FORCE DE REFLEXION 01

 

Le rêve chrétien d'identité profonde des hommes derrière les différences d'apparences est devenu, en perdant son contenu religieux, une identité des intériorités, non tournées vers le salut, mais simplement remplies par la camelote inconsistante du divertissement industriel. L'actualité du conformisme se résume à celle de la différence des intériorités.


L'alimentation, dès lors qu'elle dépasse le nécessaire en s'abandonnant aux plaisirs liés à la quantité et à la qualité des mets, corrompt l'être humain bien au-delà de son corps et de sa santé : elle corrompt aussi son âme.


Cette transformation du corps humain s'explique avant tout par le déclin de la religion en Europe. Depuis les origines du christianisme, le principe religieux maintenait un corps pérenne, avec sa double face : portant en lui, d'une part le péché, poison consubstantiel mêlé à la chair depuis la chute, et entité sacrée, d'autre part, intouchable, inviolable, à la fois temple et tabernacle. La religion concevait le corps comme une réalité intangible, sa part de sacralité s'enracinant dans la notion d'incarnation.


Le corps nouveau résulte bien, en effet, d'une entreprise de dévoration du Moi. C'est un corps qui est devenu un égo.


Doté d'une âme, un homme est un être auquel Dieu adresse sa parole, un être vivant sous Dieu et un être constitué par la raison. L'esprit lui permet de posséder la puissance de recevoir la parole de Dieu.


L'âme était puissante. Depuis Platon, elle se concevait comme puissance des idées, puissance de connaissance, puissance de vie divine ou même de vie auprès des Dieux : sans l'âme, point de vie, il n'y a que l'existence du corps, semblable à la mort. L'âme a la puissance d'appréhender les réalités qui échappent aux sens : elle est la puissance de la connaissance de Dieu.


L'homme moderne a perdu cette faculté, que la religion et la morale savaient si bien cadrer, de résister à lui-même. La croyance au diable contraignait l'homme à la lucidité sur son propre compte, elle l'obligeait à entrer en guerre contre une partie de lui-même. Elle cultivait la faculté de résister à soi-même.


Le délestage de la théorie du péché originel, opéré dans un premier temps par les lumières, au profit de toute la pensée moderne de l'homme, autrement dit le refus militant de la finitude, est le point de basculement de l'histoire Européenne.


Avec l'homme planétaire, le temps des pères et des mères est révolu : l'éducation, l'instruction, la formation des idées et de la personnalité sont assurés par les médias du divertissement. La transformation de la famille et de l'école en lieux de vie et d'animation signent leur caducité.


L'individu, en effet, doit s'imaginer en permanence qu'il est dans la marge afin de pouvoir continuer à se tenir dans la norme ; il lui faut croire à tout instant qu'il vit dans la transgression, le libertinage et le volupté épicurienne – mode de vie bien évidemment au-dessus de ses pauvres moyens – pour demeurer le pantin pathétique qui s'agite désespérément dans l'univers ennuyeux, tyrannique et puritain de la consommation obligatoire et de ses changements incessants. On pourrait presque dire, en employant l'ancien langage, qu'il doit s'épuiser à être « de gauche » pour que le monde continu à être « de droite ».


C'est une culture du respect de soi que nous sommes en danger de perdre. De ce point de vue, le problème de notre société n'est pas seulement que les riches ont trop d'argent mais que leur argent les isole, beaucoup plus que par le passé, de la vie commune.


Les classes ouvrière ont un sens des limites plus hautement développé que les classes supérieurs. Ils comprennent, à la différence de celle-ci, qu'il y a des limites inhérentes au contrôle de l'homme sur le cours du développement de la société sur la nature et le corps, sur les éléments tragiques de la vie et de l'histoire humaines.


Les élites méritocratiques se trouvent disqualifiés par leur manque de gratitude du fardeau de commandement, et dans tous les cas ce qui les intéresse, c'est moins de commander que d'échapper au sort commun – ce qui est la définition même du succès méritocratique.


Au lieu d'affronter les évolutions politiques et sociales qui tendent à remettre en cause les idoles conventionnelles, les idéologues de droite et de gauche préfèrent s'envoyer des accusations de socialisme et de fascisme – ceci en dépit de la réalité évidente que ni le socialisme ni le fascisme ne représentent le mouvement de l'avenir. Leur vision du passé est tout aussi déformée que celle des choses à venir.


Toutefois, faute de normes communes, la tolérance devient indifférence, et le pluralisme culturel dégénère en spectacle esthétique ou l'on savoure avec le plaisir du connaisseur les étranges coutumes de nos voisins. Cependant, en tant qu'individus, nos voisins eux-même ne sont jamais exposés au moindre type de jugement. La suspension de tout jugement éthique rend même déplacé de parler simplement d'engagements éthiques.


Mais si elle bien comprise, cette question plus profonde et plus difficile demande que nous parlions de vertus impersonnelles comme le courage physique, l'amour du travail bien fait, le courage moral, l'honnêteté et le respect pour les adversaires. En outre, si nous croyons à ces choses, nous devons être prêts à les recommander à tout le monde comme conditions morales préalables au bonheur. Sans ces normes, nous n'avons pas de base à partir de laquelle exiger ou accorder le respect. Des normes communes sont absolument indispensables à une société démocratique.


La convention sentimentale selon laquelle les meilleurs choses de la vie sont gratuites est depuis longtemps tombée dans l'oubli. Puisqu'il est bien clair que les meilleurs choses coutent énormément d'argent, les gens cherchent à en gagner, dans le monde que dépeint la télévision commerciale, par des moyens honnêtes ou pas. L'idée que le crime ne paie pas – autre convention passé à la trappe – cède devant la prise de conscience que l'application de la loi est une bataille sans espoir, que les autorités politiques sont impuissantes face aux syndicats du crime et qu'elles gênent souvent la police dans ses efforts pour amener les criminels devant leurs juges, que tous les conflits sont réglés par la violence et que leurs scrupules sur la violence condamnent les scrupuleux à devenir des perdants.


Il est notoire que le marché tend à s'universaliser. Il ne coexiste pas facilement avec des institutions opérant selon des principes qui lui sont antithétique : les écoles et les universités, les journaux et les magazines, les oeuvres charitables, les familles. Tôt ou tard, le marché tend à les absorber toutes. Il inflige une pression presque insoutenable sur chaque activité pour qu'elle se justifie dans les seuls termes qu'il reconnaît : qu'elle devienne une proposition économique, qu'elle soit rentable, que ses comptes soient en équilibre. Il transforme les actualités en show, l'érudition en carriérisme professionnel, les travailleurs sociaux en gestionnaires scientifique de la pauvreté. Inexorablement, il remodèle chaque institution à son image.


Aucun domaine ne reste en dehors du marché. Il n'existe qu'un seul compartiment dans la vie sociale : celui qui est défini par l'action basée sur l'intérêt personnel.


Une compassion mal placé dégrade aussi bien les victimes, réduites à n'être que des objets de pitié, que ceux qui voudraient se faire leurs bienfaiteurs et qui trouve plus facile d'avoir pitié de leurs concitoyens que de leur appliquer des normes impersonnelles qui donneraient droit au respect à ceux qui les atteignent. Nous avons pitié de ceux qui souffrent, et surtout de ceux qui qui souffrent de manière bien visible ; mais nous réservons notre respect à ceux qui refusent d'exploiter leur souffrance à des fins de pitié. Nous respectons ceux qui sont disposés à être tenus responsables de leurs actions, qui se soumettent à des normes exigeantes et impersonnelles appliqués impartialement.


Le populisme est la voix authentique de la démocratie, il postule que les individus ont droit au respect tant qu'ils ne s'en montrent pas indignes, mais ils doivent assumer la responsabilité d'eux-même et de leurs actes.


Nous sommes devenus bien trop accommodants, bien trop tolérants, pour notre propre santé. Au nom d'une compréhension pleine de sympathie, nous tolérons le travail salopé, les habitudes de pensée médiocre, et les normes de conduite personnelle incorrectes. Nous supportons les mauvaises manières, les mauvaises façons de parler de toutes sortes, depuis la scatologie banale aujourd'hui devenue omniprésente jusqu'au raffinements du charabia universitaire. Il est rare que nous prenions la peine de corriger une erreur ou de débattre avec des adversaires dans l'espoir de leur faire changer d'avis. Au lieu de cela, nous leur imposons silence en criant plus fort qu'eux ou alors nous sommes d'accord pour ne pas être d'accord, en disant que nous avons tous droit à nos opinions.


Les parties ne représentent plus les opinions et les intérêts des gens ordinaires. Le processus politique est dominé par des élites rivales qui professent des idéologies irréconciliable. La politique est devenue affaire de gestes idéologiques, tandis que les vrais problèmes restent sans solution.


Il n'y a rien de plus exaspérant qu'un homme bas placé dans une position élevée.


La satisfaction et le contentement qui accompagnent la similitude sont l'indice d'une personnalité bien mince.


Quand le marché préempte tout l'espace public, et que la sociabilité doit « se replier » dans des clubs privés, les gens sont menacés de perdre leur capacité à s'amuser et même à se gouverner.


