de cet espace en intériorisant la réalité extérieur et des fonctions symboliques à partir des premiers apprentissages et de la prohibition de l'inceste.


Si la pression pulsionnelle trouve sa source dans un ressenti intérieur irrépressible, relativement indéterminé au débat, elle sera ensuite conditionné par un destin très individualisé. Et, selon l'histoire du sujet, le but et l'objet de la pulsion seront orientés par des représentations qui spécifient son objet et son mode de satisfaction. Cette quête pourra être la recherche d'un objet perdu et s'exprimer à travers une démultiplication d'activités sexuelles dans l'attente de posséder l'objet introuvable. Mais elle pourra aussi donner lieu à une phobie chargée de craintes et d'angoisses qui inhibent la sexualité, celui du fétiche qui fixe l'individu dans des pratiques répétitives, ou enfin celui qui entretient la confusion des places identificatoires entre l'adulte et l'enfant et qui complique l'acheminement vers l'hétérosexualité.


La révolte mérita bien son nom. Elle fut en effet, au sens étymologique, un retour au point de départ : la toute-puissance des bureaux. Le bouleversement qu'elle provoqua, pour mettre fin à l'absolutisme de la centralisation, n'aboutit qu'a l'accentuer. La constituante aurait pu réformer dans le sens du pouvoir local les institutions qui équilibraient encore l'excès du pouvoir central ; la vénalité ou l'hérédité auraient pu faire place à l'élection ; l'emprise du clergé, à la séparation de l'église et de l'état ; l'emprise de la robe, à la séparation du pouvoir politique et du pouvoir judiciaire. Mais la révolution balaya ces derniers obstacles à l'absolutisme. Elle fit de la France un désert d'institution, puis la revêtit d'un tissu léger de démocratie, qu'emportèrent les premières difficultés, les premiers troubles, la première guerre. Dans l'immense désordre qui résulta de sa précipitation, la révolution n'eut d'autres ressources que de revenir au système qu'elle avait commencé par abolir.


Ce que nous appelons aujourd'hui le sous-développement, nous oublions que c'est l'état naturel de l'humanité, depuis l'origine. Misère et violence n'ont cessé d'accompagner les hommes, ces voyageurs fragiles et obstinés. Quelques décennies ou, les circonstances aidant, ils parviennent à s'accrocher, à se multiplier. Il n'en faut pas plus pour que l'on parle de siècle d'or. Mais l'ordinaire, ce sont les familles décimés par la mort des enfants en bas âge et des femmes en couche, l'alternance des épidémies et des famines, toujours recommencées.


Légitimer l'homosexualité porterait tort, à long terme, aux individus et à la société. Celle-ci ne peut être qu'hétérosexuelle, car si l'homosexualité ne peut-être ni transmissible ni faire partie de l'éducation, elle n'a donc pas à être légalisé. Elle reste relative à l'expérience individuelle. L'homosexualité, un modèle social ? Sa revendication est plutôt le symptôme d'une société éclatée et qui, ne sachant plus signifier, entre autres, la sexualité humaine, en vient à multiplier les lois et les procédures dans le vain espoir de maitriser ce qu'elle ne contrôle plus.


La représentation de la sexualité que promeut notre société se caractérise d'abord par un éclatement des relations. D'aucuns l'interprètent comme un signe de richesse et de diversité alors que ce n'est, dans bien des cas, que l'expression d'une dispersion et l'incapacité de rejoindre les êtres et les choses. Tout se passe en effet comme si les pulsions ne parvenaient pas à trouver leurs voies de passage dans la réalité et ne pouvaient se maintenir que dans leurs processus primaires.


Les relations sexuelles en dehors du contexte du mariage constituent un désordre grave parce qu'elles sont une expression réservée à une réalité qui n'existe pas encore, elles sont un langage qui ne se vérifie pas dans la réalité de la vie de deux personnes qui n'ont pas encore constitué une communauté définitive avec la reconnaissance et la garantie nécessaire de la société civile et, pour les conjoints catholiques, de la société religieuse.


La plupart des relations sexuelles vécues dans un contexte affectif en dehors du mariage sont l'expression d'attraits qui ne sont pas toujours identifiés et signifiés, mais elles sont ressenties comme bénéfiques puisqu'elles se justifient subjectivement dans une situation particulière. C'est lorsque le sujet découvre ce qu'il appellera « l'amour de sa vie » qu'il réalisera pourquoi il était insatisfait et incertain dans ses relations précédentes. Il pourra reconnaître qu'il vivait dans un certain « désordre » par rapport au sens qu'il entend mettre en oeuvre à présent. Ce n'est donc pas au moment ou elles se vivent que les expériences sexuelles qui n'engagent pas durablement apparaissent comme un désordre mais après coup, dans la mise en perspective de son histoire entre ce que l'on a vécu et ce que l'on souhaite réaliser à présent.Le sens de l'amour peut ainsi devenir une référence objective à partir de laquelle l'individu va essayer d'affiner sa relation à l'être aimé et canaliser ainsi tout son capital pulsionnel dans un sentiment de plénitude d'obtenir ce qu'il cherchait.


Le dieu chrétien diffère du simple monothéisme en étant trinitaire : le père, le fils et le saint-esprit. Certes, il est l'unique mais dieu n'est pas solitaire ni lointain, il est communion. La sainte trinité vit dans une communion d'amour, c'est-à-dire dans un lien durable qui unit le père, source de toute la trinité, et le fils dans la reconnaissance de l'altérité dans le saint-esprit. C'est le propre de l'esprit saint d'être ce lien d'unité qui met en relation les trois personnes divines dans leur charité réciproque. L'altérité est au coeur même du dieu trinitaire et l'amour qui s'y échange est la charité.


L'amour chrétien se définit, pour la vie humaine, comme étant la source de l'altérité et comme l'attitude qui permet à l'autre d'exister et de favoriser la vie contre la mort sous toutes ses formes. Autrement dit, cet amour constitue chaque être humain comme personne et reconnaît sa singularité, son espace propre et sa subjectivité. Dans ce mouvement, chacun est aussi renvoyé à l'autre, car il admet qu'il n'a pas sa fin en lui-même.


Le christianisme, en découvrant que nous sommes à l'image de dieu, a fondé la civilisation de la personne humaine et a favorisé le développement du sens de l'individu et de sa subjectivité, de son intériorité, de sa liberté et de sa responsabilité. Cependant, aimer l'autre ne veut pas dire être simplement gentil et généreux ou encore complice et tolérant de tout et de n'importe quoi. L'amour est une exigence qui assure la qualité d'une relation. Au nom de cet amour de dieu on peut se mettre en colère, critiquer ce qui abime les personnes, les relations et les gestes contraires à la vérité de l'amour. Dans la reconnaissance du péché, il s'agit de renouer avec une parole de vie bien plus que de se morfondre dans une culpabilité morbide. Enfin, l'amour n'est pas un sentiment ni une émotion, c'est avant tout un projet à réaliser et une structure relationnelle dans laquelle les sentiments et les émotions prennent sens.


L'amour reçu de dieu n'est donc pas une émotion mais une attitude à promouvoir, une structure relationnelle à édifier, et à partir de laquelle va s'organiser la vie affective. De fait, si l'amour n'est qu'un sentiment, et non pas une attitude structurante, il est impossible de compter sur lui.


L'amour se reçoit, il se donne gratuitement à l'image de dieu qui est la source de tout amour. L'homme tire sa valeur et sa dignité de cette relation qui le lie à dieu. Cet amour là est pauvre, humble, sans pouvoir, fragile parce qu'il est désintéressé.


L'amour est d'abord égoïste (on s'aime souvent soi-même à travers l'autre, ou encore on aime ses propres sentiments plus que l'autre). En effet, l'autre est souvent choisi à l'image de ses intérêts les plus intimes. Il peut être la projection d'une part idéalisé de soi, la reconduction d'une image parentale, l'expression à travers ses traits de personnalité d'un conflit interne, l'attrait narcissique de l'autre vécu comme semblable. L'amour n'existe pas en dehors de ces déterminisme psychologiques car il est motivé par ce qui manque à l'individu. Il est demeure, dans ce contexte – celui du « je t'aime » -, toujours narcissique, puisque sa raison d'être est dans l'autre. Si celui-ci vient à manquer, le sujet dépérit.


Dire que dieu aime tous les hommes, c'est dire aussi qu'il désire qu'ils vivent au sens fort du terme, et non pas simplement qu'il demeurent entre eux sans conflits en pratiquant une morale de la bonne entente, tel que l'entend le sentimentalisme social actuel. Cela signifie qu'au nom de cet amour on ne peut pas tout accepter, surtout si telle ou telle attitude met en péril la vie. L'amour chrétien invite à renoncer à la possession de l'autre, et donc à la mort de ce dernier en soi-même, afin de libérer la pulsion de vie qui permet de créer des liens à leur tour sources de plaisir et de jouissance. L'amour n'est donc pas un sentiment mais une attitude d'esprit qui oriente la relation à l'autre, une relation en devenir, une oeuvre à construire.


Quand on nie la nécessité de l'idéal chrétien ou quand, inversement, on s'enferme dans l'idéalisme en prenant l'idéal pour ce qu'il vit, le sujet pourra se livrer à des militances plus ou moins névrotiques. Dans le premier cas, l'individu, se prenant pour sa propre norme, reprochera à la société de contraindre sa liberté et à l'église de tenir un discours moral dont il n'a que faire. Dans le second cas, s'enfermant dans une autre intransigeance, il développe des relations rigides et se plaira à des rappels à l'ordre musclés, par lesquels il pourra vanter une forme d'ordre moral. Ces deux attitudes extrêmes ont au moins le mérite de nous rappeler que la morale est indispensable pour éveiller le sens de la liberté et qu'elle est une référence qui permet de situer ce que l'on vit. Mais quand on n'a pas repéré ce double fonctionnement, on encombre la place publique de conflits individuels qui s'emparent des réalités sociales pour s'exprimer de façon paranoïde.


