FORCE DE REFLEXION 08

 

Je n’admets pas qu’un petit groupe de politiciens me considère comme leur chose et me marque d’un passeport pour bien marquer leur propriété sur moi. Il n’y a pas un lieu sur terre où je n’ai autant qu’un autre le droit d’aller, et il n’existe aucune raison pour qu’un homme ou un groupe d’hommes s’octroie des droits sur ma liberté. Si l’on accepte ce concept, alors personne non plus ne peut détenir ce qui appartient à tous: l’air, l’eau, toutes les ressources de la nature sont à tout le monde. Je n’admets pas que quelques-uns ayant massacré les habitants d’une région, s’étant approprié ainsi des sources d’eau, établissent leurs droits sur cette eau, transmettent ces droits à leurs descendants qui la mettent en bouteille et me la vendent. Je veux que toutes les ressources naturelles soient à tout le monde et non à ceux qui disposent de la force pour s’installer sur le territoire producteur et imposer leur propriété sur ces ressources naturelles! Cela vaut autant pour le pétrole que pour les eaux ou les mines de toutes sortes. Toutes ces ressources appartiennent à quelques familles qui n’ont eu d’autre mérite que des ancêtres criminels, une criminalité qui ne disparaît pas lorsqu’il s’agit d’un Etat. Le vol de l’uranium du Centre Afrique est un vol, même si des politiciens français se sont votés une loi pour donner un aspect légal à leur crime. Même chose pour les familles anglaises et le pétrole du Moyen-Orient, les mines d’or du Pérou ou de diamant d’Afrique du sud ! Toutes les ressources doivent être exploitées par des sociétés ne faisant aucun bénéfice, sociétés qu’autrefois on aurait dénommé “nationalisées” mais qui aujourd’hui doivent être “mondialisées”, c'est-à-dire appartenir à tout le monde.

 

Il est impossible de raisonner un peuple qui a décidé de mourir. Un peuple qui élit des corrompus, des renégats, des imposteurs, des voleurs et des traitres n'est pas victime ! Il est complice.

 

La Révolution - le Grand Soir pour les communistes - n’en finit pas de se faire attendre, comme une poule de luxe. La der’ des der’ de l’émancipation des peuples contre l’oppression des possédants n’arrivent pas à se manifester, à éclater. Or, les facteurs s’accumulent : chômage structurel irréductible, immigration de remplacement, gens fortunés ne payant aucuns impôts (privilèges d’avant 1789…), perspectives économiques nulles, robotisation inéluctable… Et pourtant, les politiciens et leurs maîtres banksters n’ont jamais aussi bien dormi : ça s’empiffre et baise à tout rompre, sans inquiétudes. C’est l’inertie absolue… En cause, un corps spécialement constitué - la police - qui « agit sur la matière » pour maintenir le statu quo : protection de la propriété privée des biens de production, collecte du racket de l’état-mafieux (les impôts), répression des contestations populaires (grèves, manif’…) et, s’il reste des sous, la paix sociale entre prolo’ : qu’ils ne se ramènent pas à l’usine avec un bras cassé ! Mais pour le contrôle des esprits – premier rempart du Système – il faut une doctrine ad hoc : le gauchisme. A ce jour, elle domine l’ensemble du corps social, à gauche comme à droite…comme prévu. Le gauchisme s’est essentiellement nourri du cadavre du nazisme, mais évidemment…en négatif : ses dogmes incarnent son exact contraire, son anti-thèse. Les banksters y ont quant à eux trouvé leurs comptes, puisque le gauchisme rejette l’idée d’un état fort et donc interventionniste. Ex : interdire les licenciements « à la sauce Poutou », ça ne vaudra jamais une nationalisation en bonne et due forme… Les priorités du gauchisme confinent ainsi la lutte des classes au domaine de l’impuissance assumée, en mode procrastinatique ; et d’engager logiquement des luttes sociétales comme autant d’objectifs idéaux. Les banksters sont tranquilles… Concrètement, s’il y a des riches et des pauvres, on n’y peut rien MAIS l’orientation sexuelle, l’appartenance raciale ou les convictions religieuses dont sont porteurs les membres d’une société, doivent impérativement se retrouver dans ces deux catégories socio-économiques en proportion de leurs poids statistiques respectifs. Sinon, ce sera la guerre… L’exactitude mathématique est ainsi convoquée…parce que fondamentalement elle rassure : le gauchiste est en effet un être fragile sur le plan affectif et psychique, il a besoin de repères structurants. Son appartenance au gauchisme est d’ailleurs constitutive de toute son identité personnelle : le gauchiste ne lit pas, ne rêve pas si ce n’est en rapport avec le…gauchisme ! Son univers intellectuel se superpose à son espace physique, sorte de fétichisme politique au quotidien fait de totems et de tabous : quand il va à la boucherie, il pense au végétarisme ; quand il voit un couple se disputer, il pense au machisme ; les gaz d’échappement d’une voiture ? La destruction de la planète ! , etc.... Le gauchiste étouffe sous le poids de l’orthodoxie exacerbée. Il est d’ailleurs sujet à ce que d’aucuns appellent les mini-agressions « fascistes » du quotidien : il suffit de le bousculer par inadvertance dans le métro pour être sur sa liste des « sales fachos ». En ce sens, le politiquement correct lui tient lieu d’oxygène : un seul écart de langage (nain, vieux, pédé, basané…) et l’air s’en trouve chassé de ses poumons - ce qui entraîne le réflexe de prise d’air qu’on constate systématiquement chez le gauchiste en de telles circonstances. Le gauchiste a quelque chose du gosse de riches qui ne veut pas essuyer la vaisselle mais plutôt jouer à ses jeux-vidéos. Plus lâche que pacifiste, il veut croire au changement de société par clics de souris interposés ou par des bougies alignées sur les lieux d’actes terroristes, parce que…fondamentalement ça l’arrange, vu qu’il est lâche et fainéant. Le gauchiste est aussi marqué par un besoin compulsif de compenser les méfaits de son action politique (qu’une partie de lui-même appréhende) en alimentant sa bonne conscience : exercice compliqué puisqu’il ne peut porter à sa conscience les contradictions du gauchisme (ex : suicide despères éconduits dans leurs droits de garde de leurs enfants…) sans risquer sa remise en cause, fatidique pour son identité. Le gauchiste est - pour rappel - affectivement lié au gauchisme, en cause des parents absents depuis l’enfance…car jouisseurs invétérés. Par exemple, le gauchiste va distribuer une soupe chaude aux clochards à Noël, et d’en parler comme d’un acte de solidarité ; pas parce que c’est de la solidarité (vu que ce n’est QUE de la charité) mais parce qu’ainsi qualifié, il va pouvoir la jouer Che Guevara, et ce à moindre frais – il ne remet donc pas en cause la ligne libérale-libertaire du gauchisme, vu que distribuer de la soupe est de l’ordre du budgétisable. Et puis, ça permet toujours à la société de respirer ; de lâcher la pression pour que ça ne casse pas « net » : si tout le monde s’y retrouve, même les clochards… où est le problème ? Le gauchisme est donc aussi une sublimation : pas de pleinemploi mais le mariage homo’, pas de logements pour tous mais le tri sélectif des déchets, rien pour les maladies dites orphelines mais des « ice-bucket challenge », pas de remboursements des médicaments mais la 4G partout… Une hiérarchie entre gauchistes s’est établie, implicitement : les suiveurs, qui n’ont rien d’autres à faire et qui regardent leurs camarades s’activer sur les estrades de Nuit Debout (surtout les poitrinaires qui parlent fort), les coeurs tendres, en quête d’exploits romantiques exaltant le courage et la virilité, façon Méric…, et la crème : les anti-fa, fanatiques qui ont sublimé leurs engagements à un niveau d’hystérie, du domaine du religieux. Pour ceux-là, le gauchisme incarne carrément le Bien en lutte contre le mal, càd les autres. Ils sont la quintessence du gauchisme : le contrat sioniste est avec eux plus que rempli. Le gauchisme exige une élasticité des concepts et des locutions langagières : racismeS (envers les jeunes ?! pourquoi pas ?…), égalité (avec les animaux ? mais ouiiii !…), harcèlement (avec les yeux !? ça peut arriver…), droit à disposer de son corps (et donc de celui du bébé à naître…)… ; ainsi qu’une pratique consommée des raisonnements paranoïaques, des syllogismes abusifs et des sophismes alambiqués. Le gauchiste est un adepte des ratiocinations invraisemblables et de la pensée magique. Praxis : la liberté d’expression en phase avec la chasse à la contestation des bienfaits du mariage dit pour tous. Les perspectives du gauchisme dans un avenir proche ne sont pas réjouissantes, surtout pour leurs adversaires, càd virtuellement tout le monde. En effet, le gauchiste, confronté aux incohérences structurelles de sa doctrine face à la réalité qui-gagne-toujours-à-la-fin, a de plus en plus de mal à maintenir son équilibre psychique, le gauchiste n’ayant pas des capacités cognitives infinies : sa copine tourne lesbienne, les noirs de l’étage du dessus font vraiment beaucoup de bruit, ses neveux sont de sales gosses insupportables et mal-élevés, on parle dans sa boîte de délocaliser la « logistique » en Tchéquie (partir avec ?) Sa compensation catharsistique ne peut qu’être de nature violente. Et c’est le militant identitaire qui doit prendre, vu qu’il incarne la figure politique la plus proche du nazisme. Mais comme il est du genre « muscle-mou », ce dernier n’a rien à craindre… Ce qui est certain, c’est qu’il ne fera jamais tomber le capitalisme comme çà…

 

Les lamentations, les imprécations contre les attitudes qui nous ont conduits à une telle situation, sont également inutiles. Une attitude anti-scientifique, récusant la science au nom des risques qu'elle a entraînés, ne peut être qu'un comportement d'autruche mettant la tête dans le sable pour ignorer le danger. Répétons-le, la science n'est pas une production parmi d'autres de l'espèce humaine ; elle correspond à l'attitude de l'homme, et seulement de l'homme, face à l'univers. Renoncer à la lucidité, et secondairement à l'efficacité, que recherche la science, serait abandonner notre spécificité humaine".

 

La perte des valeurs morales amènent aujourd'hui de plus en plus de gens à s'adonner au mensonge, à la fausse promesse, trouvant des justifications toutes plus bidons les unes que les autres sans se rendre compte qu'ainsi ils se rapprochent de l'homme-animal qui vivait dans des cavernes quelques centaines de milliers d'années plus tôt! Si la parole de chacun n'a plus de valeur, comment exiger des médias ou des politiciens qu'ils cessent leurs mensonges ?

 

la tolérance est une qualité qui ne s'acquiert que par l'élévation de pensée, elle est le fait de l'homme civilisé. A l'inverse, l'intolérance est beaucoup plus facile: les instincts primaires y conduisent tout naturellement, et si les intolérants sont plus nombreux que les autres, c’est parce que notre société, c'est-à-dire ceux qui la dirigent, le veut ainsi.

 

Aujourd’hui, nous avons trop souvent tendance à réprimer les formidables capacités des enfants, usant du ridicule pour les obliger à rester dans nos sentiers battus. En peu de temps, par crainte de ce ridicule avec lequel nous les conditionnons, beaucoup d’enfants “se rangent” et abandonnent toute créativité.