Ils se servent de leur condition de victimes comme d'une excuse pour toutes sortes d'échec et ils perpétuent par là l'une des sources d'échec les plus profondes : la difficulté qu'éprouve la victime à acquérir le respect d'elle-même. Les stratégies de culture noire renforcent la solidarité défensive des élèves noirs contre ceux qui réussissent trop bien en classe, et qui sont accusés de « faire le blanc ». Ils excusent l'échec scolaire au motif qu'on ne devrait pas demander aux élèves noirs de maitriser un programme « euro-centrique ».


Le système scolaire pour tous avait été déformé d'emblée par les demandes de l'ordre industriel en voie de constitution, qui avait rendu presque inévitable que les écoles soient utilisés non pas pour former un corps de citoyens éveillés et politiquement actifs mais pour inculquer des habitudes de ponctualité et d'obéissance.


Quand le débat devient un art dont on a perdu le secret, l'information aura beau être aussi facilement accessible que l'on voudra, elle ne laissera aucune marque.


Les médias définissent les thèmes et déterminent les règles du jeu des débats, est sans équivoque et très clairement à notre désavantage. Faire interroger des candidats à une charge politique par des journalistes tend à grossir l'importance des journalistes et à réduire celle des candidats. Les journalistes posent des questions et aiguillonnent les candidats pour qu'ils leur donnent des réponses rapides et spécifiques, se réservant le droit d'interrompre les candidats et de leur enlever la parole à chaque fois qu'ils paraissent s'écarter du thème imposé.


L'avènement d'un nouveau type de journalisme qui professe des normes rigoureuses d'objectivité ne nous assurent pas un apport constant d'informations utilisables. L'information est produite par des gens qui désirent promouvoir quelque chose ou quelqu'un sans s'en remettre pour cela à ses qualités intrinsèques ni en faire explicitement la réclame en avouant qu'ils y ont un intérêt personnel.


Si une communauté n'est pas accepté, c'est qu'elle ne donne pas de bon produits, sinon elle est admise sans problème. Si elle se plaint de racisme à son égard c'est parce qu'elle est porteuse de désordre. Quand elle ne fournit que du bien, tout le monde lui ouvre les bras, mais il ne faut pas qu'elle vienne chez nous nous imposer ses moeurs !


Il est devenu difficile d'exprimer des sentiments tendres, des sentiments de respect, d'effroi, d'idéalisation, de révérence. Il est presque de bon ton d'être irrévérencieux.


Le coeur de toute culture réside dans ses interdictions. La culture est un ensemble d'exigence morales – d'interdits profondément gravés, inscrits en caractère supérieurs et dignes de confiance.


Ce n'est pas par intérêt financier que l'empire a été si longtemps maintenu à bout de bras : c'est pour des motifs plus élevés, d'ordre humanitaire, parce que l'Afrique a été, selon Jean de la Guérivière, une passion française.


Pourquoi stigmatiser la Saint-Barthélémy sans dénoncer l'intolérance des Huguenots ? Comment critiquer l'arbitraire royal en omettant que la révolution n'a jamais reconnu le droit au désaccord politique ? Comment réprouver l'antisémitisme des années 1900 sans désavouer la violence anticléricale qui éclatait à la même époque ? Pourquoi taire que tous les résistants n'étaient pas de droite ? Comment condamner l'action de l'armée française en Algérie sans pointer le terrorisme du FLN ?


Les agitateurs et les artistes ont en commun la haine de l'autorité, le mépris de la tradition et le refus de courtiser la faveur populaire ? Les agitateurs et les artistes étaient l'incarnation suprême de l'individualisme, ne désirant plaire qu'a eux-même. Ils n'accordaient pas non plus la moindre attention aux discours morbidement hypocrite qui veut que l'on fasse ce que veulent ce que veulent les autres parce qu'ils le veulent ; ou à aucun moment discours hideusement hypocrite sur le sacrifice de soi. Les artistes n'avaient à répondre de leurs actes que devant eux-même et ce qui, du point de vue de la moralité conventionnelle, pouvait passer pour de l'égoisme était la condition préalable à toute authentique réalisation de l'imagination. Tous les grands chefs de l'histoire avaient le tempérament de l'artiste. Jésus Christ lui-même était un artiste, qui avait un message d'artiste à adresser au monde : « vous avez une personnalité merveilleuse. Développez-la. Soyez vous même ».


Nous avons été pour la plupart ignorés ou brutalisés quand nous étions enfants et puisque nous continuons tous à nous traiter nous-même comme nous avons été traités enfants, nous nous brutalisons nous-même pour cette raison en tant qu'adultes.


Bien loin de favoriser le respect de soi-mêmes, elles ont (les institutions politique et sociale) crée une nation d'assistés et de dépendants. Elles ont donnés naissance à un culte de la victime dans lequel c'est sur l'exhibition des blessures accumulés que vous a affligé une société froide et indifférente qui se fondent vos droits à subvention. La professionnalisation de la compassion n'a pas fait de nous une nation plus gentille et plus douce. Au lieu de cela, elle institutionnalise l'inégalité, sous couvert d'affirmer que chacun de nous est à part à sa façon. Puisque ce masque est transparent, la tentative de faire avoir aux gens un bon feeling d'eux-même ne fait pas que les rendre cyniques à la place.


Si la psychothérapie a échoué comme politique, et, sous sa forme la plus récente, en tant que politique de la bonne opinion de soi, elle a aussi échoué comme substitut à la religion.


La montée inexorable de la criminalité submerge le système judiciaire pénal, déjà corrompu luimême par une pratique cynique de l'entente entre accusation et défense pour limiter les peines, la persistance de normes judiciaires différentes en fonction de la race et d'autre part, par des tentatives mal inspirées de remplacer un régime punitif par un régime thérapeutique. Par l'effet d'une clémence déplacée, des criminels endurcis obtiennent une libération de prison anticipée et reprennent leurs exactions sans qu'apparemment la perspective d'une réincarnation les en dissuade le moins du monde.


Jésus de Nazareth a prêché le pouvoir de l'imagination comme la base de toute vie spirituelle et matérielle. Il a prêché la sympathie imaginative et non l'altruisme. Sa vie telle que les évangiles la rapportent a été exactement comme une oeuvre d'art. Il appartenait à l'espèce des poètes et c'est contre les philistins qu'il a livré sa principale bataille. Celui qui voudrait mener une vie Christique doit être entièrement et absolument lui-même. « Sois toi même », tel est le message du Christ.


Dans les commentaires sur la situation spirituelle moderne, on traite constamment la religion comme source d'assurance intellectuelle et émotionnelle et non pas comme une contestation de la complaisance et de l'orgueil. Ses enseignements éthiques sont lues de façon erronée comme un ensemble de commandements simples qui ne laissent aucune place à l'ambiguité ou au doute. Les chrétiens du moyen-âge : des enfants de Dieu qui savaient exactement quoi faire et comment se comporter. La théologie médiévale faisait de la conduite de la vie une science exacte. Elle proposait un plan de vie qui était d'une délicieuse simplicité. L'obéissance sans contestation à une science de la morale dotée d'autorité est la seule solution permettant d'échapper au nihilisme moral. Dès que l'on se met à douter de la validité des lois on commence à glisser sur la pente savonneuse qui mène au relativisme, à l'anarchie morale et au désespoir culturel.


Le secteur de la santé est l'un des budgets les plus importants dans tous les pays développés et l'une des priorités. Ce budget est grevé par les politiques néolibérales subventionnés par les grands laboratoires qui font la promotion de médicaments superflus, d'examens réguliers, de vaccins inutiles et dangereux. Les activités de santé sont une branche économique comme les autres, ce qui n'est pas normal étant donné son mode de financement auquel nous participons, de gré ou de force. La santé ne fait pas vivre les laboratoires, seule la maladie intéresse ces producteurs de consommation. La bonne santé porte préjudice à la rentabilité du capital. Tout est donc fait pour s'en débarrasser.


S'il n'y avait que de vrais malades à soigner, la médecine serait en situation économique difficile. Il faut donc convaincre l'ensemble de la population qu'elle est potentiellement malade et vendre des médicaments à ceux qui n'en ont pas besoin. Les patients sont des gens qu'il ne faut à aucun prix guérir. Le rôle du médecin est de choisir le trouble, la maladie qui leur convient le mieux, et qui, si possible, les accompagnera fidèlement jusqu'à la mort. Un tel contrôle des patients par la médecine implique un prix de pouvoir, une médicalisation générale de toute la société. Ramasser le pouvoir ne sera alors qu'un jeu d'enfants et, au prétexte de santé publique, de ne plus le lâcher. Seul le pouvoir dictatorial du ''corps médical'' peut faire le ''salut de l'humanité''.


C'est ainsi que fonctionnait autrefois notre bonne vieille médecine qui, sans avoir les moyens techniques actuels, faisait de son mieux pour aider les malades à guérir. Mais nous avons échangé les médecines humanistes de la première moitié du XX siècle contre de simple vendeurs de médicaments, des prescriptions comme on les désigne souvent, des techniciens qui ne regardent plus le malade, laissant l'ordinateur ordonner à leur place.