On peut accepter ou refuser la conception chrétienne de l'existence. Là n'est pas la question. Mais les mentalités actuelles, trop rivées sur des positions narcissiques, ne peuvent pas entendre son discours. A se prendre pour l'objet et la fin de tout, le sujet finit par n'être plus à même d'entendre autre chose que le simple écho de sa propre opinion. Le moi de l'individu est devenu objet de culte et ne supporte pas d'autres références que la validité de ce qu'il éprouve.


La délation n'a jamais autant été à la mode. Elle fait fureur dans tous les milieux et particulièrement dans une certaine Presse. Le délateur est celui qui se charge de faire la morale aux autres et de leur reprocher ce qu'il ne parvient pas à vivre lui-même. Il confond souvent l'esprit critique avec son incapacité à admettre certaines vérités. Curieuse ambiguïté : il voudrait tout à la fois ne pas culpabiliser les individus et en même temps il ne cesse de dénoncer leurs fautes.


Le pardon chrétien n'inscrit à contre-courant d'un monde qui se voudrait sans péché et qui passe de dieu ce que l'homme n'a pas pu vivre, c'est accueillir gratuitement ce que l'homme n'a pas pu réaliser. Ce geste d'humilité permet d'approfondir son individualité subjective, de mettre en valeur ses aspirations et de relativiser vis-à-vis des autres.


La haine n'apparait pas comme un mal mais comme la nécessité de s'imposer physiquement. Cette relation primitive et sans parole, pré-sexuelle et sans loi, vide d'intériorité et sans estime est le versant dissocié de l'amour. Les pulsions ; n'entrant pas dans un travail d'élaboration de la personnalité, sont vécus comme autant d'agressions interne dans le sujet qui les projette dans la réalité, et tout ce qui vient du monde extérieur est considéré comme menaçant. D'ou le besoin constant d'agresser l'autre dans la haine et en particulier les figures d'autorité.


C'est ainsi que les médias deviennent des tribunaux populaires ou sont exhibés les comportements relevant de la vie privée des artistes ou des hommes politiques. A longueur de pages, de photos, de reportages, l'information devient une véritable délation de la vue d'autrui. Dans une société qui en appelle à la tolérance, on est incapable de respecter les autres et leur mode de vie. Comment s'étonner par la suite de la perte de crédit de l'information ?


Une représentation doit être analysée, située et interprétée pour savoir ce qui vient de soi et ce qui vient de l'autre. Faute d'avoir ce sens critique sur nous et sur nos propre réactions, nous projetons des perceptions et nos opinions fondées plus sur l'irrationnel que sur des connaissances sont projetés sur des personnes, des événements et des idées au point de ne plus savoir de quoi l'on parle. Il est difficile d'analyser les contre-transferts tellement ils sont pris par le narcissisme que viennent renforcer les médias.


La communication est souvent restrictive aux représentations de chacun, et ce besoin d'enfermer l'autre dans une image codées révèle surtout celui qui la façonne. Ainsi se trahira la crainte du sujet de se trouver déstabilisé dans sa découverte d'une existence dissemblable à la sienne ; ainsi se trouvera justifié le conformisme de clichés médiatiques qui servent essentiellement à classer les uns et les autres dans des cases convenues plutôt qu'a s'informer et à réfléchir.


On part du principe que le religieux n'intéresse pas le téléspectateur, donc on le tait sauf pour en parler à l'occasion d'un scandale qui n'est pas représentatif de ce qui est vécu par l'ensemble. A l'occasion d'un événement d'importance, au lieu de le présenter et de l'expliquer, il sera tout simplement critiqué et minimisé à partir de commentaires de gens qui ne représentent qu'eux-même. On fera souvent appel à des rédacteurs de revues extrémistes qui s'emparent du label catholique pour diffuser en son nom de fausses informations, organiser de la délation et diffuser des théories qui sont étrangères au christianisme. Autrement dit, c'est le système qui se reproduit et élit des interlocuteurs à l'image du fonctionnement médiatique actuel. On ne cherche pas à faire intervenir des personnalités représentatives mais des individus qui s'érigent en magistère et en censeur pour détruire. Le moindre texte publié par l'église est critiqué et dévalué, en opposant d'ailleurs à son enseignement des opinions, avant même d'être présenté et commenté pour que l'on sache quel est l'objet de la réflexion. Nous sommes devant un dysfonctionnement ethnique.


L'homme se développe en fonction de ses apprentissages et de ses identifications au sein du milieu dans lequel il vit. La société, à commencer par sa famille, lui communique une somme d'informations dans tous les domaines. Mais ce qui se transmet et ce qui est retenu est simplement la structure à partir de laquelle il va pouvoir s'éveiller. L'enfant s'identifiera d'abord à la personne qui tient le discours lui-même.


Pourquoi l'économie elle-même n'obéirait-elle pas à des motivations plus pressantes que le seul intérêt pécuniaire ? Le chef d'entreprise qui continue de risquer ses bénéfices après fortune faite, l'artisan qui aime le travail « fignolé », le cadre qui veut « s'imposer » sont mus par des rêves plus secrets et plus puissants que « l'appât du gain ». Le profit, c'est-à-dire la rentabilité, est la loi fondamentale des mécanismes économiques, qu'ils soient capitalisés ou collectivistes. Le refuser, c'est refuser le principe de réalité. Mais il n'est pas pour autant la seule, ni même la principale source de l'initiative économique. Il permet simplement de mesurer après coup la réussite, c'est-à-dire l'adéquation de l'action au réel.


Nous nous rebellons contre l'existence du 3ème facteur (après capital et travail). Nous ne voulons pas admettre que notre manière de penser, ou de nous comporter collectivement, puisse avoir des effets matériels. Nous aimons mieux expliquer la matière par la matière, que par la manière. La vitalité d'une société et d'une économie ne se mesurerait-elle pas à leur manière d'encourager l'innovation ?


Au sens religieux, les péchés ont souvent été confondus avec la saleté plutôt que le refus de s'inscrire dans l'ordre symbolique d'une relation, alors que la souillure est l'expression de la culpabilité archaïque vécue sur le mode sadique-anal avec le besoin de se nettoyer ou de se purifier. Ce qui se passe en soi est perçu de façon agressive, les sentiments, les représentations et les désirs sont considérés comme malpropres.


Le droit pénal français à légitimer le concept de l'être collectif en faisant du génocide un crime contre l'humanité, le crime des crimes alors que c'était le parricide qui le symbolisait jusqu'à présent. Il est simplement devenu un crime parmi d'autres. Cette suppression ne sera pas sans conséquence sur la société et sur l'image du père puisque la prohibition du parricide est fondatrice de l'humanité et de la civilisation. Or, paradoxalement, les génocides ce sont multipliés dans l'impuissance des nations. Aucune parole, aucune loi, aucune négociation ne semblent pouvoir en réalité le faire cesser. La prohibition du génocide présenté en dehors de la problématique oedipienne qui implique la présence d'un tiers n'a pas le pouvoir d'un sens symbolique universel. Ce sont les frères qui se déchirent dans l'absence du père qui seul permet la différenciation, les relations sexuées, la parole et la culture.


Le passage de l'état de nature à l'état civil produit dans l'homme un changement très remarquable, en substituant dans sa conduite la justice à l'instinct, et en donnant à ses actions la moralité qui leur manquait auparavant. Quoiqu'il se prive dans cet état de plusieurs avantages qu'il tient dans la nature, il en regagne de si grands, ses facultés s'exercent et se développent, ses idées s'étendent, ses sentiments s'ennoblissent, son âme tout entière s'élève à tel point que si les abus de cette nouvelle condition ne le dégradaient souvent en-dessous de celle dont il est sortie, il devrait bénir sans cesse l'instant heureux qui l'en arracha pour jamais et qui, d'un animal stupide et borné, fit un être intelligent et un homme.


La jouissance sexuelle est recherchée pour surseoir à un manque d'être. Elle implique l'expérience d'une insuffisance, d'un manque à partir duquel s'élabore justement le désir sexuel. Dans l'orgasme, l'expérience de la régression, de l'abandon de soi à l'autre, la mort et la vie se côtoient. Les hommes jouissent pour ne pas mourir et revivre chaque fois. La pulsion sexuelle peut également répercuter les angoisses de l'existence de l'individu qui cherchera, parfois, à se ressentir sexuellement pour les faire taire. Mais lorsque la charge inconsciente anxiogène est importante et que le désir est intense, la jouissance sexuelle est souvent marquée par des attentes, de l'anxiété et des inhibitions. Quand elle devient inaccessible ou paralysante, alors les plaisirs de la vie sont valorisés quitte à devenir de véritables idoles. Le plaisir décentre alors et évite l'expérience du manque, creuset du désir et de la formation du lien sexuel.


La recherche du bonheur ouvre l'avenir quand il ne se maintient pas dans la nostalgie de la relation première. Il dynamise une quête jamais achevée. Le plaisir, lui, est toujours immédiat, il n'inscrit pas dans la durée, il vient clore une activité humaine singulière au point d'ailleurs d'enfermer provisoirement l'individu sur lui-même. La force du plaisir qui est unifiant risque de passer pour un bonheur permanent alors que le plaisir est provisoire. Enfin, la jouissance sexuelle tente de remanier une faille à partir de laquelle nait le désir sans qu'il puisse être complètement satisfait. Si ce manque n'est pas assumé individuellement et signifié socialement dans une conception du lien sexuel, il est à craindre qu'il dégénère en violence. Paradoxalement, des passages à l'acte sexuels sont justement engagés pour agresser le monde extérieur et l'autre qui sont vécus comme une source d'excitations insupportables.