 

“Afin de parvenir à une économie totalement prévisible, les éléments des classes inférieures de la société doivent être amenées à un contrôle total, c'est à dire doivent être mises à la rue, placés sous un joug, et assignées à un devoir social à long terme depuis le plus jeune âge, avant qu'ils aient une opportunité de se poser des questions sur la propriété de la matière. Afin de parvenir à une telle conformité, la cellule familiale des classes inférieures doit être désintégrée au moyen d'un processus d'augmentation des préoccupations des parents. La qualité de l'éducation donnée aux classes inférieures doit être de la plus pauvre sorte, de telle sorte que le fossé de l'ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures. Avec un tel handicap initial, même de brillants éléments des classes inférieures n'ont que peu d'espoir de s'extirper du lot qui leur a été assigné dans la vie. Cette forme d'esclavage est essentielle pour maintenir un certain niveau d'ordre social, de paix, et de tranquillité pour les classes supérieures dirigeantes.” (Extrait du manuel basique du club Bilderberg, partie biologique des « armes silencieuses » élaboré durant les années 1950 et appliqué dans les pays occidentaux depuis les années 1970).

 

Les principales victimes de notre société actuelle sont donc les jeunes de 14 à 25 ans, et seulement en raison d’un mauvais système: ils sont abandonnés de tous côtés, vivent maintenant dans un monde où le bien et le mal se distinguent de moins en moins, où les références morales n'existent plus, où plus rien ni personne ne représente l'ordre, la justice, le bon droit, la valeur sûre. Comment pourraient-ils évoluer favorablement dans ces conditions? Un exemple de conduite ayant de la valeur doit venir “du haut”. Les jeunes enfants n’ont pour exemple de leur société que la corruption politique, le mensonge des médias, la veulerie de la justice… Et l’on voudrait qu’ils aient des règles morales et de la dignité! Mais d’où sortiraient-ils ces concepts quand toute la société leur enseigne le contraire? L'éducation nationale présente tous les symptômes d’une institution qui n’a plus pour rôle que d’occuper les jeunes afin qu’ils soient inscrits sur les listes de chômage le plus tard possible: aucune ligne directrice logique, diplômes sans valeur, débouchés incertains, et des enseignants débordés, sous-payés, dévalorisés, privés de directives précises sur l'orientation générale de leur action, ne sachant ni où ils vont, ni parfois même si ce qu'ils font est véritablement utile, tant ils sont confrontés à des problèmes de plus en plus graves d'enfants perturbés développant un égocentrisme protecteur. Enfants à qui ils ne peuvent offrir qu’un programme qui va participer à les déstructurer encore plus ! L’éducation nationale suit parfaitement en cela le programme dicté par les dirigeants du monde, Roger Ikor le dénonçait dès les années 1970, annonçant les conséquences que nous vivons maintenant !

 

Dans toutes les sociétés, toutes les ethnies du monde, et depuis toujours, il existe des règles fondamentales, et, parmi celles-ci, le respect des vieux, (des adultes pour les enfants). Cette règle s'enseigne par la rigueur et la justice, qui font de l'adulte une référence sûre procurant la stabilité morale dont l'enfant a besoin pour avoir ses points de repère. Cette rigueur n'existant plus au niveau de l'école où trop d'instituteurs sont passés de l'autoritarisme à l'excès de permissivité, l'enfant, qui aime à défier l'adulte pour affirmer sa personnalité, ne trouve plus les limites qui lui permettaient de se forger une morale. Par ailleurs l’influence de la télévision le familiarise très tôt avec ce qu’il interprète comme la vie réelle : viols, meurtres, loi du plus fort, horreurs de tous types, occupent 80% des programmes de télévision, et l’organisation actuelle lui fait passer un temps quotidien de plus en plus important devant la boite à images. Plus de 80% des jeux vidéo sont aussi basés sur la guerre ou la violence, les plus récents sont de plus en plus barbares, incluant même des jeux de torture ou de génocide, et toujours incluant des aspects pornographiques ! Les enfants ont donc besoin de découvrir les règles de la société, leurs défis permanents servent à cela. L'excès de permissivité actuel les empêche d'entrer dans la logique sociale, et lorsqu’ils parviennent à l'adolescence, c’est trop tard: ils n’ont aucune barrière morale, ils sont donc prédisposés à nier toute autorité, jusqu’à agresser un professeur.

 

Dans les pays moderne, déjà cette décadence se retrouve dans les moeurs, où le savoir-vivre, l'élégance, la politesse, l'altruisme, disparaissent, et où la volonté de l'homme actuel est de parfaire son physique, en négligeant son esprit. Modeler son corps par le culturisme, et devenir "fort" par les sports de combat, dévoilent déjà ce que seront les valeurs de demain: l'homme moderne veut briller par sa plastique, alors qu'hier encore, il voulait plaire par son esprit, sa culture, sa spiritualité, et ses qualités morales. La femme, autrefois attirée par l’excellence qui comprend le charme, l’esprit, les valeurs morales, suit la tendance et se vante des nouveaux seins qu’elle vient de se faire poser, ou des fesses qu’on vient de lui ajouter, et ne se préoccupe que de l’aspect extérieur de son partenaire! A cause d'une prétendue égalité, on en est arrivé à leur retirer leur charme en les étalant partout et en faisant de la femme une plastique sans personnalité, juste un modèle, rien d’autre. Si notre société continuait dans la même voie, bientôt on entrerait dans une ère où les rapports amoureux se situeraient au niveau de la copulation animale !

 

Le jeune enfant tire son éducation du conflit entre ce qu'il aurait tendance à faire, et ce que le monde des adultes lui interdit. Livré à lui-même, un jeune enfant mangerait des bonbons à longueur de journée, c'est à l'adulte de réguler sa passion pour les sucreries et de veiller à l'équilibre de son alimentation. Ces multiples petits interdits nécessaires permettent à l'enfant d'acquérir la notion de devoir, qui est le pendant du droit. L'enfant vivant une jeunesse sans douleur et sans endoctrinement organise sa vie sociale sur d'autres valeurs que "la loi du plus fort". Dans le cas inverse, son développement est perturbé par l'absence de paix, de sécurité, de refuge, que constituent des valeurs morales solides; il n'acquiert alors qu'une seule certitude, c'est que le plus fort a toujours raison et que les moyens employés importent peu. Il affirmera donc sa personnalité dès le début de l'adolescence par l'arrogance, la violence, le mensonge, la lâcheté, qui, pour lui, se justifient par le seul principe auquel il croit: dominer pour satisfaire ses instincts primaires. Dès très jeunes, beaucoup doivent apprendre à vivre avec la peur de l'uniforme qui n'est plus que répressif. Peur aussi de s’opposer aux injustices policières, peur d'une justice réservée aux riches, peur de se confronter à une administration toute puissante, peur même d'exiger le simple respect de ses droits, du moins les rares qu'ils ont encore, or l’agressivité est l’expression la plus flagrante de la peur !

 

La jeunesse vit sous une répression permanente de la société qui l’entoure. Ce terrorisme sournois mine nos caractères, nous stresse, nous conduit à l'égoïsme, à nous désintéresser des autres, et modifie nos comportements sociaux. Toute la machine étatique sert ce terrorisme. Tout l'appareil d'Etat est écrasant. Nous n'avons plus personne vers qui nous tourner pour obtenir la reconnaissance de notre droit. Tous les rouages sont solidaires, institutions, organismes d'état, entreprises publiques et parapubliques, etc.

 

Par ce principe des pouvoirs se protégeant entre eux, on en est arrivé à une situation incroyable: quiconque veut se conduire avec justice, morale, ou équité, quiconque s'oppose aux escroqueries, aux injustices, se retrouve accusé, publiquement dénigré, condamné. Ce sont les coupables qui jugent les innocents! Les huissiers-voleurs, les procureurs-corrompus, les policiers-séides, tous usent de leur pouvoir d'agir impunément pour dépouiller des gens de leurs biens, mettre les médecins qui les gênent en prison, afin de protéger ou favoriser leurs intérêts financiers ou ceux de leurs amis. Et tout cela le plus « légalement » du monde ! Seule la classe des "très riches" se satisfait de cette situation, car ces privilégiés au-dessus des lois en tirent profit en s'enrichissant encore plus. La classe moyenne, elle, vit petitement, asservie par le système, craignant toujours de perdre le peu qu'elle a, car de plus en plus nombreux sont ceux qui rejoignent le clan des exclus, des assistés, des pauvres, de tous ceux qui souffrent de mal-vivre et se débattent pour ne pas sombrer. Le plus absurde de cette situation est que la délinquance des jeunes profite aux riches ! Des jeunes brûlent des voitures, incendient des quartiers, répandent la terreur: ce sont des pauvres qui s’attaquent à d’autres pauvres ! Les riches rigolent! Leurs quartiers, eux, sont parfaitement protégés et les délinquants ne s’y aventurent pas. Des mots comme honneur, dignité, altruisme, loyauté, intégrité, etc. ne veulent plus rien dire. Nous n'avons plus pour seule loi que le profit, la survie, et pour seules valeurs, l'égocentrisme, la lâcheté, la compromission, le mercantilisme. Dans toutes les sociétés, à toutes les époques, il y a toujours eu un pourcentage de marginaux, pourcentage "normal". Le problème actuel est que ce pourcentage par rapport à la population, atteint des records inégalés. Or, ces délinquants "en plus" ne devraient pas être: ils ont seulement compris très jeunes qu'ils seraient privés d'avoir une vie décente; ils ont été mis très jeune en position d'être obligés d’user de la délinquance pour survivre; ils ont été incités à se marginaliser. Ils sont avant tout victimes du chômage, de la pauvreté, de l'exclusion, de l'abandon, en un mot: des maux de notre société moderne. Ils ne sont coupables que d'être jeunes, et de ne s'être vus laisser aucune chance d'intégration; ils ne sont coupables que de s'être révoltés contre l'injustice, l'inégalité, l'humiliation, le désespoir d'avenir.

 

Lorsqu'une partie de plus en plus importante de la société emploie de moins en moins de mots pour s'exprimer, cela indique une sérieuse régression intellectuelle du niveau général du pays. Moins de cinq cent mots quotidiens suffisent aux plus primaires à exprimer des besoins et quelques idées simples, quand un homme “normal” en utilise plus de mille.

 

Je considère absurdes les programmes actuels qui tentent d’enseigner des “droits civiques” à de jeunes enfants, leur parlant de voter et de l’importance des politiciens! Cette forme de conditionnement qu’ont mis en place les dirigeants pour empêcher les enfants de réfléchir hors du cadre prévu me parait particulièrement honteuse et destructrice des vraies valeurs humaines : on les conditionne à accepter la « république » avant même qu’ils sachent que le lait des vaches est destiné à leur veau !

 

La télévision atteint l'homme par la vue et l'ouïe, sans que le cerveau ait le moindre effort à fournir. A l'inverse, la lecture, ou l’étude par internet, oblige l'esprit à travailler, on peut s'arrêter, reprendre, relire un passage, consulter un dictionnaire, on reste intellectuellement actif. Alors que devant la boîte à images, combien restent plantés, comme anesthésiés, regardant comme des boeufs des programmes qu'ils ne suivent même pas, des coupures publicitaires. Ils ne savent pas pourquoi ils sont devant la télé, mais restent accrochés à l'écran, l'esprit aussi actif que celui d'un poireau ! L'esprit ne travaillant pas, ouvre un accès direct au centre émotionnel du cerveau, la région la plus primaire. Les réceptions, images et sons, ne sont pas interprétées, triées, analysées, "différées" par l'esprit; elles ne passent pas par la réflexion; elles arrivent à l'état brut dans le centre émotionnel, stimulant celui-ci, alors que le contrôle réfléchi des émotions est justement ce qui fait le "civilisé". Plus un enfant passe de temps devant la télévision ou les jeux vidéo (les divertissements), et plus il retarde son évolution.