La France est le pays d'Europe dans lequel l'état de santé des individus passe souvent après les intérêts financiers, et c'est aussi celui ou la contrainte légale est la plus forte : obligations vaccinales, interdiction pour les médecins de soigner selon « leur âme et conscience », et interdiction absolus d'utiliser des médicaments qui n'ont pas reçu leur AMM, mais qui ont pourtant des milliers de guérisons à leur actif.


Certains savent que nos dirigeants et les médias nous mentent, les premiers par intérêts, les seconds par servitude et, souvent, les deux par ignorance. Quand aux laboratoires pharmaceutiques, ils sont à présent passés maitres dans l'art du mensonge. Répétés à l'envi, ils sont devenus des dogmes qui déclenchent des crises d'hystérie dès lors qu'on ose les remettre en cause, l'information s'est peu à peu transformée en marchandise dont la valeur varie en fonction de l'offre et de la demande, pour en arriver au point extrême de la désinformation actuelle ou, ce qui est sans doute pire, la contreinformation.


Les compagnies pharmaceutiques consacrent plus de temps et d'argent à promouvoir leurs produits et à courtiser les prescripteurs qu'a rechercher de nouveaux médicaments efficaces, préférant créer de nouvelles maladies pour vendre les médicaments déjà existants.


Nous sommes un peu responsables de l'arrogance de l'industrie du médicament étant donné le piédestal sur lequel nous l'avons placé, créant ainsi une classe d'élite à l'abri de toute contrainte et de toute suspicion. Nous avons naivement pensé que les diplômes et les responsabilités de leur représentants les mettaient à l'abri de sentiment mesquins, qu'ils étaient incapables de mentir et que leur seul but était d'améliorer la vie d'autrui. Nous nous sommes lourdement trompés.


Le secret de la sagesse politique c'est que la paix civile résulte d'un miracle patiemment construit et reconstruit. Le fin mot de la politique est d'éviter au maximum la violence humaine. Le paradoxe politique c'est qu'il est nécessaire pour éviter la violence d'user d'une violence minimale : la force sans la loi tue ; mais le droit sans la force laisse tuer !


Tant qu'on n'aura pas diffusé très largement à travers les hommes de cette planète la façon dont fonctionne leur cerveau, la façon dont ils l'utilisent, et tant que l'on n'aura pas dit que jusqu'ici cela a toujours été pour dominer l'autre, il y a peu de chance qu'il y ait quoi que ce soit qui change.


Le cancer correspond à une autodestruction par autopunition. Tout se passe dans la tête et celui qui développe un cancer a trop longtemps intériorisé un problème et un conflit.


Il faut savoir que dans notre pays qui se réclame des droits de l'homme et du citoyen, l'intérêt du malade et son droit fondamental à la santé s'efface derrière les plaintes d'un conseil de l'ordre qui prétend que son but est de préserver la santé du malade, mais qui poursuit et fait condamner tous ceux qui préservent cette santé par des moyens non agréés par lui.


Au lieu d'admettre certains faits gênants, essayant de noyer le poisson, nos responsables de santé persistent à se féliciter des ''progrès accomplis''. Ils ont raison car c'est une tactique qui a fait ses preuves et parvient à convaincre ceux qui sont prêts à tout gober, du moment que l'information passe par une personne ''reconnu''.


Nos politiques, ministre de la santé, industriels et préfets sont parfaitement conscients de la situation et se moquent bien de la santé des consommateurs, n'hésitent pas à cacher leurs méfaits, leur seule préoccupation étant les bénéfices et les quotations en bourse, ou les voix qu'ils récolteront aux prochaines élections.


Il existera, dans la prochaine génération, une méthode pharmacologique pour que les gens chérissent leur servitude et génèrent, pour ainsi sans plaintes, une sorte de camp de concentration pour des sociétés entières alors que les peuples verront leur liberté confisquée, mais s'en réjouiront plutôt, car ils seront dépourvus de tout désir de révolte par la propagande et le lavage de cerveau prodigué par des méthodes pharmaceutique.


Je pensais qu'a cause de ces trop nombreux scandales, les concitoyens las d'être pris pour des imbéciles par tous ces menteurs et criminels qui s'érigent en juges pour sanctionner ceux qui se permettent de dénoncer leurs pratiques, mais ce n'est pas le cas de la majorité, qui rejoint ainsi les esclaves annoncés par Huxley et qui chérissent leurs bourreaux.


Tous les pouvoirs utilisent la peur pour mieux dominer, et ceux qui font profession de ''savoir'' pratiquent savamment cette stratégie parfaitement efficace qui permet d'obtenir la dépendance des citoyens.


Fondée sur le lavage de cerveau et la pensée unique, notre vision médicale qui est en retard de plus d'un siècle verrouille l'interprétation des maladies et, en même temps, les mécanismes fondamentaux de la santé, alors qu'il s'agit de réconcilier la médecine avec le vécu sensible des personnes et d'intégrer la dimension informationnelle de notre époque.


L'éducation à la violence est l'une des éducations les plus nécessaires à l'être humain, qui doit précisément maitriser la violence, c'est-à-dire apprendre à s'en servir le cas échéant, et à ne plus en avoir peur, à rester calme sous sa menace. Si le courage manque tellement à nos sociétés, c'est qu'on ne l'apprend plus nulle part.


Un individu, une nation qui excluent le recours aux armes en toute circonstance sont à peu près certains de devenir plus ou moins esclaves ! Il est absolument impossible de croire à la volonté de dissuasion d'une nation de lâches.


Un jeune homme doit être pacifique et non pacifiste. Pacifique, car il n'aura recours aux armes qu'a l'appel de la patrie ou en ''ultima ratio'' pour la légitime défense, et non pacifiste, ce qui veut dire prêt à l'esclavage.


Nous avons appris, durement, qu'une fraternité, sans intériorité ni transcendance, pouvait déboucher sur la tyrannie. Spiritualité, transcendance, fraternité sont nécessaire toutes les trois. Si l'on oubli l'une de ces dimensions de la vie religieuse, n'importe quel dieu, n'importe quelle espérance se transforme en idole assoiffée de sang humain.


La politique est l'art non pas du paradis mais du moindre mal. Elle ne consiste pas à construire un paradis, impossible à réaliser sur la terre ; elle consiste à éviter l'enfer, très possible en ce monde au contraire.


La justice est en effet une requête fondamentale de la conscience : les bons doivent être récompensés et les méchants punis. Sans cela, le monde serait intolérable, lequel se scandalise du bonheur terrestre des méchants et du malheur des justes. La survie après la mort devient une exigence de la justice quand on constate qu'en ce bas monde triomphent l'oppression et la tyrannie. Il devient alors indispensable que l'équilibre soit rétabli quelque part.


L'homme est devenu un loup pour l'homme et l'espèce humaine est la seule espèce capable de se suicider collectivement et dont chaque membre peut détruire son semblable ou lui-même. D'ou la nécessité immédiate, dès le surgissement de l'humanité, de remplacer la règle génétique devenue insuffisante par l'interdit de la loi morale. Ce ne sont pas les religions qui ont fabriqués de l'interdit, c'est la nécessité originelle de l'interdit qui a suscité les religions.


La politique ne devrait avoir aucun rapport avec le paradis. Le but de la politique n'est pas de bâtir le paradis sur terre. Si l'on croit cela, on finit par tuer ceux qui ne veulent pas y entrer. Le but de la politique, plus modeste, devrait être d'éviter l'enfer, de construire dans les ténèbres et les difficultés d'ici-bas un endroit ou il fasse à peu près bon vivre pour l'homme.


Les lois sont nécessaires pour délimiter un espace du bien, mais le Bien et le Mal obéissent à un ordre plus profond. C'est pourquoi la trahison est sans doute l'expérience ultime du Mal. Rien n'est plus vil que la reconnaissance retournée en haine.


Les conditions sociales actuelles encouragent une mentalité de survie, exprimée de la manière la plus simpliste dans les films catastrophe, ou dans certains fantasmes de voyage intro-sidéral. Les gens ne rêvent plus de surmonter les difficultés, mais seulement de leur survivre. L'idéologie actuelle semble un mélange du désir de survie, de volonté de renaissance et du cynisme individuels.


Le narcissisme est un concept qui ne nous fournit pas un déterminisme psychologique tout fait, mais une manière de comprendre l'effet psychologique des récents changements sociaux. De fait, le narcissisme semble représenter la meilleur manière d'endurer les tensions et anxiétés de la vie moderne.


L'association du détachement affectif et d'un comportement destiné à convaincre l'enfant de sa position privilégiée dans la famille constitue un terrain d'élection pour l'éclosion de la structure narcissique de la personnalité.


L'idéologie du développement personnel, optimiste à première vue, irradie résignation et désespoir profond. Ont foi en elle ceux qui ne croient en rien.