La recherche de plaisir absolu est plus que jamais à l'ordre du jour. Sans doute cette quête souvent effrénée est-elle liée à la difficulté d'intégrer la pulsion sexuelle, laquelle, trop impulsive, ne parvient pas aux satisfactions de l'orgasme. La jouissance serait à chercher dans le virtuel plutôt qu'avec des personnes réelle. Combien déshumanisante est cette conception qui évite toute interaction affective et intellectuelle avec autrui ! La traduction immédiate en est la culpabilité qui, dans ce cas, prend la forme d'une déception d'avoir raté ce que l'on croyait obtenir. Boire pour boire, manger pour manger ou se distraire pour se distraire conduisent pareillement à une dévalorisation de soi.


« Il n’est pas bon d’avoir plusieurs maîtres ; n’en ayons qu’un seul ». Mais à la réflexion, c’est un malheur extrême que d’être assujetti à un maître dont on ne peut jamais être assuré de la bonté, et qui a toujours le pouvoir d’être méchant quand il le voudra. Quant à obéir à plusieurs maîtres, c’est être autant de fois extrêmement malheureux.


Certes, comme le feu d’une petite étincelle grandit et se renforce toujours, et plus il trouve de bois à brûler, plus il en dévore, mais se consume et finit par s’éteindre de lui-même quand on cesse de l’alimenter, de même, plus les tyrans pillent, plus ils exigent ; plus ils ruinent et détruisent, plus où leur fournit, plus on les sert. Ils se fortifient d’autant, deviennent de plus en plus frais et dispos pour tout anéantir et tout détruire. Mais si on ne leur fournit rien, si on ne leur obéit pas, sans les combattre, sans les frapper, ils restent nus et défaits et ne sont plus rien, de même que la branche, n’ayant plus de suc ni d’aliment à sa racine, devient sèche et morte.


À vrai dire, il est bien inutile de se demander si la liberté est naturelle, puisqu’on ne peut tenir aucun être en servitude sans lui faire tort : il n’y a rien au monde de plus contraire à la nature, toute raisonnable, que l’injustice. La liberté est donc naturelle ; c’est pourquoi, à mon avis, nous ne sommes pas seulement nés avec elle, mais aussi avec la passion de la défendre.


On ne regrette jamais ce qu’on n’a jamais-eu. Le chagrin ne vient qu’après le plaisir et toujours, à la connaissance du malheur, se joint le souvenir de quelque joie passée. La nature de l’homme est d’être libre et de vouloir l’être, mais il prend facilement un autre pli lorsque l’éducation le lui donne.


Il s’en trouve toujours certains, mieux nés que les autres, qui sentent le poids du joug et ne peuvent se retenir de le secouer, qui ne s’apprivoisent jamais à la sujétion et qui, comme Ulysse cherchait par terre et par mer à revoir la fumée de sa maison, n’ont garde d’oublier leurs droits naturels, leurs origines, leur état premier, et s’empressent de les revendiquer en toute occasion. Ceux-là, ayant l’entendement net et l’esprit clairvoyant, ne se contentent pas, comme les ignorants, de voir ce qui est à leurs pieds sans regarder ni derrière ni devant. Ils se remémorent les choses passées pour juger le présent et prévoir l’avenir. Ce sont eux qui, ayant d’eux-mêmes la tête-bien faite, l’ont encore affinée par l’étude et le savoir. Ceux-là, quand la liberté serait entièrement perdue et bannie de ce monde, l’imaginent et la sentent en leur esprit, et la savourent. Et la servitude les dégoûte, pour si bien qu’on l’accoutre.


Il y a trois sortes de tyrans. Les uns règnent par l’élection du peuple, les autres par la force des armes, les derniers par succession de race. Ceux qui ont acquis le pouvoir par le droit de la guerre s’y comportent — on le sait et le dit fort justement comme en pays conquis. Ceux qui naissent rois, en général, ne sont guère meilleurs. Nés et nourris au sein de la tyrannie, ils sucent avec le lait le naturel du tyran et ils regardent les peuples qui leur sont soumis comme leurs serfs héréditaires. Selon leur penchant dominant — avares ou prodigues —, ils usent du royaume comme de leur héritage. Quant à celui qui tient son pouvoir du peuple, il semble qu’il devrait être plus supportable ; il le serait, je crois, si dès qu’il se voit élevé au-dessus de tous les autres, flatté par je ne sais quoi qu’on appelle grandeur, il décidait de n’en plus bouger. Il considère presque toujours la puissance que le peuple lui a léguée comme devant être transmise à ses enfants. Or dès que ceux-ci ont adapté cette opinion, il est étrange de voir combien ils surpassent en toutes sortes de vices, et même en cruautés, tous les autres tyrans. Ils ne trouvent pas meilleur moyen pour assurer leur nouvelle tyrannie que de renforcer la servitude et d’écarter si bien les idées de liberté de l’esprit de leurs sujets que, pour récent qu’en soit le souvenir, il s’efface bientôt de leur mémoire. Pour dire vrai, je vois bien entre ces tyrans quelques différences, mais de choix, je n’en vois pas : car s’ils arrivent au trône par des moyens divers, leur manière de règne est toujours à peu près la même. Ceux qui sont élus par le peuple le traitent comme un taureau à dompter, les conquérants comme leur proie, les successeurs comme un troupeau d’esclaves qui leur appartient par nature. La première raison pour laquelle les hommes servent volontairement, c’est qu’ils naissent serfs et qu’ils sont élevés comme tels. De cette première raison découle cette autre : que, sous les tyrans, les gens deviennent aisément lâches et efféminés.Il est certain qu’avec la liberté on perd aussitôt la vaillance. Les gens soumis n’ont ni ardeur ni pugnacité au combat. Ils y vont comme ligotés et tout engourdis, s’acquittant avec peine d’une obligation. Ils ne sentent pas bouillir dans leur coeur l’ardeur de la liberté qui fait mépriser le péril et donne envie de gagner, par une belle mort auprès de ses compagnons, l’honneur et la gloire. Chez les hommes libres au contraire, c’est à l’envi, à qui mieux mieux, chacun pour tous et chacun pour soi : ils savent qu’ils recueilleront une part égale au mal de la défaite ou au bien de la victoire. Mais les gens soumis, dépourvus de courage et de vivacité, ont le coeur bas et mou et sont incapables de toute grande action. Les tyrans le savent bien. Aussi font-ils tout leur possible pour mieux les avachir.


Tous les tyrans n’ont pas déclaré aussi expressément vouloir efféminer leurs sujets ; mais de fait, ce que celui-là ordonna formellement, la plupart d’entre eux l’ont fait en cachette. Tel est le penchant naturel du peuple ignorant qui, d’ordinaire, est plus nombreux dans les villes : il est soupçonneux envers celui qui l’aime et confiant envers celui qui le trompe. Le théâtre, les jeux, les farces, les spectacles, les gladiateurs, les bêtes curieuses, les médailles, les tableaux et autres drogues de cette espèce étaient pour les peuples anciens les appâts de la servitude, le prix de leur liberté ravie, les outils de la tyrannie. Ce moyen, cette pratique, ces allèchements étaient ceux qu’employaient les anciens tyrans pour endormir leurs sujets sous le joug. Ainsi les peuples abrutis, trouvant beaux tous ces passe-temps, amusés d’un vain plaisir qui les éblouissait, s’habituaient à servir aussi niaisement mais plus mal que les petits enfants n’apprennent à lire avec des images brillantes.


L’amitié est un nom sacré, une chose sainte. Elle n’existe qu’entre gens de bien. Elle naît d’une mutuelle estime et s’entretient moins par les bienfaits que par l’honnêteté. Ce qui rend un ami sûr de l’autre, c’est la connaissance de son intégrité. Il en a pour garants son bon naturel, sa fidélité, sa constance. Il ne peut y avoir d’amitié là où se trouvent la cruauté, la déloyauté, l’injustice. Entre méchants, lorsqu’ils s’assemblent, c’est un complot et non une société. Ils ne s’aiment pas mais se craignent. Ils ne sont pas amis, mais complices.


Apprenons donc ; apprenons à bien faire. Levons les yeux vers le ciel pour notre honneur ou pour l’amour de la vertu, mieux encore pour ceux du Dieu tout-puissant, fidèle témoin de nos actes et juge de nos fautes. Pour moi, je pense — et ne crois pas me tromper-, puisque rien n’est plus contraire à un Dieu bon et libéral que la tyrannie, qu’il réserve là-bas tout exprès, pour les tyrans et leurs complices, quelque peine particulière.


Il est clair que le langage médiatique ne permet pas de donner droit à une pensée nuancée qui prenne en compte la complexité des individus et des situations. D'ou l'émergence d'un fonctionnement toujours plus binaire : il ne s'agit que d'être « pour ou contre » sans autre alternative, et l'on ramène le débat à une pensée manichéenne. Il y a un bon et un méchant, celui qui est dans le vrai et celui qui se trompe, le persécuteur et le persécuté. C'est par là que nous favorisons la pensée dominante, c'est le politiquement correct venu des états-unis.


Nous pouvons nous demander si la société hédoniste ne cache pas une dénégation du monde extérieur comme source de plaisir en n'acceptant pas de renoncer à la sexualité infantile qui ne peut pas aboutir en tant que telle dans la vie de l'adulte.


Qu'est-ce que la morale ? Un art de vivre qui permet d'évaluer et d'orienter ses conduites dans un projet global pour construire son existence. La morale chrétienne est une morale des vertus.


Un monde qui conçoit la liberté comme un droit absolu de l'individu et la conscience comme une instance subjective totalement isolée, tend nécessairement à appauvrir toutes les relations humaines jusqu'à les considérer en définitive comme des relations de force. Une telle anthropologie oriente l'être humain vers la haine de soi. Mais en se rendant ainsi indépendant de l'amour, l'homme s'est séparé de la vraie richesse de son être, il est devenu vide, et l'opposition à son propre être devient inévitable. La racine ultime de la haine contre la vie humaine, est la perte de dieu. Là ou dieu disparaît, disparaît aussi la dignité absolue de la vie humaine.