 

Actuellement, le lycée n’est qu’un gigantesque terrain de conditionnement, il réduit le champ des investigations sociales, et étrécit l'esprit dans une logique qui n'a rien à voir avec la réalité. On conditionne les jeunes à vouloir aller le plus loin possible dans les études, pour des raisons politiques. On leur fait croire que la cessation d'études s'appelle "échec" sans tenir compte du fait qu'il existe une multitude de professions qui dépérissent faute de relève, et de nombreux jeunes qui préféreraient entrer dans la vie active très tôt, se désintéressent des études et finissent logiquement par échouer; alors ils entrent dans d'autres branches, mais résignés, et non pas activement, souvent trop tard, et finissent chômeurs chroniques.

 

La politique actuelle consiste à remplir à tout prix les universités, même si, au fil du temps, une forte partie des étudiants abandonne sans avoir été jusqu'au bout de ses objectifs, donc dans une situation d'échec encore plus grave. Pour cela, on facilite l'accès à l'enseignement supérieur en multipliant les spécialisations, les branches différentes, et les études inutiles qui procurent des diplômes ne servant à rien. Depuis quelques temps, c'est la mode des études commerciales, sociales, économiques, de communication, voire même de “gestion”! Études qui aboutissent à des diplômes dont les vrais professionnels se moquent, et qui ne peuvent avoir de valeur que là où l'incompétence règne (administrations ou grandes entreprises, là où, d'une manière ou d'une autre, on peut gaspiller l'argent du contribuable), là aussi où on n'accède aux bonnes places que par les relations; capacités, compétence et mérite étant secondaires. actuellement les gens les plus compétents sont sous payés ou sous employés, tandis que n’importe quel imbécile s’étant inscrit à un parti politique ou aux francs-maçons est à peu près certain d’obtenir une bonne place dans la machine étatique !

 

Si nous examinons concrètement l’activité présumée des politiciens, cela se résume en deux points: d’une part la gestion de notre société, et d’autre part l’orientation générale à lui donner par les lois. Quand on voit toutes les lois qu’ils ont voté à l’encontre de nos souhaits. Lorsqu’on voit le résultat de leurs lois après des dizaines d’années de leur régime: une justice qui n’existe plus, un malaise social permanent, une restriction de nos libertés comme s’ils étaient nos maîtres, la catastrophe économique, une délinquance qui reflète le mal vivre général…on est en droit de penser qu’on pourrait bien se passer d’eux !

 

Les dirigeants ne dirigent rien: ils ne font que se greffer quelques temps sur le système, et l'utiliser à leur compte. Ils ne le contrôlent pas. Ils en font partie intégrante, ajoutent quelques lois, décrets ou règlements, remplacent un responsable par un autre; tout cela ne faisant que nourrir une machine qui continue inexorablement à grossir, régissant de plus en plus notre vie en augmentant le pouvoir des nombreux chefs de ses administrations; chefs le plus souvent issus de la franc-maçonnerie, qui se multiplient et règnent en petits despotes, éloignés qu'ils sont de toute autorité, sûrs de la protection des politiciens à qui ils rendent de fréquents services en échange de leur petit pouvoir despotique. Ce rouleau compresseur bureaucratique a pour effet d'annihiler la volonté des gens, de faire disparaître l'esprit de créativité et d'entreprise. Le simple citoyen est découragé par avance lorsqu'il s'agit de se battre contre les absurdités administratives, ou contre les décisions arbitraires. Les hauts fonctionnaires ne sont formés qu’administrativement, ils n’ont donc aucun sens de la gestion humaine ou de la rentabilité. Ainsi depuis des lustres, s’accumulent des employés en surnombre dans les administrations au service direct des politiciens (services financiers, préfectures, police, justice…) tandis qu’il en manque dans les secteurs dédiés au public (santé, enseignement…). La machine administrative est devenue une hydre monstrueuse qui persécute le citoyen plus qu’elle ne lui est utile. La moindre démarche administrative est un cauchemar, la stupidité affichée des fonctionnaires est la conséquence d’un règlement-roi. Le résultat de cette gestion est une administration qui ne cesse le gaspillage, fonctionne selon des règlements souvent absurdes, dénigre la qualité humaine de ses employés et participe de plus en plus activement au racket politique. Les organismes sociaux sont munis de règlements ou de décrets qui leur permettent de soutirer de l’argent aux petites entreprises dans des conditions qui s’apparentent plus à l’extorsion mafieuse qu’à l’aide sociale: d’abord les sommes à payer sont disproportionnées, seule une petite partie servira réellement à l’usage officiellement prévu, ensuite l’entreprise qui a le moindre retard de paiement en raison de difficultés trésorières se voit aussitôt pénalisée d’amendes pouvant aller jusqu’à 50% de la somme due, comme s’il fallait punir la pauvreté ou les difficultés économiques! Un cortège de règlements iniques permet ensuite à ces organismes d’harceler l’artisan ou l’entreprise allant jusqu’à saisir son compte en banque ou ses biens sans aucune décision judiciaire ! Les politiciens n’ont pas la moindre idée de ce qu’est la gestion: habitués au gaspillage de l’argent public, ils ignorent tout du fonctionnement normal d’une entreprise humaine, qu’elle soit commerciale ou administrative.

 

“Il ne s'agit pas de savoir si la guerre est réelle ou non. La victoire n'est pas possible. Il ne s'agit pas de gagner la guerre mais de la prolonger indéfiniment. Une société hiérarchisée repose sur la pauvreté et l'ignorance. Leur version devient vérité historique. Et rien d'autre ne peut avoir existé. Le but de la guerre est de maintenir la société au bord de la famine. La guerre est menée par l'élite contre ses propres sujets. Son objectif n'est pas de vaincre, mais de garder sa structure sociale intacte.”

 

La jeunesse représente la vitalité d'un pays, l'esprit nouveau qui commence déjà à définir l'état futur de la vie quotidienne, or elle élabore déjà l'état de violence prochain de la société. Les jeunes d'aujourd'hui sont tristes, soucieux de l'avenir, limités dans leur liberté, sans cesse confrontés aux problèmes du pays. Ils sont chargés de soucis et d’inquiétudes dont nous sommes seuls responsables car nous avons démissionné de nos responsabilités en abandonnant la gestion de notre monde à ceux qui en étaient le moins capables. Dès l'enfance, ils n'ont fait que découvrir les guerres, la corruption, l'injustice, la pauvreté; ils sont privés d'une vraie jeunesse et savent qu’ils n’ont pas d’avenir. Et, s'ils ne font rien, ils en priveront aussi leurs enfants. La prochaine génération risque de devoir vivre selon les principes de la loi de la jungle. Bientôt, les jeunes qui se prépareront à obtenir le Bac, seront moins armés pour l'avenir que ceux qui font de la musculation et vivent la loi de la rue. Les jeunes du Mexique, du Cambodge, de certaines régions des Etats-Unis ou de la Colombie ont normalisé la peur, la violence, le crime, la mort. Ils ont abandonné toute valeur morale pour survivre jour après jour. Ce même processus est en train de gagner tous les pays modernes, accentuant l’insécurité générale et la dégradation de la société ! La destruction de la structure familiale, le niveau jamais atteint précédemment de suicides chez les jeunes, l'oisiveté forcée de plus en plus de gens, et cette totale incertitude quant à l'avenir, sont les symptômes d'une civilisation en pleine décadence, et prête à exploser. La peur se normalise, amenant les gens à abandonner les notions de solidarité, d'hospitalité, de charité, d'altruisme; chacun a peur de l'autre, et se replie sur soi. Il est évident que tous ces symptômes s’aggraveront si le monde continue dans sa voie actuelle, comme il est certain qu’ils commenceront à disparaître si nous nous mobilisons tous pour assainir ensemble notre société.

 

Je dirai donc que la pensée unique, prise dans ses fondements, représente d'abord la conséquence de l'invasion du politique par l'esprit économique et technicien, qui réduit les problèmes sociaux à des problèmes techniques pour lesquels il ne peut exister par définition qu'une seule solution. Le progrès technique est du même coup conçu comme la mesure même de l'histoire, tandis que le marché devient le modèle de tous les échanges sociaux, et que la légitimité se rabat progressivement sur la seule légalité. Tout le discours politique actuel repose donc sur de prétendues « contraintes »n incontournables, qui ne sont en réalité que des croyances idéologiques systématiquement présentées comme des faits objectifs censés s'imposer à tous. Par un tour de passe-passe intellectuel, ce qui n'est que jugement de valeur, hypothèse hasardeuse ou choix subreptice, est présenté comme un fait. Le sens des réalités est ainsi commué en soumission aux diktats de la raison marchande : le social se confondrait avec le marché, et l'efficacité serait à elle-même son propre critère d'évaluation. Toute autre valeur est rejetée comme non pertinente, toute autre perspective est taxée d'utopique. Pour la pensée unique, mettre en doute l'une des affirmations de l'idéologie dominante, c'est déjà sortir du débat. Le discours de la pensée unique, sans cesse martelé par les médias, nous affirme donc aujourd'hui que les sociétés industrielles n'ont pas d'autre solution que de s'engager sur la voie du libre-échange généralisé et de la concurrence dérégulée sur un marché devenu mondial. Que cette évolution ait pour conséquence la montée du chômage, la stagnation ou la baisse des salaire, la précarisation de l'emploi, l'exclusion de couches de population de plus en plus larges, la destruction du milieu naturel, la désorganisation des cultures traditionnelles et l'implosion du lien social, rien de tout cela n'empêche la pensée unique de répéter, non pas seulement que la voie qu'elle propose est la meilleure, mais qu'elle est également la seule possible, et que c'est elle qui nous conduira à l'opulence. Voilà donc l'origine et le point d'aboutissement de la pensée unique. Elle engendre aujourd'hui un extraordinaire consensus, qui rend au sens propre insupportable toute pensée dissidente. A un moment où la démission de la pensée critique est plus que jamais sidérante, la pensée unique apparaît avant tout comme un prodigieux dispositif de normalisation visant à exclure la pensée non conforme.