Il semble que ce soit la prostituée, plutôt que le VRP, qui incarne le mieux les qualités indispensables à la réussite dans la société. Elle aussi se vend pour de l'argent, mais on ne saurait dire que sa séduction représente un désir d'être aimé. Elle souhaite ardemment susciter l'admiration mais n'a que mépris pour ceux qui la lui offrent, et ne tire donc que peu de satisfaction de sa réussite sociale.


La propagande de la marchandise sert une double fonction : 1/ Elle affirme la consommation comme solution de remplacement à la protestation et à la rébellion. 2/ Elle transforme l'aliénation en marchandise. Elle se tourne vers la désolation spirituelle du monde moderne et propose la consommation comme remède.


L'aptitude à distinguer le vrai du faux ne change pas le fait que des mots choisis uniquement pour leur effet public perdent rapidement tout rapport avec la réalité. Une discussion politique fondé sur une telle optique dégénère en bavardage dénué de sens, même lorsqu'elle a lieu à huis clos.


Lorsque les images du pouvoir éclipsent la réalité, ceux qui sont sans pouvoir se battent contre des fantômes. Dans une société ou le pouvoir aime se présenter sous un aspect débonnaire, il est particulièrement difficile d'identifier l'oppresseur, plus encore de le personnifier, ou de maintenir un sentiment brûlant d'injustice dans la population.


Les malades narcissiques ont peur de faire partie des médiocres, des gens ordinaires, ce dernier terme ne signifiant pas ''normal'' mais ''sans valeur'' et ''méprisable''. Ils vénèrent les héros, mais ils se retournent contre eux lorsque ceux-ci les déçoivent.


Tous, tant que nous sommes, acteurs et spectateurs, vivons entourés de miroirs : en eux, nous cherchons à nous rassurer sur notre pouvoir de captiver ou d'impressionner les autres, tout en demeurant anxieusement à l'affût d'imperfections qui pourraient nuire à l'apparence que nous voulons donner. L'industrie de la publicité encourage délibérément ce souci des apparences.


De nos jours, l'élimination des compétences, tant au bureau qu'à l'usine, a créé des conditions telles que la puissance de travail se mesure en termes de personnalité, plutôt que de force ou d'intelligence.


Tandis que l'industrie moderne condamne les gens à des travaux qui sont une insulte à leur intelligence, la culture de masse du style ''évasion romantique'' remplit leurs têtes de visions et d'aventures au-dessus de leurs moyens – et de leurs facultés d'imagination et d'émotions – et contribue ainsi à dévaluer plus encore la routine. La disparité entre la romance et la réalité, entre le beau monde et l'univers du travail, donne naissance à un détachement ironique qui assourdit la souffrance, mais qui paralyse également la volonté de changer les conditions sociales, d'apporter des améliorations mêmes modestes dans les domaines du jeu et du travail, et de rendre dignité et signification à la vie quotidienne.


Il s'est produit entre le jeu et les activités sérieuses un phénomène de contamination aux conséquences incalculables. Les deux sphères se mélangent. Dans les activités d'une nature apparemment sérieuse se dissimule un élément de jeu. En revanche, le jeu n'est plus capable de conserver son vrai caractère, du fait qu'il est pris trop au sérieux et est devenu trop organisé. Les qualités indispensables que sont le détachement, l'improvisation et le plaisir sont ainsi perdues.


Ce qui corrompt le jeu ou le sport, ce n'est pas le professionnalisme ou la compétition, mais la désintégration des conventions qui s'y rapportent. C'est alors que le rituel, le théatre et le sport dégénèrent tous en spectacle.


Le mode prédominant d'intéraction sociale est, de nos jours, la coopération antagoniste ; cela signifie que le culte du travail en équipe masque une lutte pour survivre à l'intérieur des organisations bureau bureaucratiques. Dans le domaine du sport, la rivalité entre équipes, désormais incapables de faire appel aux loyautés régionales ou locales, se réduit à une lutte pour une part de marché, réplique des rivalités entre entreprises industrielles et commerciales.


Il est important de garder le sport aussi isolé que possible des affaires, du divertissement, de la politique, et même des commérages. Il est essentiel, pour l'esprit humain, de préserver les domaines de la vie qui ne font pas partie de la politique et du travail. Cela est particulièrement vrai maintenant que la politique est devenue une activité laide et brutale, et le travail l'opium du peuple.


Le professionnalisme dans le sport ont miné l'ancien esprit d'école et donné naissance, chez les athlètes, à une vision totalement mercantile de leur art. Ils écoutent avec un cynisme amusé les prêches des entraineurs de l'ancienne école et n'acceptent pas volontiers une discipline autoritaire. Leurs changements fréquents, d'un club et d'une localité à l'autre, suivant les contrats qu'on leur offre, sape la fidélité tant des joueurs que des spectateurs, et rend difficile d'ancrer l'esprit d'équipe dans un patriotisme local. Dans une société bureaucratique, la fidélité à une organisation perd de sa force.


On ne doit cependant pas attribuer le déclin des connaissances uniquement à l'échec du système d'éducation. Dans la société moderne, l'école sert surtout à former les gens à travailler ; or, la plupart des professions, même à des niveaux de rémunération élevés, n'exigent plus un haut niveau de compétence technique ou intellectuelle, elles sont principalement une routine et demandent si peu d'initiatives et d'esprit inventif que quiconque réussit les études appropriées se trouve surqualifié par rapport à la plupart des postes disponibles. On voit que la détérioration du système d'éducation reflète des conditions sociales ou l'initiative, l'esprit d'entreprise et le besoin psychologique de réussir ne sont plus de mise.


La société industrielle avancée ne repose plus sur une population conditionnée à désirer la réussite. Elle exige plutôt un peuple abruti, résigné à effectuer un travail sans intérêt et de mauvaise qualité, et disposé à ne chercher satisfaction que dans les heures consacrés au loisir.


L'éducation de masse, qui se promettait de démocratiser la culture, a fini par abrutir les privilégiés eux-mêmes. La société moderne a également produit de nouvelles formes d'ignorance. Il devient de plus en plus difficile aux gens de manier leur langue avec aisance et précision, de se rappeler les faits fondamentaux de l'histoire de leur pays, de faire des déductions logiques, de comprendre des textes écrits autre que rudimentaires, et même de concevoir leurs droits institutionnels.


Qu'est il donc arrivé à la république à laquelle nos ancêtres ont tant rêvé ? L'école universelle publique, loin de créer une communauté de citoyens qui se gouverneraient eux-même, a contribué à la propagation de l'abrutissement intellectuel et de la passivité politique.


Plus l'éducation se conforme à cet idéal creux – l'acquisitioiseisen d'habitudes ordonnées considérées indispensables pour réussir dans l'industrie -, plus elle décourage, en fait, toute ambition – sauf, peut-être, celle de fuir l'école par n'importe quel moyen ! En vidant le programme scolaire de tout contenu intellectuel et même pratique, les éducateurs empêchent l'élève de se confronter à des taches stimulantes, et le forcent à trouver d'autres moyens de remplir le temps qu'il doit passer à l'école.


Le problème de l'éducation se résume ainsi : presque toute la société identifie l'excellence intellectuelle à l'élitisme. Cela revient à garantir à un petit nombre le monopole des avantages de l'éducation. Mais cette attitude avilit la qualité même de l'éducation de l'élite, et menace d'aboutir au règne de l'ignorance universelle.


L'église pouvait socialiser le travailleur beaucoup plus efficacement que les syndicats ouvriers, car ces derniers ont une conscience de classe et... oeuvrent égoistement, alors que l'église, pour sa part, est consciente d'un royaume universel de justice, de paix et de joie et, dans la plupart des cas, fait confiance en l'altruisme.


Quel que soit le pays, si l'on apprend aux hommes, dès leur enfance à se considérer comme membres d'une certaine ''classe''... alors, il sera impossible d'éviter les affrontements sociaux, une haine et une lutte entre les classes.


La société renforce les types de comportement narcissique, non seulement par l'éducation indulgente et l'attitude permissive qui prévaut, mais aussi par la publicité, la création de besoin et la culture hédoniste de masse. On voit que la publicité moderne cherche à promouvoir non pas tant la satisfaction que le doute. Elle veut créer des besoins sans les satisfaire, engendrer des anxiétés nouvelles au lieu d'alléger les anciennes. La culture de masse entoure la consommation d'images de la ''bonne vie'', qu'elle associe à la fascination de la célébrité et de la réussite ; elle encourage ainsi l'homme ordinaire à cultiver des goûts extraordinaires, à s'identifier à la minorité privilégiée, et à partager avec celle-ci, dans ses fantasmes, une existence de confort exquis et de raffinement sensuel. Mais en même temps, la propagande de la marchandise le rend très malheureux de son sort. En encourageant les aspirations grandioses, elle favorise du même coup le dénigrement et le mépris de soi.


La socialisation de la reproduction humaine – le remplacement de la famille – rendra les rapports sexuels encore plus insignifiants, les relations personnelles, banales et tout intérêts pour quoi que ce soit de postérieur à la mort, quasi impossible.