La psychanalyse, elle-même, est trop souvent présentée comme la science qui vient confirmer la dépendance à son passé et à son inconscient. Elle se trouve ainsi détournée de sa finalité : la libération des conflits intrapsychique de l'individu. C'est par un réflexe proprement dépressif qu'on en vient à ne plus rien exiger d'autrui, à ne faire droit qu'à sa seule détresse, voire à le considérer malade ou victime. Ce n'est plus alors de l'aide ou de l'assistance, c'est un dangereux fantasme de protectorat qui prolonge une immaturité déjà encouragée par les modèles actuels.


L'individu contemporain a tendance à glaner, dans les diverses morales et religions, des idées qui retiennent son intérêt, et cela d'autant plus facilement qu'elles viendront justifier des attitudes personnelles. La morale du prêt à penser (le politiquement correct, et tout aussi bien la « pensée unique ») sert à se rassurer sur soi-même. Cette réaction s'active quand les individus, en crise identitaire, cherchent à s'étayer sur des idées qui viennent protéger leur système de défenses. La morale devient un mode de protection qui perd sa valeur de communication universelle entre les individus puisqu'elle est réduite à leurs seuls intérêts. Ainsi en va t-il avec les prédicateurs qui repaissent les foules de bons sentiments qui se substitue à la pensée et au savoir.


La naissance comme la vieillesse sont marquées du sceau du pouvoir de donner la mort à travers l'avortement et l'euthanasie, ce qui n'incite pas au respect de la vie et des autres. Jamais une société ne s'est donné, de façon quasi l »gale, un tel droit de vie et de mort sur les personnes à venir et sur les autres.


On peut penser que nous acceptons individuellement et socialement les reliquats idéologiques des deux mouvements génocides de ce siècle : le nazisme avec la sélection et la purification des êtres qui continue sous une autre forme, et le marxisme avec l'extinction de l'intériorité personnelle remplacée par la subjectivité conformiste ou chacun occupe l'espace de l'autre.


Dans l'attitude religieuse contemporaine, l'imaginaire domine au détriment de la raison et d'une conception globale de la personne. On préfère rester au plus près des intuitions, des sensations et des émotions plutôt que d'entrer dans une conception religieuse qui implique la parole, l'histoire, la culture, qui nécessite la médiation d'une institution et s'exprime par une relation symbolique entre dieu et l'homme, à travers les sacrements.


Toute société court à sa perte si les relations humaines sont vécus seulement à travers des rencontres éphémères. La montée des solitudes, les échecs affectifs et leurs cortèges d'agressivité n'en sont-ils pas le signe ?


La différence des sexes est ramenée à des groupes de diverses tendances sexuelle ; on ne classe plus par genre sexuel, mais pat tendance. Il faut y voir, une fois de plus, le refus d'accepter la différence des sexes. Cette pensée névrotique fait l'impasse sur le fait constant que nous ne pouvons pas être humains sans être homme ou femme. On instaure ainsi l'illusion du sexe unique.


Sans une part de renoncement, on réduit la loi à ses intérêts particuliers. On voudrait que l'expérience et l'histoire individuelle bénéficient toujours de droits, sans devoirs, et priment sur la loi morale, pour ne pas avoir à s'interroger sur soi. Nous voyons combien cette peur d'être puni se retourne en besoin d'agresser et de punir l'église, et relève d'un surmoi primitif sadique-anal, celui qui précède le complexe d'oedipe. Elle ne fait que renforcer les idéologies du sujet-roi auto-fondé qui ne sait renoncer à rien si ce n'est en s'autodétruisant ou qui veut tout sans accepter les limites à son fantasme.


Lorsque l'individu ne parvient pas à accepter ses limites et à intérioriser le sens de la loi, il éprouve un sentiment de menace interne. Mais celui-ci est déplacé et, dans un mouvement névrotique, l'individu le retourne vers le monde extérieur en agressant les images et les représentants de l'autorité. Il a besoin de se dire que la menace vient de l'autorité, alors qu'il a lui-même fabriqué sa propre incertitude en refusant la castration.


Si les individus se maintiennent dans l'évitement, comment peuvent-ils avoir accès aux principes fondateurs et comment peuvent-ils rejoindre les réalités ? Or, la morale de détresse est une morale de l'impuissance qui ne sait pas envisager l'avenir. Dans cette inhibition l'individu cherche à être reconnu, cautionné plutôt que stimulé à changer, il cherche à être soulagé de ses frustrations sans avoir à accepter sa place et ses limites. Il demeure dans la détresse et va d'urgence en urgence.


La conception biologique de l'individu qui se traduit par une morale uniquement hygiénique s'oppose à celle de l'église pour qui le biologiste n'est qu'un aspect de la personne humaine qui se conjugue aussi avec une psychologie, une intériorité, une intelligence, un lien social et un enracinement culturel et historique et dont le fonctionnement supérieur, pour orienter ses choix, relève d'une attitude morale qui s'élabore entre une situation donnée et des lois morales objectives – c'est-à-dire des valeurs qui ne dépendent pas de ses humeurs ou de ses besoins mais d'une référence fondatrice.


Il est plus difficile à ceux qui ont une structure sexuelle narcissique de s'interroger sur eux-même et sur des questions de sens. Ils adoptent des attitudes de pensée défensives pour remettre en question les autres et, faute de pouvoir s'engager dans un débat d'idées, ils s'en prennent aux personnes de façon sadique.


L'individu est jugé plus responsable quand il utilise un préservatif que lorsqu'il s'interroge sur sa sexualité, sujet refoulé et tabou par excellence. Quand on évoque l'idée qu'il convient de modifier ses comportements, c'est en pensant à la nécessité d'intégrer le préservatif à sa vie sexuelle et non à celle de remanier ses conduites.


Un père peu vigoureux et très libéral peut entrainer la constitution d'un surmoi sévère, car l'enfant, n'ayant pas d'autre issue, va retourner son agressivité vers l'intérieur. En revanche, l'enfant livré à lui-même, sans souci éducatif, abandonne tout rapport au surmoi et dirige son agression contre le monde extérieur. La sévérité du surmoi provient, pour une part, de l'expérience d'un amour sans limites qui fait retourner l'agression à l'intérieur et la transfère au surmoi et, d'autre part, de la privation de satisfactions, laquelle déchaine l'agressivité contre les autres et la société. Les premiers se sentent facilement coupables de ne pas être dans les limites qui conviennent et les seconds, en se croyant abandonnés, ne cessent d'agresser en particulier l'institutionnel et tout ce qui est synonyme d'autorité.


Nous nous faisons un ennemi de l'individu auquel nous révélons ce qui est refoulé en lui. La vérité la plus blessante finit toujours par être perçue et s'imposer, une fois que les intérêts qu'elle blesse et les émotions qu'elle soulève ont épuisé leur virulence.


La liberté n'existe pas en soi, elle se conquiert au fur et à mesure qu'on prend davantage conscience de soi et que l'on se met en oeuvre dans la réalité. C'est pourquoi l'individu doit pouvoir renoncer au sentiment de toute puissance d'une pulsion partielle et à son plaisir. Il récupère ainsi son énergie psychique et c'est grâce à un travail de liaison interne sur ses pulsions que le moi trouvera ses voies de passage dans la réalité entre les réalisations différées, les frustrations et les plaisirs.


La morale est souvent frustrante et peut-être un élément déclenchant de névroses individuelles ; malgré cela, elle est humanisante. Le but de la morale est aussi en effet d'éveiller l'individu à sa vie intérieur, ou convergent une cohérence personnelle avec des normes communes et, pour les croyants, l'expérience d'une foi en dieu. Ce travail psychique est possible si la morale a une valeur universelle et permet de ce fait même la communication. Car le fondement d'une loi morale réside dans sa qualité structurelle a initier la vie et non pas dans le fait d'avoir été acceptée par un vote. Autrement dit, la démocratie a ses limites et n'est pas applicable dans tous les domaines, à commencer d'ailleurs par celui de l'éducation. En somme, la question reste posée de savoir au nom de quoi est produite la référence.


Très souvent, il y a confusion des rôles. Le père (ou la mère) veut être le grand frère (ou la grande soeur), voir l'ami ; l'enseignant joue au conseiller psychologique, le psychiatre à l'éducateur, l'éducateur au psychanalyste, le policier a l'assistant sociale, l'animateur de radio ou de télévision au confident et le prêtre au militant humanitaire. On ne sait plus qui est qui et qui fait quoi.


Cette société du soupçon, de la transparence, de la vérité immédiate, de l'autocratie de la tolérance empêche toute élaboration d'une pensée personnelle. Chacun se trouve dépossédé de sa part intime, secrète, autonome, et renvoyé à la mode dominante comme seul lieu de vérité.


Ceux qui dénoncent les complots sont les plus disposés à comploter, ceux qui dénoncent la haine en sont les marchands, ceux qui dénoncent l'ordre moral sont les plus sûrs policiers de la pensée.


Si tous les journalistes racontent la même chose, le mensonge devient vérité. Celui qui a le contrôle du présent a le contrôle du passé. Comme les gens n'ont aucune culture, on réécrit impunément leur mémoire, ce devoir. Ce travail de culpabilisation collective est important.


Même la jalousie est une question d'ovule. L'homme sera plus jaloux s'il apprend que sa femme couche avec un autre homme, plutôt que si elle en tombe simplement amoureuse. On lui vole son ovule ! À l'inverse, la femme sera plus jalouse si elle apprend que son homme tombe amoureux d'une autre femme, plutôt que se contenter de coucher avec. On lui vole son investisseur !