 

Le monde même de l'édition a changé. Rachetés presque tous par de grands groupes financiers, la plupart des éditeurs se moquent comme d'une guigne du contenu des livres qu'ils publient. Dans le même temps, le système éditorial et médiatique est devenu une vaste structure de connivence, où l'habitude des renvois d'ascenseurs permet de verrouiller le système dans le registre de l'entre-soi. Les auteurs se recrutent par cooptation, en fonction de leur appartenance à tel ou tel clan, à tel ou tel réseau. La critique se ramène pour l'essentiel à des articles de complaisance permettant aux principaux protagonistes de s'encenser mutuellement tout en faisant front commun contres les gêneurs. Dans ces conditions, il est aisé de dresser des livres noires de livres dont il ne faut plus rendre compte, de journalistes auxquels il convient de couper le micro. Certaines officines ne s'enprivent pas. Et les éditeurs cèdent de plus en plus facilement au chantage, par exemple quand ils s'abstiennent de publier les ouvrages qui vaudraient à leur production d'être boycottée par le supplément littéraire de tel grand journal du soir. Parallèlement, à l'initiative du ministère public ou de groupes de pression, on voit se multiplier des procès dont l'objectif est, en frappant à la caisse, de faire taire ceux qui dérangent. On ne condamne plus seulement les actes, mais aussi les opinions, fussent-elles exprimées de manière indirecte ou allusive. On adopte des lois ad hoc, c'est-à-dire des lois de circonstance, explicitement dirigées contre des individus ou des groupes, qui instaurent des certitudes historiques légalement obligatoires, dont la contestation devient judiciairement sanctionnable. La vérité historique devient de la compétence du droit, tandis que les juges sont transformés en auxiliaires d'une «mémoire » supposée menacée. Des livres et des journaux sont interdits par un organisme qui —ô mânes de George Orwell ! —s'appelle la « direction des libertés publiques ». Pour avoir cité Luther ou saint Thomas, des universitaires se retrouvent devant des tribunaux qui siègent sans désemparer. La législation sur le droit de réponse, définie par une jurisprudence constante comme un « droit général et absolu », n'est plus respectée. Statuant sur les préférences ou les exécrations, orientant les comportements et censurant les idées, bref instaurant un véritable code de conduite moral, la loi prétend ainsi régenter l'existence jusque dans le for intérieur et le cadre privé. Dans l'Université, des cabales montées de toutes pièces, à coups de pétitions et de dénonciations publiques, aboutissent à faire révoquer des enseignants suspectés de déviance par rapport à l'idéologie dominante. Des chercheurs sont rayés des listes de candidature au professorat pour n'avoir pas orienté ou modifié leurs travaux dans le sens qui convenait. Des universitaires sont victimes d'interdictions professionnelles, réduits au chômage pour avoir publié dix lignes jugées inacceptables dans une revue confidentielle. D'autres sont harcelés durant leurs cours, agressés physiquement, parfois roués de coups. D'autres encore se retrouvent privés de leurs droits civiques ou familiaux. On a même vu des enfants chassés de leur collège pour punir leurs parents de leurs mauvaises pensées.

 

Dans ce que Philippe Séguin a pu qualifier de « climat d'expiation collective et d'autoflagellation » —climat de « repentances » et de confessions publiques sans absolution —, de véritables douaniers de la pensée, exigeant des individus qu'ils soient munis d'étiquettes bien visibles, écartent sans merci tous ceux qui ne sont « pas clairs », proscrivant ainsi pour délit d'opinion sans que nul ne s'en émeuve. On condamne sur la foi de rumeurs ou de ragots des hommes qu'on accable sans même leur donner la possibilité de répondre. On se réclame du pluralisme, mais on fait tout pour soumettre à la dévotion ambiante les pensées non conformes. On dénonce l'intégrisme chez les autres, mais en organisant l'épuration chez soi.

 

Dans une telle perspective, ni le courage ni le talent de l'adversaire ne peuvent évidemment être reconnus. L'adversaire devient un ennemi, dont on ne saurait reconnaître les qualités en même temps que l’on critique ses opinions. Il faut donc que l'adversaire n'ait pas de talent ou, s'il est manifeste qu'il en a, que ce talent lui soit encore retenu à charge, comme une perversité supplémentaire, c'est-à-dire comme une circonstance aggravante. Le courage, lui, sera réinterprété comme « orgueil » et refus de se « repentir », c'est-à-dire de se renier. Les historiens qui dérangent seront, quant à eux, invariablement qualifiés de « pseudo-historiens », tout comme les chercheurs non conformes seront accusés de répandre des théories « pseudo-scientifiques ». On remarquera l'usage meurtrier des guillemets. Mais on remarquera aussi que le refus de considérer le talent d'un écrivain, d'un intellectuel ou d'un artiste autrement qu'en rapport avec ses idées, réelles ou supposées, revient à procéder à la façon des régimes totalitaires, qui ont eux-mêmes toujours mesuré la valeur des productions littéraires, intellectuelles ou artistiques à l'aune de leur conformité à l'idéologie du moment.

 

Tout contact avec la pensée mauvaise étant perçue comme source de souillure, et ses propagateurs étant tenus pour des pestiférés, la conséquence logique est le refus systématique de tout débat. Débattre avec ceux qui propagent des idées mauvaises, ce serait en effet leur donner une «tribune », donc leur faciliter la tâche. Ceux qui se sont donné pour but d'empêcher la libre confrontation des idées se font donc gloire de ne pas débattre, puisque qu'accepter le débat ce serait déjà être complice16. Cette attitude est évidemment très pratique. D'abord parce qu'en l'absence de toute possibilité pour l'accusé de s'expliquer dans le procès qui lui est fait, le doute, loin de lui profiter, peut être exploité comme preuve supplémentaire qu'il est coupable. Ensuite, et surtout, parce que le refus du débat épargne d'avoir à réfuter, c'est-à-dire permet de faire l'économie d'une discussion intellectuelle dont, il faut bien le dire, les tenants de la bien-pensance ont aujourd'hui rarement les moyens. On comprend mieux, dès lors, cette remarque de Jean-Pierre Vernant : « Partout où on interdit la discussion, quel que soit le thème du débat, on est en dehors de ce que l'on appelle la pensée rationnelle. A ce moment-là, même si on se prétend athée, on tombe en pleine religion ».

 

Le racisme est une idéologie qui postule l'inégalité des races ou qui prétend expliquer toute l'histoire de l'humanité en référence au seul facteur racial. Cette idéologie n'est aujourd'hui pratiquement plus soutenue par personne. On feint cependant de croire qu'elle est omniprésente, en l'assimilant à la xénophobie, à des attitudes de rejet ou de méfiance vis-à-vis de l'Autre, voire à une simple préférence pour l’endogamie et l'homofiliation. Le « racisme » est alors présenté comme la catégorie emblématique d'un irrationnalisme résiduel, enraciné dans la superstition et le préjugé, qui empêcherait l'avènement d'une société transparente à elle-même. Cette critique du « racisme » comme irrationalité fondamentale recycle tout simplement le conte de fées libéral d'un monde prérationnel source de tout le mal social, dont il y a déjà plus d'un demi-siècle Adorno et Horkheimer avaient montré qu'il ne fait que trahir l'inaptitude de la modernité à faire face à l'Autre, c'est-à-dire à la différence et à la particularité.

 

L'« antifascisme » est quant à lui une catégorie complètement obsolète, au même titre d'ailleurs que le « fascisme » auquel il entend s'opposer. Le mot ne renvoie plus aujourd’hui à rien de précis. Concept-caoutchouc, applicable à n'importe quoi, employé sans la moindre rigueur descriptive, il en est à se décliner en « fascisant », voire en « fascistoïde », ce qui permet de l'accommoder à tous les cas. Leo Strauss parlait déjà de reductio ad hitlerum pour qualifier cette façon purement polémique de discréditer. La manière dont toute pensée non conforme est aujourd'hui traitée de « fasciste » par des censeurs qui seraient de toute évidence bien en peine de définir ce qu'ils entendent par là, relève de la même stratégie discursive.

 

« Il y a une forme de political correctness typiquement européenne et qui consiste à voir des fascistes partout », observe à ce propos Alain Finkielkraut. « C'est devenu un procédé courant, dans une cohorte de plumitifs délateurs, renchérit Jean-François Revel, de précipiter dans le nazisme et le révisionnisme tout individu dont ils veulent salir la réputation». On en observe les conséquences tous les jours. La moindre péripétie de la vie politique française est désormais jugée au prisme du « fascisme » ou de l'Occupation. Vichy « tourne à la référence obsessionnelle » et devient un fantasme qui permet d'entretenir un psychodrame permanent. Et comme on préfère le « devoir de mémoire » au devoir de vérité, cette « mémoire » est régulièrement convoquée pour justifier les comparaisons les plus douteuses ou les assimilations les plus grotesques. « Cette sempiternelle incrimination de fascisme, écrit encore Jean-François Revel, aux outrances si voyantes qu'elles ridiculisent leurs auteurs au lieu de déconsidérer leurs cibles, trahit le mobile caché du politiquement correct. Cette perversion sert de substitut aux censeurs qu'a laissés orphelins la perte de cet incomparable instrument de tyrannie spirituelle qu'était l'évangile marxiste ». Révélateur est à cet égard le déchaînement d'hostilité provoqué par l'exploitation des archives du Kremlin, lorsque celle-ci a commencé d'entraîner le déboulonnage de quelques statues de « héros » légendaires. Révélatrice est également la façon dont la simple constatation que le système communiste a tué plus de monde qu'aucun autre système dans l'histoire —100 millions de morts ! —suscite aujourd'hui de vertueuses indignations dans des milieux qui « font tout pour masquer l'étendue de la catastrophe »25, comme si un tel constat équivalait à banaliser les crimes nazis, qui ne seraient par essence comparables à rien, comme si l'horreur des crimes du communisme était atténuée par la pureté supposée de ses intentions initiales, comme si les deux grands systèmes totalitaires dont la rivalitécomplémentarité a rempli le XXe siècle ne s'inscrivaient pas dans un rapport hors duquel ils deviennent l'un et l'autre proprement inintelligibles, comme si, enfin, certains morts pesaient par principe plus lourds que d'autres.

 

Mais il faut aussi remarquer que l'« antifascisme » contemporain —qu'en paraphrasant Joseph de Maistre, on pourrait qualifier, non de contraire du fascisme, mais de fascisme en sens contraire —a totalement changé de nature. Dans les années trente, le thème de l'« antifascisme », exploité par Staline en marge de la lutte authentique contre le fascisme véritable, servait aux partis communistes à mettre en accusation la société capitaliste bourgeoise, accusée de servir de terreau au totalitarisme. Il s'agissait alors de montrer que les démocraties libérales et les « sociaux-traîtres » étaient objectivement des alliés potentiels du fascisme. Or, actuellement, c'est exactement le contraire. Aujourd'hui, l'« antifascisme » sert avant tout d'alibi à ceux qui se sont ralliés à la pensée unique et au système en place. Ayant abandonné toute attitude critique, ayant cédé aux attraits d'une société qui leur offrait prébendes et privilèges, ils font semblant (ou se donnent l'illusion), en maniant la rhétorique « antifasciste », d'être restés fidèles à eux-mêmes. La posture « antifasciste » permet en d'autres termes au Repenti, figure centrale de notre temps, de faire oublier ses reniements en maniant un slogan passe-partout qui n'est plus qu'un lieu commun. Hier outil stratégique permettant de mettre en accusation le capitalisme marchand, l'« antifascisme » est devenu un simple discours à son service. Aussi longtemps en effet que les forces de contestation potentielles se mobilisent en priorité contre un fascisme fantomatique, la Nouvelle Classe qui, elle, exerce la réalité du pouvoir, peut dormir sur ses deux oreilles. En se référant à une valeur qui, non seulement ne menace plus la société en place, mais au contraire la conforte dans ce qu'elle est, nos modernes « antifascistes » en sont objectivement devenus les chiens de garde.