Les femmes qui renoncent à la sécurité de rôles sociaux bien définis et contraignants ont toujours été en butte à l'exploitation sexuelle, parce qu'elles abdiquent alors tout droit à la respectabilité. Toutes les femmes partagent les avantages et les inconvénients de leur libération, lesquels se résument au fait de ne plus être traitées en dame par les hommes.


Le culte de l'intimité dissimule mal la crainte grandissante de ne jamais la trouver. Les relations personnelles s'effondrent sous le poids émotionnel dont elles sont chargés. L'incapacité de s'intéresser à quoi que ce soit après sa mort, qui fait naitre un besoin si pressant de nouer des relations intimes dans le présent, rend ces dernières plus que jamais insaisisables. Les mêmes phénomènes qui ont entrainé le relachement des biens entre parents et enfants ont également porté atteinte aux relations hommes et femmes. De fait, la détérioration du mariage entraine d'amblée la dégradation des soins apportés aux jeunes.


Privé des illusions que conférait la courtoisie, homme et femmes éprouvent plus de difficultés qu'auparavant à établir des rapports amicaux ou amoureux. Les hommes imposent leur domination de façon plus directe, dans les fantasmes et de temps en temps par des actes d'une extrême violence. Le comportement à l'égard des femmes est passé du respect au viol.


Les humanistes affirment que le grand âge doit être considéré comme une catégorie sociale, et non biologique. Envisagé sous cet angle, le problème moderne de la vieillesse tient moins à une diminution physique qu'à l'égard des personnes âgées, à son refus de tirer profit de la sagesse que celle-ci ont acquise, et à la volonté de les repousser aux confins de la vie sociale.


Ainsi, nos attitudes à l'égard du vieillissement ne sont pas fortuites. Elles sont dues à une longue évolution sociale qui a redéfini le travail, crée la rareté de l'emploi, dévalorisé la sagesse millénaire et jeté le discrédit sur toutes les formes d'autorité, y comprit celle de l'expérience.


L'émergeance de la personnalité narcissique reflète, entre autres, une évolution radicale dans notre de percevoir le temps historique. Le narcissisme apparaît comme la forme typique de la structure du caractère dans une société qui a perdu tout intérêt pour l'avenir.


La justice médicale, tout comme la pédagogie et l'éducation éclairées, tend à promouvoir la dépendance, en tant que style de vie. Les modalités de la pensée et de la pratique thérapeutiques préservent leur objet, le patient, de tout jugement moral et l'exemptent de toute responsabilité morale.


Etant donné la pauvreté de sa vie intérieur, Narcisse se tourne vers autrui pour avoir le sentiment d'être. Il a besoin qu'on l'admire pour sa beauté, son charme, sa célébrité ou son pouvoir – attributs qui, en général, s'estompent avec les années. Incapable de parvenir à des sublimations satisfaisantes, sous forme d'amour ou de travail, il se rend compte qu'il dispose de bien peu quand la jeunesse le quitte. L'avenir ne l'intéresse pas et il ne fait rien pour s'accorder les consolations traditionnelles de la vieillesse, dont la plus forte est l'espoir que, d'une certaine manière, les générations futures poursuivent la tâche de sa vie.


La réelle valeur de la sagesse accumulée au cours d'une vie réside dans le fait de pouvoir en faire bénéficier les générations futures. Or, notre société a perdu cette conception de la sagesse et de la connaissance. L'ancienne génération ne peut rien enseigner à la jeune, selon la logique de ce raisonnement. Les gens s'accrochent à l'illusion de la jeunesse jusqu'à ce que cela deviennent impossible ; à ce moment là, ils doivent soit accepter d'être de trop, soit plonger dans un morne désespoir. Aucune des deux solutions ne permet de conserver beaucoup d'intérêt pour la vie.


La futurologie, dans son engouement pour une utopie technologique à venir (tellement à l'opposé d'un souci authentique pour la postérité) est incapable de voir ce qui se passe sous ses yeux. Privée de toute perspective historique, elle n'a pas les moyens de reconnaître le futur, lorsqu'il appartient déjà au présent immédiat. Ceux qui se targuent d'affronter le choc du futur sans blêmir, reculent devant la plus effrayante de toutes les pensées : la société stagne, et ce n'est pas une éventualité mais une réalité, qui nous tient déjà dans ses griffes. En effet, le mouvement en faveur de la prolongation de la vie est le propre reflet de la stagnation de la culture du capitalisme finissant.


Pourtant la crainte du grand âge ne provient pas d'un culte de la jeunesse, mais d'un culte du moi. Par son indifférence narcissique à l'avenir des générations futures, et tout autant par sa vision grandiose d'une utopie technologique sans vieillesse, le mouvement pour la prolongation de la vie est un bon exemple du fantasme de pouvoir absolu et sadique, qui imprègne si profondémment la vision du monde de Narcisse. L'inspiration et les origines psychologiques de ce mouvement sont pathologiques comme est supertitieuse sa foi dans le salut par la médecine : il exprime, sous une forme caractéristique, les angoisses d'une culture qui croit n'avoir plus d'avenir.


La plupart des méfaits narcissique ont pour origine une nouvelle forme de paternalisme, qui s'est développé sur les ruines de l'ancienne, celle des rois, des prêtres, des pères autoritaires, des esclavagistes et des grands propriétaire terriens. Le capitalisme a, sans doute, rompu les liens de l'assujetissement personnel, mais recrée une autre dépendance, sous couvert de rationalité bureaucratique. Il absout l'individu de toute responsabilité morale et le traite comme une victime des conditions sociales.


En prolongeant le sentiment de dépendance jusque dans l'âge adulte, la société moderne favorise le développement de modes narcissiques atténués chez des gens qui auraient peut-être accepté les limites inhérentes à la condition humaine. La société rend de plus en plus difficile à l'individu de trouver satisfaction dans l'amour et le travail, mais elle l'entoure simultanément de fantasmes fabriqués qui sont censé lui procurer une gratification totale. Non content d'encourager les rêves grandioses d'omnipotence, il étouffe les fantasmes plus modestes, et affaibli l'aptitude de l'individu à se laisser aller à croire.


Non content de mettre les personnalités narcissiques sur un piédestal, la société capitaliste moderne provoque et renforce les traits narcissiques en chacun de nous. Elle le fait de nombreuses façons : en montrant le narcissisme de manière éclatante et sous des formes extrêmement séduisantes, en affaiblissant l'autorité des parents et en créant tant d'occasions d'assujetissement à la bureaucratie. Elle rend de plus en plus difficile aux individus de se débarrasser de leurs terreurs infantiles ou d'apprécier les consolations de l'âge adulte.


Dans le régime capitaliste, tout un chacun est l'architecte de son propre destin. Mais en régime socialiste (pas de compromis possible entre ces deux système), on doit sa promotion, non pas à ses accomplissements, mais à la faveur de ses supérieurs.


Si l'idéal du Moi ne rencontre pas une continuité dans la vie sociale, entretenue par des idéaux universels et communs, le champ social, la relation aux autres et les conséquences des actes de l'individu sur la collectivité perdent de leur valeur. Chacun reste avec lui-même, comme un désert.


Cessons d'accuser à tout bout de champ (même s'ils le méritent) les juifs, immigrés, francs-maçons, illuminatis, télévision ou féministes : son drame, le peuple français l'a fait tout seul, de par sa passivité politique qui est un acquiessement tacite. La politique du bouc émissaire ne mène nulle part. Si nous voulons sauver la France avant qu'il ne soit trop tard, il faut d'abord redonner un projet commun constructif, redonner du sens à la vie, un idéal transcendant.


En réalité, derrière le tabou de la dette se joue la lutte entre les détenteurs de capitaux et les contribuables. Ceux qui détiennent le capital et l'épargne sont, en majorité, les plus de cinquante ans, qui ont eu le temps d'accumuler ou d'hériter. Ils ont intérêt à ce que les dettes soient payés, car, s'ils ne sont pas encore rentiers, ils vont le devenir bientôt, lorsqu'ils seront à la retraite. Ils tiennent bon nombre des leviers de contrôle politiques et économiques dans nos sociétés. Les solutions qu'ils préconisent pour sortir de la crise ne font que protéger leurs intérêts, au détriment de ceux des classes d'âge qui suivent. Le chômage des jeunes en âge de travailler est leur cadeau sournois à leurs enfants et petits enfants. Le sauvetage de l'euro à tout prix est leur seul credo pour sauver leur épargne, et, donc, la dette. Cette génération – c'est un comble – est en grande partie à l'origine de la crise mondiale de l'endettement, parce qu'elle a consacré une bonne part de son intelligence et de son énergie à la déclencher. La génération libérale (après-guerre) a patiemment déréglementé, assoupli, libéralisé, rongé les protections, abaissé barrières et frontières, avec la puissance sans frein d'une colonie de termites. Toutes les idées et toutes les technologies disponibles ont été asservies à son objectif. La construction européenne a été littéralement phagocyte par la génération libérale.