Le premier présent qui nous est fait est bien sûr les prise de conscience des enjeux dépassant les strictes considérations politiciennes. Si on ne veut y voir une élévation, on admettra au moins un élargissement, un « dégagement », dirait Régis Debray. Comme dit précédemment, il s’agira pour l’Intelligence de s’allier avec quelques forces matérielles pour permettre une existence physique à la Cité sans se caler en souriant dans l’étau de l’Argent. Pour ce faire, elle devra reconnaître qu’elle n’a en réalité plus aucune souveraineté et qu’il s’agit de reprendre cette liberté confisquée. Sale temps pour les cuistres… Payés et décorés par un système, les véritables amoureux de l’Intelligence devront renoncer à leurs prébendes-muselières pour se mettre au service de l’ordre, de la patrie, du salut public et faire tomber l’Argent. On protestera que le remède serait pire que le mal, que l’intellectuel ne gagnerait rien à un système qu’il sera forcé d’applaudir. Ayant prévu la critique, en sauvant la Cité, et elle-même, l’Intelligence aura acquis une place importante et réellement considérée dans la nouvelle structure et aura donc une réelle indépendance permettant l’expression de son potentiel créatif. On peut se laisser aller à espérer que l’effort contre l’Argent qu’implique aujourd’hui le combat national pourrait se porter en même temps contre le culte de la médiocrité rentable. En s’emparant de « quelques-unes des citadelles de l’Argent » (pensons à l’internet), on peut faire jouer le caractère « diviseur et divisible » de l’ennemi contre lui. L’ouvrier et le cultivateur ne souffrent pas moins, ô combien, que « l’honnête homme » des maltraitances d’un système qui menace d’ôter le travail à ceux dont c’est le seul patrimoine. Il semble aujourd’hui que le bon sens ait quitté les cabinets et les amphithéâtres pour se réfugier dans les fermes et les ateliers. Dans son histoire et dans son avenir, l’Intelligence ne peut continuer à bien porter son nom en jouant contre le combat national, où qu’il soit mené.


Point névralgique de toute analyse historique, la Révolution ouvre grand les portes sur lesquelles toquaient les encyclopédistes, les arrachant même en dépassant de loin les ambitions des auteurs en question. Cela porte deux conséquences liées entre elles et qui n’auront de cesse de s’approfondir au long du XIXème siècle. La première conséquence est la remise du pouvoir à « des marchands d’or, qui sont d’une autre chair que nous, c’est-à-dire d’une autre langue et d’une autre pensée. » Or, dans le grand jeu d’affrontement des Forces, les points pris par l’Argent sont débités à l’Intelligence sur le grand boulier de la société. Directement ou par le truchement du politique, le premier s’est imposé à la seconde. La liberté politique apparente de la presse est euthanasiée par son asservissement économique, la poésie devient une profession, c’est-à-dire un moyen d’enrichissement, donc un serviteur de l’Argent et un adversaire de l’Intelligence sincère qui devient un territoire occupé. Ne réalisant pas que ce fut par les Lettres que l’échafaud des auteurs s’érigea, l’idéal humaniste et universaliste continue de présider aux éditoriaux comme aux sonnets, et c’est là la seconde conséquence du XVIIIème siècle. Pourtant, pour Maurras, les artifices de Jean-Jacques avaient vite reçu « la réponse ironique et dure des militaires du XIXème siècle aux songes littéraires du XVIIIème » que personnifie Napoléon Bonaparte, auquel on pourrait rajouter quelque Bismarck et Clausewitz. En tenant d’une main le sabre et de l’autre le pinceau, Napoléon adopte à l’égard de l’Intelligence la même dualité qu’en politique avec la jonction du suffrage universel et du pouvoir personnel. Il tente de cicatriser les plaies de la Révolution dans sa personne par une alchimie complexe entre réalité, idéal et ambition. L’épisode consulaire et impérial clos, l’Intelligence s’apprête à traverser le siècle balafrée par cette Lumière qui se réfléchit si bien sur les pièces de monnaie. Les lettrés ne viennent pas en politique pour accomplir la revanche sur l’Argent mais pour en gérer les affaires courantes. Soumis aux influences étrangères et notamment au romantisme allemand, soucieux d’être populaires, les hommes de Lettres « nient la servitude pour en encaisser les profits de la même manière qu’ils poussent aux révolutions pour émarger à la caisse du Capital. » Réduits à la sédition hypocrite pour une somme maigre en comparaison des grandes fortunes coloniales, financières ou industrielles, ils trouvent peu de places dans la symbolique bibliothèque des ducs de Brécé. Le lectorat naturel (comprenez traditionnel) est noyé dans la masse invitée par l’école à briser l’élitisme, mais cette moyennisation ne réussit en fait qu’à anéantir la distinction intellectuelle de l’aventurier et de l’enrichi. Ce que l’on appellerait aujourd’hui démocratisation de l’Intelligence est donc essentiellement perçue comme une régression au nom et au service de l’Argent.


Les monothéismes abrahamiques sont les seules doctrines à amalgamer morale et abstinence sexuelle, à faire de la répression sexuelle une vertu . Seule l’ascèse consumériste doit être appliquée à nos existences, car c’est la seule discipline susceptible d’affaiblir notre ennemi : les puissances d’argent menant le monde . Chez les Celtes le mariage n’impliquait point d’obligation de fidélité ni pour l’homme, ni pour la femme, et l’amour n’y était ni exclusif, ni jaloux. Garçons et filles, pouvaient avoir des relations sexuelles à partir de douze ans. En vérité, la seule façon efficace aujourd’hui de lutter contre le Nouvel Ordre Mondial est de remplacer consommation par fornication : la ploutocratie n’est pas dérangée par votre abstinence sexuelle – au contraire même, elle s’en réjouit, sachant que cela fait de certains d’entre vous des consommateurs assidus de produits pornographiques – mais sera contrariée si vous réduisez votre consommation de biens matériels et de services ! Prendre position pour une pan-sexualité _ une omniprésence du sexe _ c’est opérer un retour vers une conception vitaliste de la société, c’est s’opposer à l’humanisme totalitaire et égalitaire. Le pan-sexualisme est fondateur d’ordre, créateur de différences, ordonnateur de fonctions.


On peut accuser ou exempter les Lumières ou la Révolution française pour complicité avec l’Argent. On ne peut pas nier la domination de celui-ci. Il m’a été donné de lire chez Maurras l’un des constats les plus tristement lucides, pas moins vrai en 2013 qu’il ne l’était en 1905 : « Ni aujourd’hui ni jamais la richesse ne suffit à classer un homme ; mais aujourd’hui plus que jamais, la pauvreté le déclasse ». La sentence n’appelle pas de commentaire. Les gens honnêtes savent qu’il y a plus en l’homme qu’un facteur de production de richesse et que la fiche de paye n’est affichée en devanture que par celles et ceux dont la tête et le cœur rivalisent de vacuité. Pourtant, l’Argent ayant encore accru sa tyrannie, la société accélère et rejette en marge les indolents qui osent laisser leur porte-monnaie derrière eux. Aussi je me demande si le romantisme et la pensée de Maurras n’auraient pas tout à voir dans un anti-matérialisme (je n’en doute plus guère après la lecture d‘Un débat sur le romantisme). Quoiqu’il en soit, cette leçon de noblesse et de vertu devrait être dispensée à tous, pour que chacun y voit plus clair sur le chemin de son accomplissement. Le véritable intérêt est de ne pas se tromper de combat. La droite contre la gauche, les Français contre les étrangers, les catholiques contre les musulmans… Que voilà de faux motifs pour transpirer ! Le véritable combat est celui des valeurs. Tout contre l’Argent, la Force, les Larmes, l’Intelligence… Ces forces font le sens de la vie de l’Homme jusqu’au jugement dernier, de Dieu, selon moi, des vers de terre selon d’autres. Admettre que l’Homme doit perdre sa vie à la gagner en ne faisant qu’accumuler et défendre jalousement un patrimoine éphémère, c’est lui ôter tout intérêt en tant qu’être. Pire, c’est l’inciter à la destruction de son cadre de vie (naturel, social, culturel…) en lui disant simplement : « Ta prime au chaos sera exonérée à 25% .» La lutte contre l’hégémonie de l’Argent ne doit pas être un baroud d’honneur avant de brader nos enfants et nos cimetières. Elle doit être le regain d’une raison d’être. Dans ce combat, dix mille légions, mais seulement deux bannières.


Notre Université entend accaparer la littérature, la philosophie, la science. Bons et mauvais, ses produits administratifs étouffent donc, en fait, tous les autres, mauvais et bons. En dernier lieu, ses missions, ses honneurs, ses décorations lui permettent de dispenser également des primes à la parole et au silence, au service rendu et au coup retenu ». Il ne reste qu’à ajouter qu’aujourd’hui cette description vaut pour un système dépassant de beaucoup la seule Université. On transigera sur les modalités de reconstruction une fois que le cadavre du Veau d’Or sera dégluti par les charognards qu’il aura stupidement affamés.


Même s’il est indéniable que la décadence vient pour grande partie des Etats-unis d’Amérique, ils demeurent cependant le seul pays au monde où la population soumise à une immigration désintégratrice peut non seulement protester contre cet état de fait, mais de surcroît dénoncer ses instigateurs. Certes, la chose n’est pas aisée et entraîne souvent mort sociale et turbulences professionnelles, mais elle est légale! Et cette liberté d’expression, contrairement au Canada et à l’Europe, ne peut être muselée par les lobbys israélites, car incluse dans la Constitution.


Comme si c’était à moi, à me justifier de l’accueil ou du non-recevoir d’un étranger dans mon propre pays! Doit-on légitimer le refus d’ouvrir la porte de son domicile privé à un inconnu ? Non : on reçoit qui on veut chez soi sans avoir à en donner de raisons. Eh bien il doit en être de même pour les citoyens d’un pays ; « Parce que je n’ai pas envie de les y voir ». Point à la ligne. Nous sommes chez nous et n’avons pas à expliquer pourquoi nous y accueillons celui-ci et refoulons celui-là. Cela se conclut sur une exhortation à vivre honorablement et à ne pas hésiter à se faire respecter par la force si besoin est. La solution préconisée est de former de petites communautés tendant au maximum vers l’autarcie. Contrairement à ce que croient beaucoup, la population des terres intérieures est beaucoup moins infectée psychiquement par la vulgate égalitariste et antiraciste que sur le vieux continent.