 

C'est si vrai que la dénonciation du « fascisme » est aujourd'hui pour les hommes politiques une excellente façon de se refaire une vertu. Les plus corrompus en usent et en abusent pour minorer l'ampleur de leurs malversations. Si le « fascisme » est le mal absolu, et qu'ils dénoncent le mal absolu, alors c'est qu'ils ne sont pas eux-mêmes absolument mauvais. Fausses factures, promesses électorales laissées sans suites, tripotages et corruptions en tous genres deviennent des fautes regrettables, mais somme toute secondaires par rapport au pire. Mais il n'y a pas que la gauche ou que les hommes politiques pour avoir besoin d'un « fascisme » inexistant érigé en mal absolu. C'est toute la modernité finissante qui a besoin d'un repoussoir lui permettant de rendre acceptables les pathologies sociales qu'elle a engendrées, au prétexte que si mal qu'aillent aujourd'hui les choses, elles ne sauraient quand même être comparées à ce qu'on a pu connaître hier. La modernité se légitime ainsi par un fantôme dont, paradoxalement, on nous dit à la fois qu'il est « unique » et qu'il peut à tout moment faire retour. Confrontée à son propre vide, confrontée à l'échec tragique de son projet initial de libération humaine, confrontée à la contre-productivité qu'elle engendre partout, confrontée à la perte des repères et au non-sens généralisés, confrontée au nihilisme, confrontée au fait que l'homme devient de plus en plus inutile au moment même où l'on proclame partout ses droits, la modernité n'a plus d'autre ressource que de détourner l'attention, c'est-à-dire de brandir des dangers inexistants pour empêcher qu'on regarde les vrais. Le recours au « mal absolu » fonctionne alors comme un prodigieux moyen de faire accepter les maux auxquels nos contemporains se heurtent dans leur vie quotidienne, maux qui, par rapport à ce «mal absolu », deviennent contingents, relatifs et pour tout dire accessoires. L'opposition hautement affirmée aux totalitarismes d'hier, l'interminable ressassement du passé interdisent d'analyser les maux du présent et les périls de l'avenir, en même temps qu'ils nous font entrer à reculons dans le XXIe siècle, l'oeil braqué sur le rétroviseur. Ce serait donc une erreur de croire que l'« antifascisme » actuel ne correspond à rien. Il représente au contraire une légitimation négative fondamentale pour une société qui n'a plus rien de positif à inscrire à son bilan. L'« antifascisme » fonde l'identité d'une Nouvelle Classe qui ne peut exister qu'en brandissant l'épouvantail du pire, sous peine d'être renvoyée à sa propre vacuité. De même que certains ne tirent leur identité que de la dénonciation des immigrés, la Nouvelle Classe ne tire la sienne que de la dénonciation vertueuse d'un mal absolu, dont l'ombre portée masque son vide idéologique, son absence de références, son indigence intellectuelle, bref le fait qu'elle n'a tout simplement plus rien à dire, plus d'analyses originales ni de solutions à proposer. On comprend dès lors qu'il est vital, pour le quartier général de la bienpensance, d'interdire tout questionnement sur les principes fondateurs qui constituent son socle de légitimité. Pour qu'il en aille autrement, il faudrait que l'idéologie dominante accepte de se remettre en question. Mais elle ne saurait y consentir, puisqu’elle partage avec la plupart des grandes idéologies messianiques la conviction que, si les choses vont mal, si l'on n'a pas rencontré le succès escompté, ce n'est jamais parce que les principes étaient mauvais, mais au contraire parce qu'on ne les a pas suffisamment appliqués.

 

Mais il y a encore un autre avantage à la dénonciation morale. C'est que contre le « mal absolu », tous les moyens sont permis. La diabolisation, en effet, n'a pas seulement pour conséquence de dépolitiser les conflits, elle entraîne aussi la criminalisation de l'adversaire. Celui-ci devient un ennemi absolu, qu'il faut éradiquer par tous les moyens existants. On entre alors dans une sorte de guerre totale —et d'autant plus totale qu'on prétend la mener au nom de l'humanité. Combattre au nom de l'humanité revient à placer ses adversaires hors humanité, c'est-à-dire à pratiquer le déni d'humanité. Dans une telle perspective, l'apologie du meurtre et l'appel au lynchage deviennent eux aussi justifiés.

 

J'ai dit les motifs profonds de cette vague d'intolérance : la mauvaise conscience des repentis, l'inculture grandissante, qui pousse ceux qui n'ont plus les moyens de répondre à calomnier plutôt qu'à réfuter, la peur enfin d'une Nouvelle Classe dont les membres, depuis longtemps sélectionnés, non sur leurs capacités réelles, mais sur leur aptitude à se faire sélectionner, privés de références fortes et coupés du peuple, vivent dans la terreur de perdre leurs privilèges et leurs postes. J'ai dit également les objectifs de la censure : disqualifier une famille d'esprit qui ne doit plus avoir le droit ,à la parole, désigner des boucs émissaires pour éviter de se voir demander des comptes, détourner l'attention des pathologies du système actuel, passer un anneau dans le nez à l'opinion, faire de l'abjuration publique des pensées mauvaises la condition première de la reconnaissance médiatique et sociale.

 

Le « progrès » de l'histoire au-delà du Moyen Âge se résume essentiellement par un développement anormal de l'élément bourgeois ainsi que des intérêts et des activités qui lui sont propres, par rapport aux éléments supérieurs de la hiérarchie médiévale : développement qui a pris les proportions d'un véritable cancer. C'est le bourgeois qui a jeté le ridicule sur les idéaux de l'ancienne éthique chevaleresque. C'est le bourgeois qui, le premier, comme cette « nouvelle engeance » méprisée par Dante, a donné le signal de la révolte anti-traditionnelle, usurpant le droit des armes, fortifiant les centres d'une puissance économique impure, arborant ses propres bannières, opposant à l'autorité impériale – avec les Communes – une prétention anarchique à l'autonomie. C'est le bourgeois qui, peu à peu, a présenté comme naturel ce qui, en d'autres temps, aurait semblé une hérésie absurde : l'idée selon laquelle l'économie est notre destin, le gain notre but, le marchandage et le trafic les seules formes d'action ; et puis l'idée que le confort, le bien-être, le welfare, sont l'essence de la civilisation.

 

Dans un texte traditionnel, 25 siècles avant Nietzsche, on peut lire : « Perdue la voie (c'est-à-dire l'adhésion immédiate à la spiritualité pure), il reste la vertu; perdue la vertu, il reste l'éthique ; perdue l'éthique, il reste le moralisme. Le moralisme est l'extériorité de l'éthique et signe le principe de la décadence. » Ici sont données de manière concise et exacte les différentes étapes de la chute qui a conduit jusqu'à l'idole bourgeoise : le moralisme. Une telle idole ne fut jamais connue dans les grandes cultures traditionnelles : jamais on n'avait connu un système de domestication et de conformisme fondé sur la convention, le compromis, l'hypocrisie et la lâcheté, et justifié seulement en fonction d'un étroit utilitarisme socialisé.

 

S'il y a jamais eu une civilisation d'esclaves dans les grandes largeurs, c'est bien la civilisation moderne. Aucune culture traditionnelle n'a vu d'aussi grandes masses condamnées à un travail aveugle, automatique et sans âme : esclavage qui n'a même pas pour contrepartie la haute stature et la réalité tangible de figures de seigneurs et de dominateurs, mais est imposé de façon anodine à travers la tyrannie du facteur économique et des structures d'une société plus ou moins collectivisée.

 

La révolte peut être légitime quand elle agit sur une culture dans laquelle on ne trouve plus la moindre justification supérieure, une culture vide et absurde, mécanisée et standardisée, tendant elle-même vers le sub-personnel, vers le monde amorphe de la quantité. Mais quand il s'agit de, rebelles sans drapeau », quand la révolte n'a, pour ainsi dire, d'autre but qu'elle-même, le reste n'étant que prétexte, quand elle s'accompagne de formes de déchaînement, de primitivisme, d'abandon à un état élémentaire et inférieur (sexe, ébriété, violence gratuite et souvent criminelle, exaltation complaisante du vulgaire et de l'anarchique), alors il n'est pas hasardeux d'établir un lien entre ces phénomènes et ceux qui, à un plan différent, relèvent des forces du chaos qui émanent des crevasses toujours plus visibles de l'ordre subsistant.

 

Les femmes, pour la plupart, ne nous aiment pas, elles ne choisissent pas un homme parce qu’elles l’aiment, mais parce qu’il leur plaît d’être aimées. Une femme ne peut désirer qu’un homme qu’elle considère de rang supérieur à elle (beauté, richesse, statut social, peu importe). On dit qu’elle est hypergame de nature. Elle est programmée pour chercher le meilleur partenaire possible, sans arrêt. Elle veut toujours « faire mieux ». Dans la savane, les lions vivent en groupe, généralement composé d’un lion, de plusieurs lionnes (le salaud est polygame), ainsi que des lionceaux. Il est courant qu’un autre lion attaque le mâle du groupe pour en prendre la tête. S’il parvient à tuer ou faire fuir le chef actuel, que se passe-t-il ? Les lionnes vont rester avec le nouveau mâle. C’est le vainqueur, le plus fort. Il est simplement meilleur. Les lionnes ne sont pas des salopes, elles répondent simplement à leurs impératifs biologiques. Les femmes n’étaient historiquement pas encouragées à étudier et travailler (tout du moins en tant que salariée). Ce manque de statut social et économique lui permettait de se satisfaire de la majorité des hommes, qu’elle voyait comme « supérieurs ». De nos jours, partout où le féminisme s’installe, le célibat augmente. La population la plus touchée est l’ensemble des hommes « bas de gamme » (moche, pauvre, etc), ne pouvant plus remplir les conditions hypergamiques de la femme moderne. Le deuxième groupe victime est l’ensemble des femmes diplômées, souvent qualifiées de « célibataires exigeantes » car étant intellectuellement et économiquement supérieures à la majorité des hommes et ne pouvant non plus se satisfaire d’un homme « inférieur ». Les femmes sont irrationnelles et incohérentes. Elles ont la capacité de raisonner logiquement mais leurs émotions prennent naturellement le dessus. Leur hormone sexuelle dominante, l’oestrogène, est la raison principale à cela. Le taux d’oestrogène d’une femme augmente fortement durant sa phase ovulatoire ce qui l’amène souvent à des changements d’humeurs et contradictions inexplicables. Une partie des femmes ne peuvent même pas supporter la pilule contraceptive pour les mêmes raisons. Cette émotivité rend les femmes beaucoup plus manipulables que les hommes. J’ai rarement entendu un homme se plaindre de s’être fait avoir par une « belle parleuse ». En revanche, mentir et vendre du rêve à une femme fonctionne à merveille. Si je voulais faire grincer des dents, je dirai même que c’est la raison pour laquelle le pouvoir a donné le droit de vote aux femmes (et aussi aux jeunes, en abaissant l’âge de 21 à 18 ans). Car ces deux catégories sont les plus manipulables, c’est à dire soumises à l’idéologie dominante. Ils ne feront certainement pas la révolution demain et ne voteront même jamais à contre-courant. Utilisez votre logique. N’écoutez pas ce qu’elle dit, mais regardez ce qu’elle fait. Elle prétend n’aimer que les mecs gentils et romantiques mais finit toujours dans le lit du mec un peu autoritaire et borderline ? Je vous laisse conclure.