La force et la brutalité de la crise, évidentes pour tous, ne doivent pas nous leurrer : elle vient de loin. Elle est le résultat de tous les défis non affrontés, de tous les avertissements non entendus, de tous les déséquilibres accumulés, de toutes les démesures tolérées, donc de tous les changements qui n'ont pas été faits à temps. Cette crise, aggravée par le laisser-faire individualiste qui l'a accompagnée, est l'expression d'une crise culturelle et morale de nos sociétés.


La créativité conduit ainsi à aborder la question des valeurs spirituelles et existentielles, le sens que l'on cherche à créer. Les intérêts égoistes sont sources d'inégalité et leur somme ne garantit pas l'intérêt général. Le civisme est le respect et l'attachement citoyen à la collectivité et au bien commun. La redynamisation du lien social constitue un levier d'action que l'on aurait tort de négliger, surtout pour combattre le chômage. L'argent et les marchés doivent être remis à leur vraie place de moyens. Il faut généraliser un vrai service civique en redéfinissant les finalités et les moyens d'une éducation populaire et citoyenne tout au long de la vie. Les idéologies qui portaient l'espoir de certaines parties du monde se sont effondrées pour n'avoir pas su ou voulu organiser une société de justice telle que promise. A ce jour, rien n'est venu prendre cette place laissé vacante. Le vocable de démocratie, encore hautement revendiqué, ne parvient plus à susciter en France un projet pour humaniser le ''vivre ensemble'' et mettre en marche une dynamique susceptible de créer un nouveau contrat social.


Le sionisme peut être interprété comme étant un mouvement juif planétaire ayant pour but d'interdire l'assimilation. Il est là pour stopper la disparition de la communauté juive mondiale.


A première vue, être défini par une négation ne semble pas poser de problème particulier. Pourtant, un examen critique plus approfondi de cette notion nous permettra de mettre en évidence certains aspects dévastateurs de cette forme de dialectique émancipée. La pensée éthique est sans doute la première victime de la dialectique de la négation. Pour penser moralement, authentiquement, sincèrement, la pensée organique est essentielle. La pensée morale à une orientation positive, authentique, sincère, qui incite le sujet à une introspection à la recherche d'une vision universelle. Un processus d'une telle nature implique une introspection poussée. La négation, quand à elle, requiert le contraire ; elle implique le furetage et la fouille de la pratique d'autrui. Loin de chercher à comprendre qui il est, le sujet défini négativement installe des relations avec son environnement, fondés sur un processus de décision purement pratique et pragmatique. Dans le meilleur des cas, il peut donner à voir un simulacre de pensée éthique, mais rien de plus.


Les gens qui succombent à la dialectique de la négation sont incapables d'engager un processus de paix et de réconciliation. La notion de paix risque d'entrainer un effondrement du mécanisme de la négation, pour lequel réconciliation signifie élimination. Chez les autres, les gens aiment les qualités qu'ils aimeraient avoir, mais qu'ils n'ont pas, en réalité, en quantité significatives. Aussi ne détestons nous chez autrui que ce que nous ne souhaitons pas être, mais que nous sommes, néanmoins, partiellement. Nous ne haissons que les qualités dont nous sommes proches, mais que nous repérons au premier abord chez d'autres.


Le génie nous dit toujours quelque chose que nous ne connaissions pas au sujet du monde. Le savant observe le monde matériel, et le philosophe étudie le royaume des idées. L'artiste trouve différentes approches en procédant à l'introspection.


L'homme et la femme sont des types. L'apparence individuelle est fondamentalement une manifestation d'un mélange des deux caractères sexuels. Chaque individu est un composé de ces deux types, en des proportions variables. Certains hommes sont plus virils que d'autres, et certaines femmes sont plus féminine que les autres.


Le lien entre un homme et une femme se traduit par une unité de virilité et de féminité à laquelle les deux partenaires contribuent mutuellement. Chacun des partenaires contribue à la formation d'une formation d'une féminité et d'une masculinité plus importantes.


L'autodétermination n'a de sens qu'au sein du discours progressiste qui reconnaît ce droit et le fonde sur la notion d'individualisme éclairé. Il s'oppose à la culture tribale qui donne la priorité à la survie de la tribu sur la consécration de l'individualité.


Autant le droit à l'autodétermination se présente comme une valeur politique universelle et éthique, autant, dans bien des cas, il est utilisé en tant que mécanisme oppressif de division conduisant à des abus commis contre d'autres.


Dans tout amour, c'est lui-même que l'homme aime et rien d'autre. Non pas sa subjectivité, non pas ce qu'il représente réellement en tant qu'être faible et vulgaire, lourd et d'esprit vétilleux, mais ce qu'il veut être tout entier, son essence véritable et profonde, en un mot son essence intelligible, libre des misères de la nécessité et de la condition terrestre. Vivant dans l'espace et le temps, cet être se trouve mêlé aux scores du sensible, il ne se présente pas dans la pureté, la splendeur, de son origine ; aussi profondément qu'il puisse descendre en lui, son Moi est troublé, souillé, et nulle part il ne voit ce qu'il cherche en toute limpidité et à l'état immaculé. Et pourtant, il n'a pas de besoin plus pressant, n'aspire à rien si ardemment, qu'a être absolument et totalement lui-même. Et ce but vers lequel il tend, il doit le penser en dehors de lui-même pour pouvoir mieux en approcher. Il projette donc son idéal d'un être absolument valorisé, mais qu'il ne parvient pas à isoler en lui, sur un autre être que lui, et c'est cela que signifie le fait qu'il aime cet être seul.


J'imagine que le ''tend l'autre joue'' (de l'évangile) est une manière efficace de défier « l'oeil pour oeil » de l'ancien testament. Tendre l'autre joue, c'est ce que l'on fait communément afin de désarçonner un agresseur. Toutefois, c'est sans doute aussi la seule mesure qui puisse être prise afin d'éradiquer la terreur qui est en nous, cette agression qui fermente en nous au fur et à mesure que nous nous adonnons à la vengeance. Cela peut être aussi très efficace pour désamorcer notre colère par l'acceptation (d'autrui), nous nous désarmons nous-mêmes. Nous donnons alors une chance à la paix.


Pour les marxistes, la rédemption signifie l'édification d'un nouvel ordre mondiale, à savoir un paradis socialiste, un monde dominé par une politique dogmatique de la classe ouvrière.


La religion de l'holocauste est de toute évidence judéo-centrique jusqu'à la moelle. Elle définit la raison d'être juive. Pour les juifs sioniste, elle signifie un épuisement total de la diaspora et elle fait du goy un assassin irrationnel en puissance. Cette nouvelle religion juive prêche la revanche. Il pourrait bien s'agir de la religion la plus sinistre de tous les temps, car, au nom de la souffrance juive, elle délivre des permis de tuer, d'écraser, de nucléariser, d'annihiler, de piller, d'épurer ethniquement. Elle a fait de la vengeance une valeur acceptée en occident.


La religion de l'holocauste est le stade final, conclusif, de la dialectique juive ; c'est la fin de l'histoire juive puisque c'est la plus profonde et la plus sincère des formes d'amour de soi. Au lieu d'avoir besoin d'un Dieu abstrait pour désigner les juifs en tant que peuple élu, dans la religion de l'holocauste, les juifs se passent de ce divin intermédiaire et ils s'élèvent eux-même, tout simplement. La politique identitaire juive transcende la notion d'histoire – Dieu est le maitre de cérémonies. Le nouveau Dieu juif, à savoir « les juifs », ne peut être assujeti à une quelconque occurrence contingente humaine. Il en découle que la religion de l'holocauste est protégée par la loi, alors que toutes les autres narrations historiques peuvent être débattues ouvertement par des historiens, des intellectuels et des gens comme vous et moi. L'holocauste se présente comme une vérité éternelle transcendant tout discours critique.


Clairement, la religion de l'holocauste sert à la fois les discours politiques juifs de droite et de gauche, mais il séduit tout aussi bien les goyim, en particulier ceux qui prônent et plaisent le massacre au nom de la liberté, de la démocratie et de l'interventionnisme moral.


L'antagonisme est fondamental pour le processus de féchitisation sous-jacent à l'identité, parce que l'on a tendance, précisément, à parler de qui l'on est ou de ce que l'on est, dans un moment ou cette identité semble menacée. Je commence à me qualifier moi-même de ceci ou de cela, ou de tel représentant d'une communauté imaginaire, au moment ou quelque chose semble menacer de dépersonnaliser l'être que représente le nom que je prononce. Les termes identitaires commencent à être utilisés au moment précis ou, pour telle ou telle raison, l'on en vient à ressentir qu'ils signifient un être ou une entité pour la défense desquels on va devoir se battre.


Diriger un pays n'est pas une tache facile. Cela requiert indubitablement du talent et une certaine formation. Par le passé, nos dirigeants élus étaient des hommes politiques expérimentés qui avaient déjà mené quelque chose à bien dans leur vie, que ce soit dans le domaine des recherches universitaires, dans le monde de la finance, dans l'industrie ou dans l'armée. Par le passé, nos candidats aux postes suprême auraient un cv à nous montrer. De toute évidence, ce n'est plus le cas. Election après élection, nous sommes confrontés à un ''choix démocratique'' consistant à accorder notre vote à tel ou tel jeune looser ridicule, des ''stars'' politiques en pleine ascencion irrésistible, des gens qui n'ont en réalité jamais rien fait dans la vie et ne sont pas qualifiés pour diriger un pays. Nous sommes prisonnier d'un système politique catastrophique qui prétend refléter notre ''libre choix''.