L’agression entre individus d’une même espèce, loin d’être le principe maléfique et destructeur qu’a voulu y voir la psychanalyse juive freudienne, est partie essentielle de l’organisation des instincts pour la protection de la vie. A cette pulsion utile et souvent indispensable, la Nature a ajouté un mécanisme spécial d’inhibition : ainsi, à l’issue d’un combat de mâles pour le commandement de la horde, le lion ou loup vainqueur saisit la gorge de son adversaire entre ses crocs, mais se garde bien de la déchirer. Il le libère et le vaincu accepte sa situation de subalterne. L’agression intra-spécifique sert donc, dans les cas qui nous intéresse, à établir la hiérarchie organisatrice sans laquelle la communauté ne pourrait survivre. L’analogie avec l’évolution culturelle de l »humanité au cours de son histoire est la raison pour laquelle les impératifs les plus importants des lois sociales sont des interdictions et non point des commandements. Et, de même que les inhibitions instinctives empêchent chez les animaux sociaux un comportement asocial, les tabous transmis par la tradition et observés par coutume génèrent chez l’homme un comportement moral. Les combats codifiés des activités sportives sont le meilleur exemple de comportements humains analogues à la morale immanente animale. L’un des premiers postulats de la morale raisonnante doit donc être de reconnaître que l’agressivité a pour fonction de développer une hiérarchie sociale, mais qu’à l’instar de la sexualité, elle ne doit pas être systématiquement poussée à ses conséquences ultimes. Agressivité et sexualité doivent être ritualisées afin que les membres d’une communauté humaine ne se combattent ni ne se blessent mutuellement, grâce à des liens d’amour et d’amitié entre les individus faisant obstacle à l’extermination intra-spécifique et à la frustration sexuelle.


L’interaction entre agressivité et sexualité est notable : il est en effet toujours avantageux, pour le devenir d’une espèce, que le plus fort de deux rivaux féconde la femelle désirable car cette sélection par le combat des mâles assure la reproduction des individus temporairement les plus vigoureux, ce qui renforce la vitalité raciale. Or, depuis que l’homme a éliminé comme sources de danger potentielles les plus grands prédateurs, il ne réagit plus qu‘à la concurrence intra-spécifique. Le « sur-travail » des pays industrialisés est l’un des produits les plus absurdes de cette évolution qui n’est plus commandée que par la concurrence des hommes les uns envers les autres. Des excès comme la mise au chômage de travailleurs valides et l’indignité imposée aux sans-travail en est un. La concurrence intra-spécifique est devenue source de mal-être dans les sociétés industrialisées, et ceux qui ne sont pas assujettis à une activité professionnelle la réorientent par délinquance.


D’aucuns s’émeuvent parfois de la surreprésentation des Juifs dans la magistrature ou les médias; le problème est mal posé: ce n’est pas seulement la surreprésentation d’une ethnie ou d’une race qui est le vrai désagrément, mais aussi, voire surtout, la surreprésentation du légalisme et des moyens dits « d’information » dans la société actuelle. De fait, l’importance démesurée qu’a pris le légalisme dans nos sociétés occidentales, où on ne devient plus avocat pour sauvegarder la justice en défendant l’individu mais pour s’enrichir en s’acoquinant avec les pires délinquants, est néfaste, et c’est là que se situe le vrai problème. C’est que l’exclusivisme sioniste a eu deux conséquences: par crainte de souillure au contact des chrétiens, les juifs bâtirent spirituellement eux-même les ghettos où ils furent isolés;  et le talmudisme leur y donna cette tournure d’esprit tournée vers la ruse et le mensonge. Car le talmudisme est aussi abrutissant que le coranisme: codes minutieux et précis prévoyant, non seulement tout acte de la vie, mais également tout sentiment et émotion, recueils de formules toutes faites permettant de les manifester selon des critères bien précis, ils ne laissent aucune place à la raison ni à la spontanéité. Tant le docteur juif que le docteur musulman ne tient compte que de l’acte, acte extérieur accompli machinalement sans choix moral, et se montre plus préoccupé par la stricte observance des pratiques rituelles et de cérémonies tatillonnes que par l’état d’esprit des fidèles: d’où, chez ceux-ci, le développement et l’ancrage d’une mentalité fourbe, hypocrite et cauteleuse pour échapper à la tyrannie morale d'intégristes. C’est ce qui arrive lorsque l’orthopraxie prime l’orthodoxie ; une fois libéré des lois culturelles de sa communauté qui pendant des siècles bornèrent et rétrécirent son esprit, cela se traduisit par le bonheur égoïste, matériel et personnel, comme unique et indépassable horizon. Et c’est à partir de leur « émancipation » d’inspiration protestante et franc-maçonne, au XVIII° siècle, qu’en s’éloignant de leurs racines religieuses ils perdirent ce verrou mental pour ne garder que l’état d’esprit qui depuis plus de deux millénaires modelait leur esprit de façon héréditaire. Joint à la nouvelle possibilité qui venait de leur échoir de pouvoir participer, et donc s’infiltrer, dans toutes les sphères sociales et professionnelles, nombre d’entre eux donnèrent brusquement toute la mesure de leur capacité de nuisance.


L’antisionisme est l’opposition à l’idéologie politique préconisant l’existence du centre spirituel, territorial et étatique peuplé par Israël. C’est donc l’aspect politique qui doit nous préoccuper ici: entretient d'une armée de nervis qui interviennent impunément dans tout endroit du globe où est contestée la main-mise sur les institutions du pays-hôte.


L’anarchisme implique t-il l’adhésion aux principes fondamentaux de la démocratie électorale ? Certes non : doctrinalement, un anarchiste ne peut se revendiquer de la démocratie directe , pour la simple et bonne raison que ce système électif permet le « diktat » de la majorité sur la minorité, ce qui s’oppose aux principes de l’anarchisme : en effet, si une proposition est passée par un vote direct de type référendaire, elle s’impose dés lors à la minorité dans cette communauté, et ce quel que soit d’ailleurs le quorum envisagé. Ainsi même la nécessité d’un accord aux trois quarts impose à un quart de la population une décision qu’elle désapprouve. Il n’y a là pas de représentants pour imposer quoi que ce soit mais le poids de la majorité subsiste. Un véritable système anarchiste pur ne se peut fonder que sur la règle du consensus : il faut un accord global du groupe social sur le plus petit dénominateur commun. Ainsi rien n’est imposé et tous, même s’ils ne s’accordent pas sur la proposition, acquiescent librement à sa mise en œuvre. L’anarchisme accepte les lois dés lors qu’elles sont consenties par tous. Ce n’est pas la loi qui pose problème mais bien la hiérarchie, l’autorité imposée, puisque l’anarchisme se veut philosophie d’un nouvel ordre social rejetant toute autorité et/ou hiérarchie politique, culturelle ou éthique imposée de manière coercitive par un individu ou un corps constitué. Celui qui considère la communauté anarchiste – c’est-à-dire une structure dont tous les occupants ont si parfaitement intégré les règles de la vie en société qu’il n’est plus besoin de police ni d’autorité extérieure. Il convient par ailleurs de toujours garder à l’esprit que, dans la querelle de la prééminence du groupe social ou de l’individu, l’anarchisme s’impose comme une philosophie individualiste, et que quelles que soient les décisions prisent par le groupe social, elles ne seront utiles et nécessaires que si elles visent cet objectif , et seront contestables si elles ont pour vocation à renforcer un corps social au détriment de ses composantes individuelles. le monarchiste Charles Maurras qui écrit « Dans une société bien faite, l’individu doit accepter la loi de l’espèce, non l’espèce périr de la volonté de l’individu » ! Pour expliquer les variations à l’intérieur de l’espèce, les premiers promoteurs du darwinisme étaient contraints de se rabattre sur des hypothèses relatives à l’influence du milieu, faute d’une théorie satisfaisante qui ne viendrait qu’avec la réinterprétation des lois de Mendel, les premières théories de la mutation et la naissance de la génétique moderne dans les années 1910, et qui rendit évident le constat de l’inégalité des races. De cette théorie de la sélection naturelle, des applications sociales furent et sont encore déduites, ayant pour but d’affirmer qu’un processus analogue a lieu au sein des sociétés humaines, et par conséquent que ceux qui dominent socialement ont été naturellement sélectionnés en vertu de leurs aptitudes. Le darwinisme social se présentait donc comme une légitimation de la domination sociale, légitimation prenant la forme d’une naturalisation et consistant à sanctifier la domination de la bourgeoisie parasitaire,  en tant qu’elle aurait sa source dans la biologie ! Bien souvent, il n’y a pas lutte, même entre espèces, mais simplement un tri, effectué par le milieu, entre espèces, ou entre les individus d’une même espèce, ce qui anticipe sur des versions plus récentes de la théorie de l’évolution. Quant à la situation-type qui sert à mettre en valeur la lutte au sens malthusien du terme – celle d’une saturation du nombre d’animaux sur un espace donné, entraînant une lutte pour s’approprier les moyens d’existence, lutte dont sortent vainqueurs les plus aptes à triompher – il s’agit d’une situation abstraite qu’on ne rencontre guère dans la nature : quand pareil cas se présente, il y a migration et adaptation à un nouveau territoire. Une population animale n’arrive donc jamais au point de saturation, et de ce fait ne peut pas être déterminée par le niveau de nourriture et la lutte pour se procurer les moyens d’existence et de perpétuation : d’où l’importance des obstacles naturels à la surpopulation que sont le climat, les épidémies et autres catastrophes naturelles. Dans des conditions extrêmes, la lutte entre individus de la même espèce compromet plus l’avenir même de l’espèce qu’elle ne la renforce. l’association se rencontre à tous les degrés du monde animal et devient simplement de plus en plus consciente ; la vie en société est l’arme la plus puissante dans la lutte pour l’existence d’une espèce ou d’une race en ce sens qu’elle est un avantage en toutes circonstances, quand les qualités individuelles pourraient avoir tendance à rentrer en conflit. La compétition interne à l’espèce est limitée à quelques périodes exceptionnelles : le reste du temps, la sélection s’opère par l’élimination de la concurrence et non par l’élimination des concurrents, et ce au moyen de l’entraide, ce qui correspond à un principe d’économie.