 

Il faut également se demander si la grande diminution de la mortalité pendant l'enfance et la jeunesse ne présente pas quelques inconvénients. En effet, les faibles sont conservés comme les forts. La sélection naturelle ne joue plus. Nul ne sait quel sera le futur d'une race ainsi proté gée par les sciences médicales. Mais nous sommes confrontés avec un problème beaucoup plus grave et qui demande une solution immédiate. En même temps que les maladies, telles que les diarrhées infantiles, la tuberculose, la diphtérie, la fièvre typhoïde, etc., sont éliminées et que la mortalité diminue, le nombre des maladies mentales augmente. Dans certains États, la quantité des fous internés dans les asiles dépasse celle de tous les autres malades hospitalisés. A côté de la folie, le déséquilibre nerveux accentue sa fréquence. Il est un des facteurs les plus actifs du malheur des individus, et de la destruction des familles. Peut-être cette détérioration mentale est-elle plus dangereuse pour la civilisation que les maladies infectieuses, dont la médecine et l'hygiène se sont exclusivement occupées. Malgré les immenses sommes dépensées pour l'éducation des enfants et des jeunes gens, il ne semble pas que l’élite intellectuelle soit devenue plus nombreuse. La moyenne est, sans nul doute, plus instruite, plus policée. Le goût de la lecture est plus grand. On achète beaucoup plus de revues et de livres qu'autrefois. Le nombre de gens qui s’intéressent à la science, à la littérature, à l’art, a augmenté. Mais ce sont les formes les plus basses de la littérature et les contrefaçons de la science et de l'art qui, en général, attirent le public. Il ne paraît pas que les excellentes conditions hygiéniques dans lesquelles on élève les enfants, et les soins dont ils sont l’objet dans les écoles, aient réussi à élever leur niveau intellectuel et moral. On peut même se demander s’il n’y a pas souvent une sorte d’antagonisme entre leur développement physique et leur développement mental. Après tout, nous ne savons pas si l’augmentation de la stature dans une race donnée n’est pas une dégénérescence, au lieu d’un progrès, ainsi que nous le croyons aujourd'hui. Certes, les enfants sont beaucoup plus heureux dans des écoles où la contrainte a été supprimée, où ils ne font que ce qui les intéresse, où la tension de l’esprit et l’attention volontaire ne sont pas demandées. Quels sont les résultats d’une telle éducation ? Dans la civilisation moderne, l’individu se caractérise surtout par une activité assez grande et tournée entièrement vers le côté pratique de la vie, par beaucoup d’ignorance, par une certaine ruse, et par un état de faiblesse mentale qui lui fait subir de façon profonde l’influence de milieu où il lui arrive de se trouver. Il semble qu’en l’absence d’armature morale l’intelligence elle-même s’affaisse. C’est peut-être pour cette raison que cette faculté, jadis si caractéristique de la France, a baissé de façon aussi manifeste dans ce pays. Aux Etats-Unis, le niveau intellectuel reste inférieur, malgré la multiplication des écoles et des universités. On dirait que la civilisation moderne est incapable de produire une élite douée à la fois d’imagination, d’intelligence et de courage. Dans presque tous les pays, il y a une diminution du calibre intellectuel et moral chez ceux qui portent la responsabilité de la direction des affaires politiques, économiques et sociales. Les organisations financières, industrielles et commerciales ont atteint des dimensions gigantesques. Elles sont influencées non seulement par les conditions du pays où elles sont nées, mais aussi par l’état des pays voisins et du monde entier. Dans chaque nation des modifications sociales se produisent avec une grande rapidité. Presque partout, la valeur du régime politique est remise en question. Les grandes démocraties se trouvent en face de problèmes redoutables qui intéressent leur existence elle-même et dont la solution est urgente. Et nous nous apercevons que, en dépit des immenses espoirs que l’humanité avait placés dans la civilisation moderne, cette civilisation n’a pas été capable de développer des hommes assez intelligents et audacieux pour la diriger sur la route dangereuse où elle s’est engagée. Les êtres humains n’ont pas grandi en même temps que les institutions issues de leur cerveau. Ce sont surtout la faiblesse intellectuelle et morale des chefs et leur ignorance qui mettent en danger notre civilisation. La civilisation moderne se trouve en mauvaise posture, parce qu’elle ne nous convient pas. Elle a été construite sans connaissance de notre vraie nature. Elle est due au caprice des découvertes scientifiques, des appétits des hommes, de leurs illusions, de leurs théories, et de leurs désirs. Quoique édifiée par nous, elle n'est pas faite à notre mesure.

 

Il n’y a aucun avantage à augmenter le nombre des inventions mécaniques. Peut-être même faudrait-il donner moins d’importance aux découvertes de la physique, de l’astronomie, et de la chimie. Certes, la science pure ne nous apporte jamais directement le mal. Mais elle devient dangereuse quand, par sa fascinante beauté, elle enferme complètement notre intelligence dans la matière inanimée. L’humanité doit aujourd’hui concentrer son attention sur elle-même et sur les causes de son incapacité morale et intellectuelle. A quoi bon augmenter le confort, le luxe, la beauté, la grandeur et la complication de notre civilisation, si notre faiblesse ne nous permet pas de les diriger ? Il est vraiment inutile de continuer l’élaboration d'un mode d’existence qui amène la démoralisation et la disparition des éléments les plus nobles des grandes races. Il vaudrait beaucoup mieux nous occuper de nous-mêmes que de construire de plus grands télescopes pour explorer la structure des nébuleuses, des bateaux plus rapides, des automobiles plus confortables, des radios à meilleur marché. Quel progrès véritable sera accompli quand des avions nous transporteront en quelques heures en Europe ou en Chine ? Est-il nécessaire d’augmenter sans cesse la production, afin que les hommes consomment une quantité de plus en plus grande de choses inutiles ? Ce ne sont pas les sciences mécaniques, physiques et chimiques qui nous apporteront la moralité, l’intelligence, la santé, l'équilibre nerveux, la sécurité, et la paix.

 

Le sacrifice par la civilisation moderne de l’esprit à la matière à été une erreur. Une erreur d’autant plus dangereuse qu’elle ne provoque aucun sentiment de révolte, qu’elle est acceptée aussi facilement par tous que la vie malsaine des grandes villes, et l’emprisonnement dans les usines. Cependant, les hommes qui éprouvent un plaisir esthétique même rudimentaire dans leur travail, sont plus heureux que ceux qui produisent uniquement afin de pouvoir consommer. Il est certain que l’industrie, dans sa forme actuelle, a enlevé à l’ouvrier toute originalité et toute joie. La stupidité et la tristesse de la civilisation présente sont dues, au moins en partie, à la suppression des formes élémentaires de la jouissance esthétique dans la vie quotidienne.

 

Il n’en est pas de même du sens moral. Le milieu social actuel l’ignore de façon complète. En fait, il l’a supprimé. Il inspire à tous l’irresponsabilité. Ceux qui distinguent le bien et le mal, qui travaillent, qui sont prévoyants, restent pauvres et sont considérés comme des êtres inférieurs. Souvent, ils sont sévèrement punis. La femme qui a plusieurs enfants, et s’occupe de leur éducation au lieu de sa propre carrière, acquiert la réputation d’être faible d’esprit. Si un homme a économisé un peu d’argent pour sa femme et l’éducation de ses enfants, cet argent lui est volé par des financiers entreprenants. Ou bien il lui est enlevé par le gouvernement, et distribué à ceux que leur imprévoyance et celle des industriels, des banquiers et des économistes ont réduits à la misère. Les savants et les artistes, qui donnent à tous la prospérité, la santé et la beauté, vivent et meurent pauvres. En même temps ceux qui ont volé jouissent en paix de l’argent des autres. Les gangsters sont protégés par les politiciens et respectés par la police. Ils sont les héros que les enfants imitent dans leurs jeux, et admirent au cinéma. La possession de la richesse est tout, et justifie tout. Un homme riche, quoi qu’il fasse, qu’il jette sa femme vieillie au rebut, qu’il abandonne sa mère sans secours, qu’il vole ceux qui lui ont confié leur argent, garde toujours la considération de ses amis. L’homosexualité fleurit. La morale sexuelle a été supprimée. Les psychanalystes dirigent les hommes et les femmes dans leurs relations conjugales. Le bien et le mal, le juste et l’injuste n'existent pas. Dans les prisons, il y a seulement les criminels qui sont peu intelligents ou mal équilibrés. Les autres, de beaucoup plus nombreux, vivent en liberté. Ils sont mêlés de façon intime au reste de la population qui ne s’en offusque pas. Dans un tel milieu social le développement du sens moral est impossible. Il en est de même du sens religieux. Les pasteurs ont rationalisé la religion. Ils en ont enlevé tout élément mystique. Ils n’ont pas réussi cependant à attirer à eux les hommes modernes. Dans leurs églises à demi vides, ils prêchent en vain une faible morale. Ils se sont réduits au rôle de gendarmes qui aident à conserver, dans l’intérêt des riches, les cadres de la société actuelle. Ou bien à l’exemple des politiciens, ils flattent la sentimentalité et l’inintelligence des masses.

 

Il ne faut pas céder à la tentation de nous servir aveuglément dans ce but des moyens que l’hygiène moderne met à notre disposition. La longévité n’est désirable que si elle prolonge la jeunesse, et non pas la vieillesse. Mais, en fait, la durée de la vieillesse s’accroît davantage que celle de la jeunesse. Pendant la période où l’individu devient incapable de subvenir à ses besoins, il est une charge pour les autres. Si tout le monde vivait jusqu’à quatre-vingt-dix ans, le poids de cette foule de vieillards serait intolérable pour le reste de la population. Avant de rendre plus longue la vie des hommes, il faut trouver le moyen de conserver jusqu’à la fin leurs activités organiques et mentales. Avant tout, nous ne devons pas augmenter le nombre des malades, des paralytiques, des faibles, des déments. Et même, si on pouvait prolonger la santé jusqu’à la veille de la mort, il ne serait pas sage de donner à tous une grande longévité. Nous savons déjà quels sont les inconvénients de l’accroissement du nombre des individus, quand aucune attention n’est donnée à leur qualité. Pourquoi augmenter la durée de la vie de gens qui sont malheureux, égoïstes, stupides, et inutiles ? C’est la qualité des êtres humains qui importe, et non leur quantité. Il ne faut donc pas chercher à accroître le nombre des centenaires avant d’avoir découvert le moyen de prévenir la dégénérescence intellectuelle et morale, et les lentes maladies de la vieillesse.

 

Admettons-le : les femmes ont fait des hommes ce qu’ils sont devenus aujourd’hui. Elles ont préparé leurs fils, quand ils étaient enfants, à ce rôle, elles le leur ont présenté comme le privilège exclusif du sexe masculin, elles les ont convaincus que c’est en agissant ainsi, et non autrement, qu’ils seront désirables pour l’autre sexe. Finalement, elles en tirent davantage. Mais supposons qu’il y ait des femmes — et il doit y en avoir — qui ne recherchent pas les hommes manipulés et dressés à vie. Comment pourront-elles découvrir quelque chose de désirable chez ces masochistes serviles, vénaux, exténués, pleins de complaisance envers tous et envers eux-mêmes, qu’on leur présente au long de leur vie comme étant des hommes? Que leur reste-t-il d’autre sinon de demeurer solitaires ou d’entrer en silence dans les rangs des profiteuses ? Est-ce seulement par pitié que les femmes affirment sans cesse à leurs partenaires qu’ils sont forts, intransigeants, virils, alors qu’en réalité ils ne font très exactement que ce qu’on attend d’eux? Estce seulement un souci d’humanité qui les oblige à continuer à dresser leurs fils comme leurs maris ont été dressés par leur mère, pour qu’une fois devenus hommes ils n’arrivent jamais à concevoir à quel point ils sont ridicules? Serait-ce par résignation qu’elles exploitent les hommes comme des machines, une résignation due au fait que ce qu’elles recherchent vraiment — des hommes qu’elles pourraient aimer — n’existe presque plus ?