Le révisionnisme historique est la véritable essence de la pensée historique. En effet, il remodèle la passé au travers d'une perspective future imaginaire, et inversement. Le révisionisme est imprégné de la compréhension la plus profonde possible de la temporalité, et il est par conséquent inhérent à l'humanité et à l'humanisme. Il est évident que les gens qui s'opposent au révisionisme historique ne font qu'agir, dans la pratique, à l'encontre des fondements de l'humanisme.


Voici ces Français, qu'on dit – plus que tout autre, ingouvernable ; qui détiennent le records des révoltes, des effondrements de régime, des luttes civiles, des malheurs collectifs. Et voici les mêmes passivement soumis à leur administration, et amoureux (toujours déçus) de l'autorité ; rebelle à leur état, en même temps qu'inapte à vivre sans ce tuteur tracassier.


La mémoire consciente de chaque peuple est de plus en plus courte. Sans cesse, l'actualité est supplantée par la ''dernière heure'', vite chassée par la ''spéciale dernière''. La vie d'une information -et même d'une mode intellectuelle'' – se réduit de plus en plus. Le citoyen moderne est soumis à un bombardement de nouvelles, dont l'abondance même l'empêche de distinguer ce qui devait compter davantage. Il est sur-informé et sous-informé. On voit de près ; les perspectives lointaines échappent. Le sensationnel recoure le sens.


Chaque peuple a tendance à se prendre pour le nombril du monde. Cependant, cet ethnocentrisme revêt deux formes opposées. Tantôt, il consiste à plaindre les autres d'être différents, mais à considérer cette différence comme irrémédiable ; par suite à l'admettre et, dans une certaine mesure, à la respecter. Tantôt, l'ethnocentrisme se fait assimilateur.


Socialisme / communisme : système de gouvernement ou les moins capables de gouverner sont élus par les moins capables de produire et ou les autres membres de la société les moins aptes à subvenir à eux-même ou a réussir sont récompensé par des biens et des services qui ont été payés par la confiscation de la richesse et du travail d'un nombre de producteurs en diminution continuelle.


Ceux qui fabriquent l'opinion en France font toujours passer l'accessoire avant l'essentiel. Qui se souviendra dans dix ans, sauf ceux qui font profession d'assaillir l'état au nom des catégories qu'ils représentent ?


Du général de Gaulle : « La France, elle tiendra bon si les français gardent le goût, de concevoir des ambitions en son nom, d'être exigeants pour elle. S'ils n'avaient pas, pour se rassembler, leur fierté nationale, un grand dessein qui les dépasse, ils se dissoudraient, ils se vautreraient dans la médiocrité, ils se feraient coloniser, ils se rueraient dans la collaboration avec les vainqueurs ».


Nous avons tendance à appeler ''démocratique'' le système qui traduit le mieux l'opinion – ou plutôt les opinions, diverses et versatiles, les obsessions, paniques, volontés de puissance ou de destruction qui flottent dans l'âme d'un peuple. Mais si le régime démocratique est seulement le miroir d'une conscience collective en déroute, il ne fait qu'ajouter à cette déroute.


De Gaulle : « Les français sont atteints d'un mal profond. Ils ne veulent pas comprendre que l'époque exige d'eux un effort gigantesque d'adaptation. Ils s'arc-boutent tant qu'ils peuvent, pour faire obstacle aux changements qu'elle entraîne. Regardez le passé : se sont-ils jamais montrés capables de s'organiser spontanément, d'investir, de produire, d'exporter par eux-même ? Non. Ils attendent passivement que la puissance publique fasse tout à leur place. Il faut que ce soit elle qui veille à tout, qui vaque à tout, et spécialement aux transformations nécessaire ; ensuite ils les refusent, parce que c'est elle qui les leur apporte. Ils ne se conduisent pas en adultes.


Souvent, nous ne voyons pas les choses telles qu'elles sont, mais telles que les groupes de pression nous les présentent. D'ou de curieuses inversions de climat. En l'absence de danger réel, les intérêts particuliers poussent leur chansonnette, et nos oreilles en sont si pleines que l'anxiété nous gagne. Ils se taisent quand le drame approche, nous glissons à l'euphorie dans l'unité retrouvée. La centralisation bureautique, les affirmations dogmatiques, l'esprit d'abstraction, le sectarisme manichéen, le cloisonnement en castes hostiles, la passivité du citoyens, coupée de brusque révoltes, l'incompréhension de la croissance, le malthusianisme démographique et social. Une force massive d'inertie dissuade et dissout les essais de réformes ; les seules qui prennent sans mal sont celles qui flattent notre individualisme.


Le pouvoir ne cesse d'être l'impuissance, que lorsque donnant leur chance à quelque talents, il permet de choisir des êtres dignes de confiance, de leur donner une mission, et de les rendre pleinement responsables de son exécution.


On ne fait jamais de neuf ! Ce sont là des fantasmes d'adolescents ou de romantiques. On doit se contenter de poursuivre une tapisserie entamée par d'autres, et dont la trame vous est imposée ! Une nouvelle société, c'est impossible ! La société est ce qu'elle est ; il faut vivre avec. Rien n'est pire que de vouloir faire rêver les français. Ce n'est pas ce qu'ils attendent de nous. Ou bien ils ne nous croiront pas, ils nous prendront pour des démagogues ou des illusionnistes, ce qui est contraire à l'image qu'ils se font de nous. Ou bien ils nous croiront, et plus tard ils se rendront compte qu'ils ont été bernés ; ils ne nous le pardonnerons pas. Ayons le sens du réel !


Trop de décentralisation : ces idées sont celles d'irresponsables qui cherchent à démanteler l'état. C'est l'état qui doit commander. Et dites vous qu'il n'y a que nous pour le défendre : nos adversaires veulent le voir disparaître : notre devoir est de le préserver. Et d'abord de le garder. Avec ces idées d'ouverture et de changement, on ne provoque que des courants d'air et on prépare sa propre éviction. La france est une nation avant d'être une société. Elle n'a été créée, elle n'a survécu, que comme nation. Et cette nation n'a été sauvée que par son état. De nouveau, aujourd'hui que la société se décompose, respectons et protégeons ce qui tient encore, et qui seul peut encore nous tirer d'affaire : l'état et la nation. Remontons sur les hauteurs de l'intérêt national ! Raidissons nous pour que notre pays reste une entité libre de ses décisions ! Non au marxisme inconscient et mal digéré ! A ce jeu là, nous serons toujours battus.


On parle des français comme s'ils étaient anglo-saxon. Depuis près de 3 siècles, on idéalise la société anglo-saxonne : cette société, c'est celle de l'argent, elle est oligarchique, méprisante aux humbles, et au moins aussi conservatrice que la nôtre, avec ses rites immuables. Elle a des défauts énormes, inhumains, inacceptables.


La ''société bloquée'', la ''nouvelle société'', le ''nouveau contrat social'', le ''changement'', c'est un langage bon pour des intellectuels parisiens qui ne savent pas reconnaître une vache d'un taureau ; qu'on ne prétende pas gouverner la France avec ces amusettes.


Notons seulement que cette inversion de sens coincide avec l'établissement définitif des réseaux de la centralisation et du dirigisme. Avec une flexibilité écrasante, rendre nécessaire par la constitution d'un appareil d'état tentaculaire et par des dépenses de souveraineté excessives. Avec des élites stérilisées, des initiatives découragées, un préjugé nobiliaire qui rend l'ascension sociale presque impossible pour quiconque n'est pas ''né'' – sauf à être anobli. Avec un préjugé antiéconomique, qui écarte de l'activité commerciale, industrielle et bancaire ces élites figées. Les pensions, les rentes de situation, la vénalité des charges. Avec l'incapacité de renouveler les méthodes. Telles sont les pesanteurs qu'ont longtemps dissimulées les fastes de la cour.


C'est cette tendance naturelle de la valeur d'échange à s'émanciper progressivement de toute valeur d'usage réelle (consommateur ostentatoire) qui explique les difficultés politiques croissantes (en partie) auxquelles se retrouve aujourd'hui confronté le vieux mouvement d'émancipation des individus et des peuples.


Sous ses structures monarchiques centralisées (sanctifiées par l'église) le système féodal contribuait à maintenir des pans entiers de vie communautaire et d'autonomie locale – que le principe d'égalité continuait d'irriguer en profondeur. Tel était le cas de ces droits coutumiers de ''vaine pature'' et de ''parcours'' qui permettaient, depuis des siècles, aux paysans les plus pauvres de nourrir leur bétail sur les terres communes et privées du village, une fois terminée la saison des récoltes. Ce n'est donc que sous la pression idéologique croissante des premiers économistes libéraux influencés par le modèle anglais qu'allait progressivement apparaître l'idée que le droit de clôturer ses propriétés personnelles et d'en interdire ainsi l'accès aux paysans les plus démunis, constituait l'une des exigences les plus essentielles d'une société libre.