Dans l’évolution, l’entraide doit être associée au progrès et la compétition aux périodes de régression , et en veut pour exemple dans l’histoire de l’humanité la révolution industrielle, laquelle a selon lui été retardée et non hâtée par la ruine des institutions médiévales d’entraide par l’oligarchie commerçante au XVIème siècle.


L’activité artistique est la conversion consciente de la matière et de l’esprit par une unité liée dans chaque art à l’aide de formes définies. Si les autres orientations de la volonté n’ont qu’un trait de caractère, une matière, l’art revendique toutes les matières et substances, aussi bien matérielles que surnaturelles en tant que matériaux. Dans le sens le plus large, toute notre compréhension élaborée de l’univers et du moi est une activité artistique volontaire. Naissait en Amérique le comportementalisme (ou béhaviorisme), théorie psychologique visant que a démontrer que l’intelligence et le caractère de chacun étaient exclusivement déterminés par les phénomènes d’apprentissage et d’imitation. Refusant de faire appel à des éléments internes à la vie mentale et donc caractéristiques de l’âme raciale, les béhavioristes considèrent que l’environnement est l’élément unique de la détermination et de l’explication des conduites humaines. Ce n’était donc pas la race, ni le psychisme personnel de chaque individu, mais la classe sociale qui était le déterminant. Et c’est de là que proviennent les dégâts infligés à l’Art par les tendances comportementalistes du XX° siècle d’après Mai-68 maintenant. Car, partant du principe que chaque individu est un palimpseste vierge pouvant être gravé via un ou plusieurs mécanismes d’apprentissage, et que donc le psychisme de chacun est l’exclusif résultat d’un conditionnement dictant tel comportement biologique qui aura été choisi , on en vint tout naturellement à en induire que n’importe qui pouvait faire n’importe quoi. Et, plus encore que de nier le généticisme et les lois de l’hérédité, le comportementalisme en vint même à contester l’existence des dons innés – chaque être humain étant censé naître « vide » et devenir uniquement ce qu’on y met. Partant, n’importe qui peut devenir n’importe quoi, comme un ordinateur fait ce que les programmes qu’on y a mis lui dicte de faire. Une foule d’individus tragiquement dépourvus de tout talent se mirent donc, en toute bonne foi, à se proclamer artistes : entasser trois cailloux devint « créer », barbouiller une inoffensive toile exprimer son « Moi » profond, et ainsi de suite … pour masquer leur médiocrité, ces cacographes de la création entreprirent de dénigrer les artistes véritablement doués en les qualifiant de réactionnaires, de dépassés, etc… et bientôt ces derniers succombèrent sous le nombre de leurs détracteurs, noyés par le flot de leurs excrémentielles créations si promptement expulsées à la face du monde, et ainsi naquit l’Art Moderne. Or, l’Art a vocation d’être beau, car il y a résolution de l’artiste, du créateur, donc énergie disciplinée, focalisée. Sans discipline l’énergie n’est plus que cela, énergie brouillonne sans direction, et on aboutit à cet « art moderne » inexpressif.


La société actuelle, qui veut que chaque individu soit réduit au simple rôle de consommateur, a un besoin vital qu’il soit plein de ces contradictions, car elles engendrent les frustrations qui provoquent une consommation sans fin. L’islam est la religion majoritaire des immigrés africains et nord-africains : la société de consommation se montre donc plus tolérante à son encontre, allant même jusqu’à la défendre contre les attaques indigènes françaises, car il lui importe que ces étrangers se sentent chez eux dans notre pays. Elle a l’espoir qu’à la longue, dans le confort émollient du consumérisme occidental, les musulmans finiront par ne conserver de leur religion que l’apparence et s’adonneront mieux encore que les autochtones de longue souche aux joies de la consommation effrénée, que ni eux ni leurs proches ascendants n’ont connus dans leurs pays d’origine. Mais les ploutocrates pensent que les valeurs chrétiennes et musulmanes, en entrant en conflit, se comporteront comme les acides et les bases de la chimie : qu’elles s’annihileront mutuellement pour donner un produit neutre, malléable et utilisable à leur convenance. Pour cela il faut toutefois qu’un antagonisme soit entretenu parmi immigrés et autochtones, et c’est à cela que servent des organisations comme le MRAP et la LICRA qui multiplient les procès et les accusations en sélectionnant les plus absurdes et les plus pusillanimes, afin d’exaspérer les rapports entre ces différentes catégories de personnes; et, aussi, les médias en accordant la meilleure représentation à des trublions dont les propos agressifs ne peuvent qu’exacerber l’inimitié, en l’alimentant soigneusement, entre les diverses composantes de la nouvelle société française multiculturelle et multiraciale. Ceci, jusqu’à désintégration réciproque et simultanée de toutes ces cultures et ethnies – à l’exception notable des pratiquants du judaïsme et de sa stricte endogamie. Est par ailleurs révélateur le récent phénomène des hospitalisations pour indigestion après la fin du ramadan en des pays, régis par la loi coranique mais ayant adopté la société de consommation. Nul doute que la prochaine génération supprimera ce jeûne religieux comme dangereux pour la santé publique, et ainsi de suite, jusqu’à ce que leur patrie ne soit plus guère musulmane que de nom, tout comme l’Amérique est dite chrétienne. La ploutocratie internationale ne peut voir là qu’un encouragement dans son projet de désubstantialisation des religions et des cultures, jusqu’à leur réduction à quelques éléments de décorum, par la sous-culture consumériste. Nous pouvons comprendre que dans la déliquescence morale et la vacuité spirituelle de nos temps, une personne soit chrétienne ou musulmane si elle y trouve un outil pour son équilibre intérieur : après tout, cela vaut mieux que de se bourrer d’antidépresseurs, et c’est toujours ça de perdu pour les industries pharmaceutiques de la société de consommation. En revanche, nous nous opposons à tout débordement de la pratique de ces monothéismes universalistes, qui font fi des appartenances raciales, hors de la sphère strictement privée : un retour à une hiérocratie chrétienne, ou l’instauration d’une théocratie mahométane, serait une régression et l’installation d’une ère de dogmatisme néfaste et contradictoire avec l’esprit vif, curieux et affûté.


On entend fréquemment dire, à propos de la situation actuelle des pays européens, qu’elle est la résultante de décennies de « laisser-aller » ou d’ « inconscience » de la part de leurs dirigeants successifs. Né d’un courant de pensée qui s’est développé principalement après la Première Guerre Mondiale, et dont l’hypostase la plus connue est ce qu’après-guerre on nomma « l’école de Francfort » . Essentiellement marxisant, mais aussi psychiatrisant, la teneur essentielle de ce courant était que la cause de la plupart des conflits, de la simple rixe à la guerre internationale, était le sentiment d’appartenance qu’un individu éprouve vis-à-vis d’un groupe, et qui l’amène à voir dans tout membre d’un autre groupe une menace. Partant de là, il fallait, pour que l’humanité trouve la paix, détruire tout ce qui ressemblait à un groupe, à une structure : famille, clan, nation, etc… et pour cela, partant du très marxiste principe qu’il faut prendre conscience de la situation pour s’en libérer, il convenait naturellement de « déconditionner » les individus – aussi bien en Europe que dans ses colonies. Une telle idée ne pouvait évidemment pas s’accommoder des lois de l’hérédité ou d’un quelconque généticisme, et encore moins du déterminisme biologique. Tout sentiment d’appartenance ethnique ou de fierté raciale commença donc à être présenté comme une pathologie, une maladie dont l’homme Blanc devait être guéri, et de là naquit l’idéologie du métissage , l’invitation faite à chacun de se « désaliéner » de la condition qui lui était assignée dans la société, aux enfants de se révolter contre l’autorité parentale, l’immigration de peuplement, etc … Les peuples dits « de couleur » ont été instrumentalisés pour servir le projet fantasque et totalement artificiel de société multiculturelle, dans le mépris le plus total de leurs aspirations réelles. La société multiraciale est un fantasme tout droit sorti du cerveau pétri de repentance d’intellectuels « politiquement corrects » honteux d’être de race blanche depuis que l’école de Francfort a résumé l’histoire de celle-ci à la traite négrière et à la « shoah », mais elle n’est pas arrivée par hasard ni par incurie : il s’agit d’un programme très précis et très élaboré que ses auteurs ont réalisé très lentement, imperceptiblement, pour que les générations successives n’en perçoivent chacune qu’une étape. Ne se rendant de ce fait pas compte de l’ampleur du projet, les peuples européens, même ne se sont pas, ou pas assez, rebellés. Ou s’ils l’ont fait, ce fut uniquement contre la « gauche » de leurs pays. Or, la ploutocratie ne peut que se réjouir que l’atomisation de la société, c’est-à-dire de la réduction de tous les peuples à un agrégat d’individus rendus nomades par des factices « nécessités professionnelles » et qui n’ont plus droit qu’à une identité : celle de consommateurs. Le « communisme » a été évacué en 1989, non seulement parce que devenu inutile, mais surtout parce que sociologiquement réalisé dans les pays « bourgeois » : disparition de la famille traditionnelle, arasement du dimorphisme sexuel et amenuisement de l’individu à sa seule existence professionnelle. Il est donc non seulement inexact, mais funeste, de croire que la situation présente n’est que le résultat de dérive idéologique ou d’errance politique, et qu’il suffirait de redonner un coup de barre pour que tout revienne « à la normale » en quelques mois. Non, il s’agit d’un dessein prémédité, bientôt séculaire, disposant d’énormément d’argent et de structures solidement ramifiées, qui a insidieusement empoisonné les consciences et qu’il va être long et difficile de combattre, tant moralement que matériellement. Et dans ce combat qui nous attend, il faut que tous gardent à l’esprit qu’on ne résoudra aucun des problèmes actuels tant qu’on n’aura pas remis le problème de la race au coeur de tous les débats de société. Car sous la pression de la bienséance du « politiquement correct », il est actuellement conseillé dans les discours publics de remplacer le mot « race » par le mot « type » ou par le terme « minorité visible » Mais en dépit de ces conventions de langage, il reste néanmoins que les races humaines, les groupes et les sous-groupes raciaux, différenciés d’après des caractéristiques psychiques, spirituelles et biologiques, quel que soit le nom qu’on donne à ces groupes, existent. Car si les flux migratoires du XVème au XXème siècle se sont inversés à partir du milieu du XXème siècle, c’est là encore grâce à la toxine judéo-marxiste : les antiracistes s’appuient toujours sur l’idéologie développée par le chercheur communiste soviétique Trofim Denissovitch Lyssenko selon laquelle tous les groupes humains étant biologiquement égaux, les races humaines n’existent pas, et en prétendant que la simple évocation de la question des races humaines est faire preuve de racisme. Pour empêcher la prise de conscience de la spécificité Européenne, ils font en sorte que les autres migrent en masses vers les zones peuplées par les européens, et à partir du milieu du XXème siècle les européens ont fortement réduit leur taux de fécondité : ce taux de fécondité est désormais si faible en Europe, que non seulement il ne permet pas le renouvellement endogène de la population mais qu’en plus, d’ici 150 à 250 ans, il conduit à la disparition des habitants autochtones. Et si la contraception a été une merveilleuse invention car permettant, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, de pouvoir s’adonner en toute innocence et sans arrière-pensée aux délices variés d’une sexualité libre, elle fut instrumentalisée dans les années 70 en France : en allant de pair avec la glorification du travail, présenté comme un instrument de libération de la femme, tandis que la maternité l’était comme un fardeau . Il est là aussi révélateur que ce principe marxiste – puisque énoncé en ces termes par Friedrich Engels : « l’émancipation de la femme, son égalité de condition avec l’homme est et demeure impossible tant que la femme restera exclue du travail social productif et qu’elle devra se borner au travail privé domestique »* – ait été mise en oeuvre sous un président « de droite », Valery Giscard d’Estaing, qui par le décret du 29 Avril 1976 donnant droit au regroupement familial des immigrés ouvrit également les portes de la France aux invasions.