 

Il est facile de prouver que les hommes rêvent au moins d’une vie toute différente : héros de westerns ou de romans policiers, ils risquent leur peau pour leurs convictions. Dans les romans d’aventures et de science-fiction, ils explorent le monde qu’on leur refuse. Dans les retransmissions sportives, ils laissent à d’autres hommes le soin de mesurer leurs forces à leur place. Dans les films sexuels, ils soumettent la partie de la société qui les a asservis. L’homme moyen a pour sujets préférés de conversation ceux où il domine les événements de sa vie de prisonnier : il y insulte ses gardiens, rosse ses contrôleurs, solde à coups de poing les offenses qu’il reçoit et prend les femmes selon son bon plaisir. Doit-on en conclure qu’il regrette la vie qu’il imagine ou — puisque dès le lendemain matin il reprend le chemin du pénitencier — qu’il préfère une fois pour toutes les illusions qu’on lui aménage? Rêver, serait-ce un but en soi pour l’homme, ou faut-il voir dans ces rêves l’expression des besoins qu’il a refoulés ?

 

Ce qu’il y a de macabre dans l’amour, ce ne sont pas ses symboles, mais le mauvais usage qu’on fait d’eux. Ainsi, on peut remplacer le sentiment que représente un symbole par ce symbole luimême et, par exemple, se servir d’un enfant pour emprisonner dans une communauté qu’on ne peut dissoudre qu’avec peine celui qui vous a aidé à le faire. L’exploitation des symboles est bien le plus courant et le plus impuni de tous les méfaits, car il est facile d’organiser des crimes de cette sorte et presque impossible de les prouver. On dénonce la violence des guerres de conquête, mais on les excuse au nom de la croix; on condamne de vulgaires assassins, mais on fête souvent ceux qui tuent par conviction politique; on met sous les verrous les maîtres-chanteurs, mais un conjoint criminel — coupable fréquemment d’un double chantage sur l’adulte et sur l’enfant — demeure libre et est même protégé par la loi.

 

Aussi longtemps qu’on mettra sur le même plan virilité et utilité, les « vrais » hommes seront toujours ceux qui se rendront utiles. Pour que la virilité bénéficie d’un nouveau système d’appréciation, il faudrait d’abord que les hommes ne soient plus pour les femmes de simples objets d’utilité comme c’est le cas aujourd’hui. 'Lorsque le mariage ne comportera plus pour l’homme l’obligation de faire presque tout pour la femme, tandis que la femme ne fait presque rien pour l’homme, nous pourrons voir naître une virilité différente, d’un genre lié à la spécificité du sexe masculin et non plus, comme à notre époque, à son utilité. Quiconque souhaite que les hommes mènent une existence moins ridicule ou qui désire pour soi qu’ils deviennent différents, doit donc changer la structure de la société.

 

Nous assistons à notre faillite morale, intellectuelle et sociale. Nous n’en saisissons qu’incomplètement les causes. Nous avons nourri l’illusion que les démocraties pouvaient survivre grâce aux efforts courts et aveugles des ignorants. Nous voyons qu’il n'en est rien. La conduite des nations par des hommes, qui évaluent le temps en fonction de leur propre durée, mène, comme nous le savons, à un immense désarroi et à la banqueroute.

 

Ce n’est pas tant une question de conception sociale qu’une condition de survie. Comme on le sait, le niveau de vie des habitants d’un pays et leur comportement démocratique sont en relation directe avec leur degré de culture.

 

Dans une certaine mesure, on ne peut garantir la liberté des citoyens que par un système de rétribution qui soit « injuste ». Les travaux agréables sont rares, et à salaire égal tous se précipiteraient sur eux; il faudrait alors qu’une minorité oblige la majorité à assumer les tâches désagréables, mais nécessaires. Abstraction faite de la perte de puissance économique qui en résulterait, ce serait en fait supprimer la liberté d’opinion. Car quand on force la majorité à faire quelque chose dont elle ne veut pas, on doit également tôt ou tard l’empêcher de protester contre cette obligation. En d’autres termes : si des salaires inégaux sont injustes parce que les hommes ont des capacités différentes et, dans leur vie, des positions de départ plus ou moins favorables, un salaire égal pour tous le serait encore davantage. Comme l’économie fonctionne mieux avec des rétributions inégales, on peut, sur cette base, aider progressivement chacun à obtenir au moins un peu plus de temps, de liberté et de bien-être. Avec des salaires égaux, on n’aurait le droit ni de disposer de son propre temps ni d’avoir son opinion personnelle; on gagnerait certes autant que les autres, mais pourtant moins qu’autrement.

 

Quiconque vit volontairement dans la société des autres revendique par là même leur protection, mais il a également le devoir de les protéger. Du point de vue de la société, il n’a pas seulement des droits, il lui faut également travailller. Quiconque fait seulement usage de son droit et tente d’éviter ses devoirs, vit aux dépens d’autrui et n’est qu’un parasite social.

 

Au cours des maladies, le corps fait face à une situation nouvelle pour lui. Néanmoins, il tend à s’y adapter en éliminant le facteur pathogène et en réparant les lésions causées par lui. Sans ce pouvoir adaptif, les êtres vivants ne pourraient pas durer, car ils sont sans cesse exposés aux attaques des virus ou des bactéries, et aux défaillances structurales des innombrables éléments des systèmes organiques. C’était uniquement à sa capacité adaptive que l’individu devait autrefois sa survie. Aujourd’hui, grâce à l’hygiène, au confort, à une bonne alimentation, à la douceur de l’existence, aux hôpitaux, aux médecins, aux nurses, la civilisation moderne a donné à beaucoup d’êtres humains de mauvaise qualité la possibilité de vivre. Eux et leurs descendants contribuent par une large part à l’affaiblissement des races blanches. Peut-être faudra-t-il renoncer à cette forme artificielle de santé, et cultiver seulement celle qui vient de l’excellence des fonctions adaptives et de la résistance naturelle.

 

La lumière excessive est dangereuse. Les hommes se sont toujours gardés instinctivement contre elle. Et l’organisme possède de nombreux mécanismes capables de l’en défendre. Les paupières et le diaphragme de l’iris protègent l’oeil quand l’intensité des rayons lumineux augmente. Lasensibilité de la rétine décroît en même temps. La peau s’oppose à la pénétration des rayons lumineux par la production du pigment. Quand ces protections naturelles deviennent insuffisantes, des lésions de la rétine ou de la peau se produisent, et aussi des désordres des organes internes et du système nerveux. Peut-être une trop riche lumière amène-t-elle à la longue une diminution de la sensibilité et de l’intelligence. Nous ne devons pas oublier que les races les plus hautement civilisées, les Scandinaves par exemple, ont la peau blanche, et vivent, depuis beaucoup de générations, dans un pays de faible luminosité. En France, les populations du Nord sont bien supérieures à celles des bords de la Méditerranée. Les races inférieures habitent généralement les régions où la lumière est violente et la température moyenne élevée. On dirait que l’accoutumance des hommes blancs à la lumière et à la chaleur se fait aux dépens de leur développement nerveux et mental.

 

Les uns abandonnent la lutte, et descendent au niveau où elle n’est plus nécessaire. Ils deviennent des ouvriers d’usine, des prolétaires. Les autres se réfugient en eux-mêmes. Ils peuvent, en même temps, s’accommoder partiellement au milieu, et même le conquérir, grâce à la supériorité de leur intelligence. Mais ils ne luttent pas. Ils ne font partie qu’en apparence d’un monde auquel leur vieintérieure les soustrait. D’autres encore oublient le milieu grâce à un travail incessant. Ceux qui sont obligés d’agir sans cesse s’adaptent à tous les événements. Une femme dont l’enfant meurt, et qui doit en soigner plusieurs autres, n’a pas le temps de songer à sa douleur. Le travail est un moyen plus efficace que l’alcool et la morphine de supporter les conditions adverses du milieu. Certains individus passent leur vie dans le rêve, dans l’espoir de la fortune, de la santé, du bonheur. Les illusions et l’espérance sont un moyen puissant d’adaptation. L’espérance engendre l’action. C’est avec raison que le christianisme la considère comme une grande vertu. Elle est un des facteurs les plus puissants de l’ajustement de l’individu à un milieu défavorable. Enfin, on s’adapte aussi par l’habitude. Les douleurs s’oublient plus vite que les joies. Mais l’inaction augmente toutes lessouffrances de la vie. Le plus grand malheur que la civilisation scientifique a apporté aux hommes est l’oisiveté.

 

Ne sommes-nous pas organisés pour vivre dans des conditions changeantes et irrégulières ? L’homme atteint son plus haut développement quand il est exposé aux intempéries, quand il est privé de sommeil et qu’il dort longuement, quand sa nourriture est tantôt abondante, tantôt rare, quand il conquiert par un effort son abri et ses aliments. Il faut aussi qu’il exerce ses muscles, qu’il se fatigue, et qu’il se repose, qu’il combatte et qu’il souffre, que parfois il soit heureux, qu’il aime et qu’il haïsse, que sa volonté alternativement se tende et se relâche, qu’il lutte contre ses semblables ou contre lui-même. Il est fait pour ce mode d’existence, comme l’estomac pour digérer les aliments. C’est dans les conditions où les processus adaptifs s’exercent de façon intense qu’il devient le plus viril. On sait combien sont solides, physiquement et moralement, ceux qui, dès l’enfance, ont été soumis à une discipline intelligente, qui ont enduré quelques privations et se sont accommodés à des conditions adverses.

 

Nous ne connaissons pas encore complètement l’effet de la carence des fonctions adaptives sur le développement des hommes. Il y a aujourd’hui dans les grandes villes beaucoup d’individus dont ces fonctions ne jouent presque jamais. Parfois les conséquences de ce phénomène apparaissent chez eux de façon évidente. Elles se manifestent non seulement chez les enfants des familles riches, mais aussi chez ceux qui sont élevés comme les riches. Dès leur naissance, ces enfants sont placés dans des conditions qui mettent au repos leurs activités adaptives. On les garde constamment dans des chambres à température égale. Pendant l’hiver, on les habille comme de petits Esquimaux. Ils sont gavés de nourriture, dorment autant qu’ils veulent, n’ont aucune responsabilité, ne font jamais d’effort intellectuel ou moral, apprennent seulement ce qui les amuse et ne surmontent aucune difficulté. Le résultat est connu. Ils deviennent des êtres aimables, généralement beaux, souvent forts, se fatiguant facilement, dépourvus d’acuité intellectuelle, de sens moral, de résistance nerveuse.