Un gouvernement républicain de gauche a prit sur lui la responsabilité historique d'abolir définitivement – loi du 9 juillet 1889 – les dernières dispositions juridiques et coutumières qui protégeaient encore les communautés rurales contre le déchainement de l'individualisme possessif propre à la société industrielle.


Or si le processus de corruption par l'échange marchand des rapports humains fondés sur le don est relativement bien connu, il n'en va pas de même des effets similaires qu'engendre nécessairement le droit abstrait dès lors que celui-ci en vient à être pensé comme une fin en soi dont le déploiement tenu pour libérateur est censé pouvoir se poursuivre à l'infini (c'est ce processus que la machine médiatique a entrepris de sacraliser sous le terme de ''lutte contre toutes les discriminations).


La logique du don repose sur le sentiment jusqu'ici universel que le ''retour'' d'un présent offert ou d'un service rendu ne peut jamais être garanti et, encore moins, exigible comme un ''dû'' (c'est-à-dire comme un droit). Elle implique, au contraire, cette liberté essentielle que l'autre a de ne pas rendre, qui, seule, peut donner un sens humain à l'éventuel ''contre-don'' et fonder ainsi, entre les partenaires de l'échange symbolique, des rapports d'amitié basés sur la confiance réciproque.


C'est dans le contexte d'un capitalisme revenu à son essence première, dérégulé à l'échelle mondiale et libéré de tous ses compromis historiques antérieurs comme la culture aristocratique et les idéologies nationale que l'on peut comprendre le déchainement contemporain de l'individualisme narcissique et du libéralisme culturel qui en est la traduction logique.


Une élite sûre de la vérité se croirait volontiers en droit d'imposer à tous ses préférences, par une contrainte détaillé. Elle serait même prête, elle le dit, à reconstituer la pénurie pour prémunir la masse contre les risques moraux de la croissance en liberté.


Le doit de chacun de vivre comme il l'entend – que tous les modes de vie se valent – n'a évidemment de sens que si l'on présuppose par ailleurs qu'il n'existe aucun moyen philosophique de s'accorder sur une définition minimale de la moralité. Un libéral est donc toujours conduit à écarter l'idée Orwelienne de décense commune.


Le préjugé libéral selon lequel tous les montages symboliques élaborés par l'humanité (institution du sacré et logique du don) seraient ''également'' arbitraire et pourraient donc, à ce titre, être remplacés à volonté par n'importe quel autre montage jugé plus moderne. Ce préjugé revient à se représenter la société comme un simple jeu de Lego.


La liberté de pensée et d'expression (habitudes d'honnêteté intellectuelle qui en sont la condition) se trouve, aujourd'hui, terriblement menacée, parce que nombre de nos intellectuels sont en train de renier cette tradition. Ils ont adopté la théorie selon laquelle ce n'est pas d'après ses mérites propres mais en fonction de l'opportunité politique qu'un livre doit être publié ou non, loué ou blâmé. Et d'autres, qui en réalité ne partagent pas cette manière de voir, l'acceptent par simple lâcheté.


Un individu n'est pas seulement un esprit, il est aussi un corps. Dans la morale Chrétienne, l'âme et le corps sont indissociable. Le Christianisme se fonde sur l'incarnation : Dieu se fait homme. Le Christianisme croit en la résurrection des corps, de sorte que les fins dernières ne s'arrêtent pas au salut de l'âme, mais à ses retrouvailles avec son corps. Voila pourquoi la morale qui en découle interdit de porter atteinte à l'intégrité physique du corps, de quelque manière que ce soit, et quel qu'en soit le but. Parce que nous sommes notre corps, le Christianisme associe étroitement les vertus de l'âme à celle du corps.


Le corps est spécifique par rapport à l'âme. Il possède 2 pulsions : la pulsion sexuelle et la pulsion de la violence. Ces pulsions, si puissantes soient-elles par leur nature même, peuvent et parfois doivent, par le biais de la morale, être contenues, comme l'agressivité par exemple. La sexualité est donc une pulsion, nullement un besoin au sens fort du terme, un besoin naturel.


La morale sexuelle se présente ainsi : il faut aimer pour faire l'amour. Laisser le corps obéir indistinctement à ses pulsions, c'est le laisser mentir à l'âme qui est l'autre part de soi-même : sorte de schizophrénie d'un genre particulier, ou l'âme ne dit pas ce que dit le corps. Discipliner le corps, c'est donc le retenir à l'esprit qui l'anime.


Une révolution n'est pas essentiellement un désordre, une volonté de chaos. Ce désordre existe d'abord, sans doute, puisqu'il est nécessaire pour renverser l'ordre que l'on combat. Mais se contenter d'un simple renversement, qui nous met le tête en bas, conduit inévitablement une révolution à l'échec. C'est pourquoi l'anarchie n'a jamais réussi. En effet, par de-delà les différences qui distinguent les régimes les uns des autres, et si grandes puissent être ces différences, le pouvoir loge dans un sanctuaire inviolable, gardant auprès de lui tout ce qui lui est nécessaire, tout ce qui le constitue constamment.


La religion enseigne en effet qu'il faut détester le Mal, ou le péché, mais aimer son prochain en toutes circonstances. C'est ainsi que le pêcheur est invité à détester son péché, de façon à se repentir et demander le pardon de ses fautes. Donc, on détestera son péché, mais on aimera le pêcheur. La charité consiste alors à ne pas tolérer, ni respecter en quoi que ce soit, et même à combattre ; mais prier en même temps pour le salut de leur âme, en un mot : à les respecter en tant qu'homme, mais à détester le mal qu'ils comment.


Le divorce légalisé fit une brèche sur les remparts du mariage, institution par excellence. Le mariage est en effet un acte social, qui assure la continuité de la cité, produit de nouveaux citoyens, personnes juridiques, acteurs économiques et politiques. Le mariage était le seul cadre reconnu pour la protection et le soutient de l'enfance.


La droite professe une pensée ambivalente. Elle considère que la morale se tient au-dessus des lois, parce que la dignité de l'homme, créature de Dieu, passe avant tout le reste. En cela, elle enseigne que la cité doit être ordonnée à l'homme, que l'état ne doit pas devenir une abstraction surhumaine, donc inhumaine, placée au-dessus de la dignité des personnes. Mais simultanément, elle professe que le bien commun, l'intérêt collectif doit passer avant les appétits ou les égoismes individuels : d'ou un certain nombre de devoirs civiques qui, cette fois-ci, ordonnent l'individu à la cité. L'art du bon gouvernement consiste à trouver un équilibre entre cette préminence de l'autorité et le respect dû à chaque créature. Dans la mesure même ou elle cultive l'utopie, propre à exalter l'imagination, l'espoir ; tandis que la droite adopte des positions réalistes et ennuyeuses ; la gauche est par nature plus idéologique que la droite. Or nous savons que le propre de l'idéologie est de refuser les réalités de ce monde, et donc, parmi ces réalités, la nature humaine.


L'anarchie ne donnait pas seulement un sens absolu à la bonté de l'homme, mais aussi une confiance absolue : la réalité du monde décevra cette confiance. Cependant, il s'est trouvé des théoriciens de gauche ayant suffisamment les pieds sur terre pour comprendre que l'absence de pouvoir et d'organisation est impossible. Tout en demeurant fidèle à l'idée que le pouvoir est essentiellement mauvais, ils admettaient son utilité : le pouvoir était donc un mal, mais un mal nécessaire.


La seule philosophie suffit à comprendre que l'homme a besoin, à cause de sa nature imparfaite, d'une sorte de joug, d'un lien qui le maintienne en état de sujétion à quelque chose d'autre qui est plus grand que lui, et qui est seul garant de son salut : l'homme ne peut se garantir lui-même. Tout ce quoi l'homme est une puissance, tout ce en quoi l'homme est capable d'agir, l'homme est un être malade, qui a besoin de guérison, de réconciliation : l'homme doit être garanti contre lui-même, assujetti à des obligations intransgressibles. Sous cette perspective, le pouvoir, loin d'être une mauvaise chose en soi, est essentiellement bienfaisant, en ce qu'il consiste à endiguer une chose à la fois bonne et mauvaise, capable du meilleur comme du pire : l'homme. Le pouvoir ne devient mauvais que si l'homme le rend mauvais, et c'est pourquoi l'idéal est donc de s'efforcer d'installer un pouvoir qui échappe le plus possible aux incertitudes nées de soubresauts positifs ou négatifs de la nature humaine. C'est pour répondre à cette nécessité que s'impose alors le principe de l'institution.


Selon la logique de la droite, l'homme est libre, mais il n'est pas parfait. Sa liberté doit donc être soumise, en matière morale, à des obligations et en matière politique, assujettie à un bien supérieur.


Nous vivons tous individuellement, à l'état séparé, et ce qui peut nous réunir n'est donc pas en nousmême, puisqu'aucun d'entre nous n'a le pouvoir de produire des choses qui ne lui appartienne pas en propre.