La plupart des sociétés actuelles sont des juxtapositions d’un Etat, qui est une création politique intentionnelle, et d’une nation, qui est une communauté morale préexistante. Ces dernières sont des communautés partageant des croyances communes sur le « Bien » et le « Mal » qui se reflètent moins dans les lois ou les Constitutions que dans les habitudes quotidiennes et les modes de vie à l’honneur chez les individus qui la composent – en un mot, dans ce que l’on appelle la culture populaire. Lorsqu’un Etat s’impose à la tête d’un peuple, gouverner harmonieusement requiert un certain degré de conformité entre ses buts et les coutumes populaires, car ces dernières sont d’autant plus vivaces qu’elles ne sont souvent pas consciemment reconnues par ceux-là même qui y participent. Ainsi, si vous demandez à un Français d’aujourd’hui s’il est sexiste ou raciste, ils vous répondra « non » en toute sincérité, alors que dans son comportement quotidien il le sera très certainement à des degrés divers² – preuve qu’il est très difficile d’aller à l’encontre de la nature profonde d’un peuple. Tout Etat qui a voulu créer un « homme nouveau » s’est trouvé confronté à ce problème. L’ »homme nouveau » que veulent créer aujourd’hui nos démocraties libérales, le « citoyen du monde », doit voir substituées à ses valeurs cultures populaires les nouvelles « valeurs démocratiques » universelles. Autrement dit, la nation doit cesser d’être une communauté morale organique dotée de son propre « langage du bien et du mal », pour se fondre dans une humanité nouvelle dont la vertu première est la Tolérance. Or ceci est très difficile car les cultures populaires constituent un obstacle à la démocratisation sous la forme d’une résistance à la transformation de certaines valeurs traditionnelles en valeurs de « tolérance ». L’obstacle principal est le degré de conscience nationale, ethnique et raciale d’un peuple. C’est pourquoi la Tolérance, qui est la pierre de touche des valeurs démocratiques universelles, se présente principalement sous la forme de l’Antiracisme. Pour contourner la difficulté présentée par l’inconscient collectif de la nation à laquelle la démocratie libérale veut imposer le nouveau paradigme universel, il faut qu’elle ramène celle-ci au niveau d’un simple peuple, c’est-à-dire d’une agrégat d’individus sans liens entre eux – d’où la destruction de toute structure, y compris familiale, et l’immigration la plus variée possible : quoi de mieux, pour dissoudre une nation, qu’un mélange perpétuel de gens aux moeurs et paradigmes différents? Ce n’est qu’à cette condition qu’un Etat peut formater un peuple dans la direction qu’il souhaite, en lui inculquant des habitudes, des coutumes et une culture nouvelle, en y établissant un nouveau « langage du bien et du mal ». La culture populaire n’est donc plus, dans ce cas précis, un acquis avec lequel l’Etat doit transiger pour pouvoir arriver à gouverner, mais une création politique. De nos jours, elle consiste en le remplacement des cultures nationales, qui étaient propres à chaque pays, par une culture de masse universelle à base de CD, DVD, chaînes câblées et jeux vidéos. La mondialisation traite les coutumes populaires comme l’Eglise traita autrefois les paganismes locaux : soit en les détruisant, soit en les absorbant. Il est à noter que la promotion de la Tolérance s’accompagne d’un arsenal légal de plus en plus répressif. Dans les démocraties, depuis le début des années 60 les Codes Civil et Pénal ont quadruplé de volume – et ce n’est pas dû qu’aux développement technologiques de ces sociétés, mais à la volonté de régir le comportement et la pensée des citoyens. Ainsi des lois « anti-discriminatoires » qui réussissent le terrifiant paradoxe de vouloir imposer la tolérance et l’amour du prochain par la coercition. On ne soulignera jamais assez la caractère inhumain et contre-nature de ces lois anti-discriminatoires : la discrimination, c’est le choix, et le choix, c’est la vie! A tout moment de son existence on choisit, de lire tel livre plutôt que tel autre, de fréquenter telle personne plutôt que telle autre, d’écouter tel morceau de musique plutôt que tel autre etc… l’idéologie anti-discriminatoire, qui refuse à chacun la droit d’opérer une « distinction entre les personnes physiques en raison de leur origine, de leur sexe, de leur apparence physique, de leur patronyme, de leur état de santé, de leur handicap, de leurs caractéristiques génétiques, de leurs mœurs, de leur orientation sexuelle, de leur âge, de leurs opinions politiques, de leurs activités syndicales, de leur appartenance ou non appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, à une race ou une religion », transposée sur le plan mental de la vie quotidienne, est une monstruosité psychologique. Elle impose d’aimer tout et tout le monde également, et mène à une uniformisation incapacitante de l’existence. Une autre qualité démocratique libérale est le Compromis, considéré comme « valeur démocratique éminente » (source ) . Toute confrontation doit être non-violente et toujours aboutir à un moyen terme : le contraire serait anti-démocratique car il proclamerait une supériorité de la vérité d’un des protagonistes sur celle de l’autre. Dans cette logique, l’agressé doit donc reconnaître une légitimité aux raisons de l’agresseur, et céder sur certains points afin que cela ne se reproduise pas. Cette « culture du compromis » se révèle en fait être un irénisme composé d’omissions univoques et de concessions récurrentes, et aboutit nécessairement à un relativisme destructeur de repères, les notions de Bien et de Mal changeant à chaque nouvelle rencontre. On comprend mieux maintenant pourquoi la « lutte contre le racisme » est au centre des préoccupations des gouvernements des démocraties libérales. Si l’antiracisme se présente comme un outil de saccage des identités raciales et nationales, la législation anti-discriminatoire s’avère quant à elle être un instrument de destruction des psychés individuelles. En imposant une tolérance absolue, à tout, à chaque individu, il en fait un élément isolé, moralement incapable de se défendre contre toute nouveauté qu’on voudra lui imposer, et d’une souplesse de caractère telle qu’il est devenu l’instrument idéal pour la ploutocratie mondialiste. les démocraties libérales pratiquent une version édulcorée de cette méthode sous la forme de la « mobilité professionnelle ». L’institution la plus vitale pour transmettre les cultures, la famille, a été délibérément affaiblie pour être remplacée par l’école qui instille dans les jeunes esprits les nouvelles valeurs de tolérance et de soumission : c’est que leurs instigateurs savent bien que la démocratie libérale ne découle pas spontanément d’un certain degré d’industrialisation et de laïcisation, mais doit issir de décisions politiques affirmées en faveur de son établissement. D’où un autoritarisme croissant pour forcer l’homogénéisation de l’humanité, et une exaspération grandissante face aux réaffirmations identitaires. Car force est de reconnaître que le modèle d’organisation économique et social voulu par la ploutocratie n’a pas pris partout, ou pas de la même façon, par négligence ou omission délibérée d’une réalité biologique aussi incontournable que déterminante. On peut le remarquer dans des choix en apparence anodins, comme le choix des jouets pour ses enfants, où les parents achètent toujours en fonction du sexe de leurs rejetons : vous les verrez rarement choisir une dinette pour leur petit garçon ou une arme factice pour leurs petite fille, alors qu’ils viennent de se déclarer « non sexiste ». Plus dramatique, la réaction de beaucoup de femmes  : la plupart ont, en privé, avoué une répugnance instinctive, mais à cause de l’intensive propagande antiraciste, culpabilisaient; certaines sont même allé jusqu’à se forcer à sortir avec, alors que tout leur être leur criait de ne pas le faire, pour se « guérir » de ce racisme qu’on leur présente comme pervers, alors qu’il n’est que la saine expression d’un Moi profond. C’est dire les ravages psychologiques que peut exercer cette idéologie de l’antiracisme.