 

La suppression de la sélection naturelle a permis la survie d’êtres dont les tissus et la conscience sont de mauvaise qualité. La race a été affaiblie par la conservation de tels reproducteurs. On ne sait pas encore l’importance relative de cette cause de dégénérescence. Comme nous l’avons mentionné déjà, l’influence de l’hérédité est difficile à distinguer de celle du milieu. L’idiotie et la folie ont sûrement une origine ancestrale. Quant à la faiblesse mentale observée dans les écoles et les universités, et dans la population en général, elle vient de désordres du développement, et non pas de défauts héréditaires. Quand ces êtres mous, d’intelligence faible, et sans moralité, sont changés radicalement de milieu, placés dans des conditions plus primitives de vie, parfois ils se modifient et reprennent leur virilité. Le caractère atrophique des produits de notre civilisation n’est donc pas incurable. Il est loin d’être toujours l’expression d’une décadence raciale.

 

La société moderne a commis la sérieuse faute de substituer, dès le plus bas âge, l’école à l’enseignement familial. Elle y a été obligée par la trahison des femmes. Celles-ci abandonnent leurs enfants au kindergarten pour s’occuper de leur carrière, de leurs ambitions mondaines, de leurs plaisirs sexuels, de leurs fantaisies littéraires ou artistiques, ou simplement pour jouer au bridge, aller au cinéma, perdre leur temps dans une paresse affairée. Elles ont causé ainsi l'extinction du groupe familial, où l'enfant grandissait en compagnie d'adultes et apprenait beaucoup d'eux. Les jeunes chiens élevés dans des chenils avec des animaux du même âge sont moins développés que ceux qui courent en liberté avec leurs parents. Il en est de même des enfants perdus dans la foule des autres enfants et de ceux qui vivent avec des adultes intelligents. L’enfant modèle facilement ses activités physiologiques, affectives et mentales sur celles de son milieu. Aussi reçoit-il peu des enfants de son âge. Quand il est réduit à n’être qu'une unité dans une école, il se développe mal. Pour progresser, l’individu demande la solitude relative, et l’attention du petit groupe familial.

 

C'est également grâce à son ignorance de l’individu que la société moderne atrophie les adultes. L’homme ne supporte pas impunément le mode d’existence et le travail uniforme et stupide imposé aux ouvriers d’usine, aux employés de bureau, à ceux qui doivent assurer la production en masse. Dans l’immensité des villes modernes, il est isolé et perdu. Il est une abstraction économique, une tête du troupeau. Il perd sa qualité d’individu. Il n’a ni responsabilité, ni dignité. Au milieu de la foule émergent les riches, les politiciens puissants, les bandits de grande envergure. Les autres ne sont qu’une poussière anonyme. Au contraire, l’individu garde sa personnalité quand il fait partie d’un groupe où il est connu, d’un village, d’une petite ville, où son importance relative est plus grande, dont il peut espérer devenir, à son tour, un citoyen influent. La méconnaissance théorique de l’individualité a amené sa disparition réelle.

 

Une autre erreur, due à la confusion des concepts d’être humain et d’individu, est l’égalité démocratique. Ce dogme s’effondre aujourd’hui sous les coups de l’expérience des peuples. Il est donc inutile de montrer sa fausseté. Mais on doit s’étonner de son long succès. Comment l’humanité a-t-elle pu y croire si longtemps ? Il ne tient pas compte de la constitution du corps et de la conscience. Il ne convient pas au fait concret qui est l’individu. Certes, les êtres humains sont égaux. Mais les individus ne le sont pas. L’égalité de leurs droits est une illusion. Le faible d’esprit et l’homme de génie ne doivent pas être égaux devant la loi. L’être stupide, inintelligent, incapable d’attention, dispersé, n’a pas droit à une éducation supérieure. Il est absurde de lui donner le même pouvoir électoral qu’à l’individu complètement développé. Les sexes ne sont pas égaux. Il est très dangereux de méconnaître toutes ces inégalités. Le principe démocratique a contribué à l’affaissement de la civilisation en empêchant le développement de l'élite. Il est évident que les inégalités individuelles doivent être respectées. Il y a, dans la société moderne, des fonctions appropriées aux grands, aux petits, aux moyens et aux inférieurs. Mais il ne faut pas chercher à former les individus supérieurs par les mêmes procédés que les médiocres. Aussi la standardisation des êtres humains par l’idéal démocratique a assuré la prédominance des faibles. Ceux-ci sont, dans tous les domaines, préférés aux forts. Ils sont aidés et protégés, souvent admirés. Ce sont également les malades, les criminels, et les fous qui attirent la sympathie du public. C’est le mythe de l'égalité, l’amour du symbole, le dédain du fait concret qui, dans une large mesure, est coupable de l’affaissement de l'individu. Comme il était impossible d’élever les inférieurs, le seul moyen de produire l’égalité parmi les hommes était de les amener tous au plus bas niveau. Ainsi disparut la force de la personnalité.

 

les différents formes de gouvernement font des lois démocratiques, aristocratiques ou tyranniques avec à l’esprit leurs intérêts, et ces lois, qui sont faites par eux pour leurs intérêts, forment la justice qu’ils appliquent à leurs sujets et celui qui les transgresse est puni par eux en tant que violeur de la loi et comme sujet injuste. Et c’est ce que j’entends lorsque je dis que tous les états ont le même principe de justice, qui est l’intérêt du gouvernement, et puisque le gouvernement est censé avoir le pouvoir, la seule conclusion raisonnable est que, partout, cet unique principe de justice est celui de l’intérêt du plus fort.

 

Tous ceux qui refusent le dialogue au nom du combat contre la vérité de l’autre portent en eux les germes du fanatisme et du totalitarisme. Ce n’est pas le sang de la liberté qui coule dans leurs veines, mais celui du goulag. Les véritables « fachos » sont ceux qui pratiquent l’amalgame pour étouffer la liberté d’autrui, pour le faire taire : ce sont des terroristes intellectuels.

 

Il y a un mot qui fut mis en honneur à la renaissance, et qui résumait par avance tout le programme de la civilisation moderne : ce mot est celui d'<<humanisme>>. Il s'agissait en effet de tout réduire à des proportions purement humaines, de faire abstraction de tout principe d'ordre supérieur, et, pourrait-on dire symboliquement, de se détourner du ciel sous prétexte de conquérir la terre ; les Grecs, dont on prétendait suivre l'exemple, n'avaient jamais été aussi loin dans dans ce sens même au temps de leur plus grande décadence intellectuelle, et du moins les préoccupations utilitaires n'étaient-elles jamais passées chez eux au premier plan, ainsi que cela devait bientôt se produire chez les modernes. L'<<humanisme>>, c'était déjà une première forme de ce qui est devenu le laïcisme contemporain ; et, en voulant tout ramener à la mesure de l'homme, pris pour une fin en lui-même, on a fini par descendre, d'étape en étape, au niveau de ce qu'il y a de plus inférieur , et par ne plus guère chercher que la satisfaction de besoins inhérents au côté matériel de sa nature, recherche bien illusoire, du reste, car elle crée toujours plus de besoins artificiels qu'elle ne peut
satisfaire.

 

Il s’est produit heureusement un événement inattendu des ingénieurs, des économistes, et des politiciens. Le magnifique édifice financier et économique des États-Unis s’est écroulé. Au premier abord, le public n’a pas cru à la réalité d’une telle catastrophe. Il n’a pas été ébranlé dans sa foi. Il a écouté docilement les explications des économistes. La prospérité allait revenir. Mais la prospérité n’est pas revenue. Aujourd’hui, quelques doutes entrent dans les têtes les plus intelligentes du troupeau. Les causes de la crise sont-elles uniquement économiques et financières ? Ne doit-on pas incriminer aussi la corruption et la stupidité des politiciens et des financiers, l’ignorance et les illusions des économistes ? La vie moderne n’a-t-elle pas diminué l’intelligence et la moralité de toute la nation ? Pourquoi devons-nous payer chaque année plusieurs billions de dollars pour combattre les criminels ? Pourquoi, en dépit de ces sommes gigantesques, les gangsters continuentils à attaquer victorieusement les banques, à tuer les agents de police, à enlever, rançonner, et assassiner les enfants ? Pourquoi le nombre des faibles d’esprit et des fous est-il si grand ? La crise mondiale ne dépend-elle pas de facteurs individuels et sociaux plus importants que les économiques ? Il y a lieu d’espérer que le spectacle de notre civilisation, à ce début de son déclin, nous obligera à nous demander si la cause du mal ne se trouve pas en nous-mêmes aussi bien que dans nos institutions. La rénovation sera possible seulement quand nous réaliserons son absolue nécessité. A ce moment, le seul obstacle qui se dressera devant nous sera notre inertie. Et non pas l’incapacité de notre race à s’élever de nouveau. En effet, la crise économique est survenue avant que nos qualités ancestrales aient été complètement détruites par l’oisiveté, la corruption, et la mollesse de l’existence. Nous savons que l’apathie intellectuelle, l’immoralité et la criminalité sont, en général, des caractères non transmissibles héréditairement. La plupart des enfants ont à leur naissance les mêmes potentialités que leurs parents. Pour développer leurs qualités innées, il suffit de le vouloir. Nous avons à notre disposition toute la puissance de la méthode scientifique. Il y a encore, parmi nous, des hommes capables de l’utiliser avec désintéressement. La société moderne n’a pas étouffé tous les foyers de culture intellectuelle, de courage moral, de vertu et d’audace. Le flambeau n’est pas éteint. Le mal n’est donc pas irréparable. Mais la rénovation des individus demande celle des conditions de la vie moderne. Elle est impossible sans une révolution. Il ne suffit donc pas de comprendre la nécessité d’un changement, et de posséder les moyens scientifiques de le réaliser. Il faut aussi que l’écroulement spontané de la civilisation technologique déchaîne dans leur violence les impulsions nécessaires à un tel changement.

 

La rénovation de l’homme demande que son corps et son esprit puissent se développer suivant les lois naturelles. Et non pas suivant les théories des différentes écoles d’éducateurs. Il faut que l’individu soit, dès son enfance, libéré des dogmes de la civilisation industrielle et des principes qui font la base de la société moderne. Pour jouer son rôle constructif, la science de l’homme n’a pas besoin d'institutions coûteuses et nombreuses. En fait, elle pourrait utiliser celles qui existent déjà, pourvu qu'elles soient rajeunies. Le succès d’une telle entreprise sera déterminé dans certains pays par l’attitude du gouvernement, et dans d’autres, par celle du public.

 

Il est nécessaire de faire un choix parmi la foule des hommes civilisés. Nous savons que la sélection naturelle n’a pas joué son rôle depuis longtemps. Que beaucoup d’individus inférieurs ont été conservés grâce aux efforts de l’hygiène et de la médecine. Que leur multiplication a été nuisible à la race. Mais nous ne pouvons pas prévenir la reproduction des faibles qui ne sont ni fous ni criminels. Ni supprimer les enfants de mauvaise qualité comme on détruit, dans une portée de petits chiens, ceux qui présentent des défauts. Il y a un seul moyen d’empêcher la prédominance désastreuse des faibles. C’est de développer les forts. L’inutilité de nos efforts pour améliorer les individus de mauvaise qualité est devenue évidente. Il vaut beaucoup mieux faire grandir ceux qui sont de bonne qualité. C’est en fortifiant les forts que l’on apportera une aide effective aux inférieurs. La foule profite toujours des idées des inventions de l’élite, et des institutions créées par elle. Au lieu de niveler, comme nous le faisons aujourd’hui, les inégalités organiques et mentales, nous les exagérerons et nous construirons de plus grands hommes. Il faut abandonner l’idée dangereuse de restreindre les forts, d’élever les faibles, et de faire ainsi pulluler les médiocres.